20e anniversaire du Nunavut : Notre Terre

L'édifice de l'Assemblée législative du Nunavut à Iqaluit.
(Crédit photo : Nicolas Servel)

L'édifice de l'Assemblée législative du Nunavut à Iqaluit. (Crédit photo : Nicolas Servel)

Le 1er avril 1999 marque la fondation du Nunavut, « Notre Terre », dans l’objectif de redonner aux Inuits le contrôle de leur mode de vie, de leur terre, de leur futur.

Les Inuits occupent le territoire du Nunavut depuis plus de 1000 ans. Ces nomades vivent au rythme des saisons et les principales activités sont la chasse et la pêche. Leurs vêtements, leurs abris et leurs outils sont fabriqués à partir des animaux qu’ils chassent ou des éléments de la nature qu’ils récoltent. Ils détiennent tout pour subvenir à leurs besoins.

L’ordre et la gouvernance au sein des groupes sont influencés par des croyances, un mode de vie régi par quelques règles, une certaine hiérarchie et des conséquences appliquées lorsque nécessaire.


La vie des Inuits change lors du colonialisme passif créé par les visites des baleiniers et l’installation des postes de traite (années 1550 à 1930).


La présence de ces étrangers amène la diminution de la disponibilité alimentaire des Inuits et le décès de nombreux d’entre eux causé par des maladies étrangères telles que la petite vérole. La colonisation active des Inuits s’effectue durant la guerre froide et perpétue son assimilation culturelle, laquelle a des impacts sociaux négatifs importants.


Face à ce fléau, les Inuits désirent reprendre le contrôle de leur mode de vie ancestral, de leur pouvoir décisionnel et de leur futur.


Par ailleurs, ils réalisent qu’ils n’ont jamais cédé leur terre, le territoire du Nunavut maintenant sous l’autorité du Canada, par traité ou entente. C’est alors que s’amorcent les discussions avec le gouvernement du Canada pour reprendre possession de ces terres nunavoises et la gérer selon leur mode de vie.


Vingt ans plus tard, de plus en plus d’Inuits se déclarent insatisfaits de leur gouvernement. Leurs préoccupations sont les emplois, les logements, la langue et l’éducation. Le taux de chômage est élevé et les emplois de la fonction publique (à peine 50 %) ne reflètent pas le pourcentage de la population inuite (85 %). De plus, les Inuits détiennent souvent les emplois en bas de la hiérarchie. Les décisions importantes pour le peuple sont prises par des citoyens du Sud qui quittent le Nunavut après quelques années d’emploi nordique.

Surpopulation
Trois-mille logements manquent au Nunavut pour répondre à la démographie en forte croissance. Cette situation crée une surpopulation des logements sociaux actuels (quatre personnes sur dix vivent dans un endroit surpeuplé) et amène des conditions propices à la propagation des maladies. Le taux de tuberculose au Nunavut est similaire au taux des pays du tiers-monde.


Il ne semble pas y avoir d’effort gouvernemental pour préserver les langues ancestrales. La promesse était de fournir l’enseignement en inuktitut jusqu’à la 12e année. Toutefois, il semble impossible de poursuivre ses études en inuktitut au-delà de la 4e année puisque la plupart des enseignants ne le parlent pas. Le taux de diplomation des études secondaires a augmenté à 48 % mais reste très bas.

Certes, il y a eu des améliorations depuis la création du Nunavut. Entre autres, le Nunavut reçoit d’importantes redevances minières. Mais il y a encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité de vie des Inuits. Deux enfants sur trois ne mangent pas à leur faim. Les taux de mortalité infantile et de suicide sont beaucoup plus élevés que la moyenne canadienne. On y dénombre de nombreux cas de polytoxicomanie, d’abus et de violence reliés aux blessures du colonialisme.


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