#MineGiant : Passer le point de congélation

La présidente du Conseil de surveillance de la mine Giant 
Kathleen Racher. (Crédit photo : Denis Lord)

La présidente du Conseil de surveillance de la mine Giant Kathleen Racher. (Crédit photo : Denis Lord)

 

Le Conseil de surveillance de la mine Giant élabore des plans de recherche pour trouver une solution de rechange à la congélation du trioxyde de diarsenic.
 

Le plan pour la mine Giant à l’heure actuelle est de congeler sous le sol pour 100 ans ses 237 000 tonnes de trioxyde de diarsenic, l’équivalent, dit Kathleen Racher, de 13 bâtiments de 15 étages. Mais la recherche pourrait bien fournir une solution plus sécuritaire, alors que s’amorce une collaboration entre le Conseil de surveillance de la mine Giant et un regroupement de chercheurs spécialisés dans l’assainissement de mines.


Cet organisme, c’est Terre-Net, le réseau du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada en extraction responsable des ressources naturelles. Terre-Net rassemble des chercheurs de différentes universités canadiennes et de différents organismes comme des associations industrielles, des municipalités, etc.


« Leur objectif, c’est l’assainissement des mines explique la présidente du Conseil de surveillance Kathleen Racher. Leurs chercheurs ont beaucoup d’expertises différentes et ils cherchent à innover. Ils travaillent déjà sur deux projets reliés à l’arsenic. »


« Nous avons confiance dans cette collaboration, corrobore un des directeurs du Conseil et spécialiste de la santé environnementale, Ken Froese. Ce sont des experts pour l’arsenic. Ils pourraient être une clé pour corriger la situation. »


Un des intérêts de Terre-Net est aussi que c’est un réseau avec beaucoup de ramifications.
Kathleen Racher et Ken Froese soulignent qu’il est d’un grand intérêt pour Terre-Net d’avoir un partenaire comme le Conseil de surveillance, qui bénéficie d’un budget perpétuel assuré !
« L’assainissement de la mine Giant va devenir un sous-programme pour eux », assure le docteur Racher, bien que les deux parties soient encore à définir le modus opérandi de leur collaboration. Elle espère qu’une entente formelle sera signée cet automne. « Les chercheurs de Terre-Net sont très enthousiastes, dit-elle. La mine Giant, c’est un défi de classe mondiale dans un environnement de classe mondiale. Il n’y a rien de cette ampleur ailleurs. (...) Les solutions découvertes par Terre-Net pourraient s’appliquer ailleurs. »


Organiser la recherche

La recherche active d’une solution constitue l’article 7 du mandat du Conseil de surveillance de la mine Giant. Mais l’organisme ne possède ni laboratoire ni équipement; son idée n’est pas de faire lui-même la recherche, mais de la subventionner. Son budget annuel dans ce cadre est de 175 000 $ jusqu’en 2019-2020, année où il passera à 250 000 $ en dollars constants de 2015 (ajusté à l’indice des prix à la consommation).


Insuffisant, affirme Kathleen Racher, quand on pense que « le fédéral, avec toutes ses ressources, a été incapable de trouver une meilleure solution que la congélation ». « C’est assez pour commencer quelque chose, analyse Ken Froese, mais pas assez pour résoudre un tel problème. Mais en travaillant avec le groupe Terre-Net, nous allons développer des processus sur la manière d’identifier les bonnes avenues de recherches. »
Le financement de la recherche au Conseil de surveillance en est encore à l’étape d’ébauche. Depuis sa mise sur pied en 2015, l’organisme a seulement dépensé une partie de son budget dans ce domaine pour une sorte d’état des lieux sur la recherche associée au trioxyde de diarsenic, pour lequel il avait mandaté la firme Arcadis, qui a produit l’an dernier, un rapport dispendieux, mais profond, de dire la présidente du Conseil.


Le Conseil a donc accumulé des surplus dans son budget de recherche des années passées ainsi que dans son budget de fonctionnement, qu’il est obligé, en vertu de l’entente, de réinvestir dans la recherche. Il dispose ainsi d’un budget de 400 000 $ pour 2018-2019. Le Conseil n’a pas encore décidé s’il va investir cet argent uniquement avec Terre-Net ou concevoir un programme de recherches parallèle, ni s’il va demander une augmentation de ce budget.
Lors de l’assemblée publique du 15 mai dernier, Kathleen Racher a mentionné que certaines personnes dans son équipe croyaient qu’une solution de rechange pourrait être trouvée d’ici quelques années, alors que d’autres croient qu’il faudra plusieurs décennies. Ken Froese est de cette dernière tendance. La vitrification, la solution la mieux cotée dans le rapport Arcadis, est intéressante, dit-il, mais on ne peut pas chauffer le trioxyde sous la terre et le sortir de là est dangereux. « La quantité crée des défis logistiques, analyse-t-il, et il y a beaucoup de pièces dans le casse-tête. »


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