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Nouvelle fournée pour le Programme de surveillance des effets cumulatifs

Panneau de mise en garde à proximité de la mine Giant (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Panneau de mise en garde à proximité de la mine Giant (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Une trentaine de projets de recherche ont été financés pour l’année 2022-2023 par le Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, dans le cadre du Programme de surveillance des effets cumulatifs. Certains se terminent après plus de dix ans de travaux, quand d’autres, notamment sur le devenir de l’arsenic dans l’environnement, commencent.

Sur les 29 programmes financés pour l’année 2022-2023, 21 sont reconduits et huit commencent. Cinq projets sont exclusivement tournés vers les savoirs autochtones, 22 vers les sciences occidentales, et deux programmes combinent les deux.

Le Programme de surveillance des effets cumulatifs – PSEC ou CIMP en anglais – coordonne les recherches et les opérations de surveillance des conditions environnementales, qui subissent les effets combinés – ou cumulatifs – des activités humaines et des phénomènes naturels.

Les projets de recherche financés par ce programme ont pour fonction, indique le gouvernement dans son communiqué, « d’accompagner la prise de décision » et se concentrent sur trois priorités : l’eau, les caribous, et les poissons.

 

Des projets en continuité

Sur la trentaine de projets financés pour l’année 2022-2023, un peu moins de la moitié, soit treize d’entre eux, sont en cours de réalisation. Huit projets commencent cette année, et quelque huit autres se terminent – c’est-à-dire qu’ils sont financés pour la dernière fois. Leur durée varie entre trois années pour les plus courts, et douze ans pour les plus longs.

Les projets CIMP 127 ou 132, par exemple, ont pour objectif de fournir aux décideurs une vision la plus exhaustive possible de l’écologie et du potentiel de pêche dans le Grand lac des Esclaves et le Grand lac de l’Ours. Ces projets, dont les objectifs sont très larges, ont une durée très longue – douze ans chacun – et devraient livrer leurs résultats d’ici à 2023, puisqu’ils arrivent à terme cette année et l’année prochaine.

D’autres recherches, prévues sur des périodes plus courtes, s’intéressent aux effets des feux de forêt sur les populations de caribous, aux conséquences de la fonte du pergélisol sur les luk dagaii – une espèce de corégone – ou encore aux concentrations de composés chimiques organiques dans les eaux du Sahtu.

Quatorze des projets financés sont pilotés par des universités ou des centres de recherche du sud du Canada, neuf le sont par des bureaux ou des ministères des gouvernements fédéraux ou des Territoires du Nord-Ouest, et seulement six le sont par des gouvernements autochtones.

Carte de la ville de Yellowknife et localisation du lac Pocket, où l’équipe des chercheurs Heather Jamieson et Michael Palmer mènera ses recherches. (Carte réalisée par Lambert Baraut-Guinet)

 

 

Ancienne problématique, nouvelle recherche

Le financement de nouveaux projets de recherche n’est pas synonyme de nouveauté. Le projet CIMP 227 s’intéresse aux devenirs des paysages miniers autour de Yellowknife, un sujet d’actualité et d’importance depuis la fermeture des mines Con en 2003 et Giant en 2004.

La cochercheuse principale du projet, Heather Jamieson, travaille sur les résidus miniers dans les Territoires du Nord-Ouest depuis près de 20 ans. Basée à l’université Queen’s à Kingston, en Ontario, elle a fait de la mobilité de l’arsenic dans l’environnement sa spécialité.

« Ça fait presque 22 ans que je planche sur ce problème, explique la scientifique, mais ça ne fait que 14 ans qu’on a directement mesuré les effets des émissions minières sur les paysages de la région. »

Pendant des années, les forts taux d’arsenic dans l’environnement étaient attribués à la richesse géologique locale. Mais un travail minutieux d’échantillonnage réalisé par plusieurs étudiants de l’équipe de Heather Jamieson et compilés par Michael Palmer, alors étudiant en doctorat à l’université Carleton et copilote du nouveau programme, a démontré en 2021 qu’une grande partie de cet arsenic venait en fait de la mine Giant.

Pour ce projet, qui commence cette année, l’équipe souhaite comprendre comment cet arsenic se comporte localement, surtout dans les lacs de la région. La question est de savoir, explique Mme Jamieson, « s’il est sous forme de particule, s’il est dissout, et – le cas échéant – à quel taux ». Avec ces connaissances, les scientifiques pourraient mieux comprendre sous quelle forme chimique et dans quelle partie de l’environnement, rivière, lac ou sol, il finit par se retrouver.

« Nous sommes curieux de savoir quels sont les effets des changements climatiques, comme des chutes de pluie en quantité importante ou à des moments où, habituellement, nous observons de la neige. »

L’équipe se concentrera dans un premier temps sur le lac Pockete, un petit lac situé à quelques centaines de mètres du site de la mine Giant, de l’autre côté de la route Ingraham. Ce lac, qui est de petite taille, a été abondamment étudié par la communauté scientifique pour comprendre les processus d’évaporation, les variations passées et les concentrations en métal – comme le plomb, l’antimoine ou le mercure.

D’après Heather Jamieson, c’est dans ce lac que l’équipe va tenter de comprendre comment se comporte l’arsenic au fil du temps et des conditions dans l’environnement. Des échantillonnages sont prévus cet été par des étudiants de l’université Queen’s, et un suivi plus local est prévu dans le projet, en collaboration avec la Première Nation des Dénés Yellowknives.

Ce travail conjoint avec les populations autochtones « est tout à fait sensé » pour la scientifique qui a planifié le projet, notamment à cause de leurs connaissances de l’environnement local et l’accessibilité au site d’étude.


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