Article de l'Arctique : Opposition à l’augmentation de niveau des lacs du Sud

27 septembre 2019

 

Au Yukon, le Comité sur le niveau de l’eau des lacs du Sud continue à s’opposer au projet d’élévation du niveau des lacs Tagish, Marsh et Bennett, communément appelés « lacs du Sud ».
Reprenant un projet datant de 2016, Énergie Yukon se lance présentement dans une tournée de consultations pour obtenir l’approbation pour ce projet.
L’augmentation du niveau de l’eau aurait lieu à l’automne et à l’hiver et permettrait de hausser la production hivernale de la centrale hydroélectrique de Whitehorse de 6,5 gigawatts/heure sans infrastructure supplémentaire – assez pour fournir de l’énergie à 500 foyers. Elle permettrait de diminuer l’utilisation de diésel et de gaz naturel liquéfié.
« Les résidents des lacs du Sud ne verraient pas l’augmentation du niveau des lacs », assure la gestionnaire des communications d’Énergie Yukon, Stephanie Cunha. Ils verraient plutôt le niveau de l’eau en vigueur à la fin de l’été se prolonger à l’automne et au début de l’hiver.
Énergie Yukon a déjà fait de la recherche sur ce projet durant les dix dernières années, notamment sur les impacts sur l’usage traditionnel des terres, sur les résidences, sur les installations sanitaires et sur la faune et la flore. La firme s’est engagée à construire une protection le long des berges des propriétés qui pourraient être touchées par l’érosion causée par les travaux.
Des consultations auront lieu en octobre avec les Premières Nations de Carcross/Tagish, des Kwanlin Dün et des Ta’an Kwäch’än, ainsi qu’à Whitehorse et à Marsh Lake. Selon Énergie Yukon, la Première Nation de Carcross/Tagish a indiqué en 2017 qu’elle appuyait le projet. Son comité consultatif n’a pas commenté la nouvelle.

Aucune évolution
Le Comité sur le niveau de l’eau des lacs du sud maintient son opposition au projet. « À notre connaissance, affirme un de ses membres, Rob Lewis, c’est la même proposition qu’en 2012. […] Énergie Yukon propose d’atténuer certains effets sur les propriétés, cependant, les effets sur les poissons, les oiseaux et les autres animaux sont difficiles à déterminer avant coup. »
M. Lewis rappelle également que les mesures d’atténuation proposées ne s’appliquent qu’au Yukon, alors que la majeure partie du lac Tagish est située en Colombie-Britannique.
Le Comité a produit un rapport sur les consultations précédentes.

Impacts sur les oiseaux.
James Kenyon est le spécialiste yukonais de la conservation de Canards illimités Canada (CIC), un organisme engagé dans la protection des milieux humides.
« Les lacs du Sud ont de très importantes aires de rassemblement », a fait savoir à M. Kenyon. Les décharges des lacs sont les premiers secteurs à s’ouvrir au printemps et sont une des raisons pour lesquelles deux aires protégées y ont été identifiées. »
Certains jours, la décharge du lac Marsh peut recevoir jusqu’à 5 % de la population des cygnes trompettes de la côte ouest.
CIC est préoccupé par le fait que les hauts niveaux de l’eau puissent avoir un impact sur la couverture de glace au printemps ou sur l’étendue de la végétation submergée dont se nourrit la sauvagine durant sa migration.
L’organisme a rencontré la société hydroélectrique pour lui faire part de ses préoccupations en 2011-2012, alors que le projet était à son stade initial. Au moment d’écrire ces lignes, Canards illimités Canada continue à évaluer la pertinence du projet.
La rétroaction de la consultation de cette année sera ajoutée à celles des précédentes et à la recherche et indiquera au conseil d’administration d’Énergie Yukon s’il doit ou non aller de l’avant.
Huit millions de dollars seraient nécessaires pour effectuer les travaux d’atténuation sur les berges et les propriétés touchées, un montant qui s’ajouterait aux 9 millions de dollars déjà dépensés en recherches et en consultations.


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