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Non aux déchets de plastique à usage unique

08 septembre 2022
Le Conseil canadien des ministres de l’environnement s’est réuni à Whitehorse le 31 août 2022 et a publié une feuille de route commune pour réduire les déchets en plastique à usage unique et jetable. (Crédit photo : Michael Tansey)

Le Conseil canadien des ministres de l’environnement s’est réuni à Whitehorse le 31 août 2022 et a publié une feuille de route commune pour réduire les déchets en plastique à usage unique et jetable. (Crédit photo : Michael Tansey)

Réuni à Whitehorse le 31 aout 2022, le Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME) a publié une feuille de route commune pour réduire les déchets en plastique à usage unique et jetable. Ce document, qui vise un objectif de zéro déchet plastique à l’échelle nationale. Mis en place en novembre 2018, l’un des objectifs de ce plan est de « recycler au moins 55 % des emballages de plastique d’ici 2030 et récupérer 100 % de tous les plastiques d’ici 2040 ».

La feuille de route qui est destinée aux gouvernements et aux divers groupes industriels de producteurs de plastique n’établit pas de marche à suivre. Le document de 24 pages propose plutôt une panoplie d’options possibles, allant de l’identification des conséquences environnementales liées au produit, à l’étape du choix d’une nouvelle approche de gestion du produit. Tous les outils et toutes les options présentées ont pour objectif de valoriser la collecte, la récupération et la prévention, c’est-à-dire l’atteinte d’une économie circulaire des plastiques.

« La conservation des matières et des produits dans une économie circulaire réduit non seulement les répercussions sur l’environnement, mais présente aussi des avantages économiques considérables », peut-on lire dans la phase 1 du plan d’action de 2019.

Selon ce document, une économie zéro déchet de plastique permettrait au Canada de réaliser 500 millions $ d’économie annuelle et pourrait créer 42 000 emplois directs et indirects.

Difficultés du recyclage dans le Nord

Le CCME reconnait l’importance d’adopter des politiques adaptées aux circonstances provinciales et territoriales. Or, dans les territoires, le recyclage fait face à des défis spécifiques. Au Yukon, Raven Recycling, le principal organisme de recyclage de Whitehorse, doit faire appel à des partenariats particuliers avec des entreprises de Colombie-Britannique. Une grande partie des déchets de plastique est envoyée à l’extérieur du territoire, faute de solutions sur place.

« Nous payons des entreprises industrielles du recyclage du Sud pour qu’elles acceptent nos matériaux de faible valeur tels que les films plastiques et autres plastiques mélangés. Afin de nous assurer que nos matériaux valent quelque chose, nous devons maintenir un faible taux de contamination. Cela signifie que nous jetons un petit pourcentage (<10 %) de matériaux (papier humide, contenants souillés par des aliments) qui sont trop contaminés pour être recyclés », peut-on lire sur le site Internet de l’organisme.

Le plan d’action pancanadien visant l’atteinte de zéro déchet de plastique a été mis en place en novembre 2018.
(Crédit photo : Nelly Guidici)

Dans les abysses de l’océan Arctique

Le Canada produit 3,3 millions de tonnes de plastique chaque année et seulement 8 % sont recyclés à l’échelle nationale, selon l’organisme de protection des océans Oceana dont le siège social canadien se trouve à Toronto. Cet organisme souhaite notamment l’interdiction de l’incinération des déchets de plastique dont la combustion libère des émissions nocives et cancérigènes dans l’air, l’eau et le sol. À l’exception d’Iqaluit, Rankin Inlet et Repulse Bay, toutes les collectivités du Nunavut pratiquent l’incinération à l’air libre des déchets. L’absence d’accès routier, l’éloignement et le cout des infrastructures sont quelques-unes des raisons qui rendent le recyclage difficile dans le territoire.

La pollution plastique est omniprésente en Arctique selon une étude publiée le 5 avril 2022 dans la revue Nature. Non seulement des déchets de plastique sont présents dans des zones très éloignées de toute activité humaine, mais ces déchets se trouvent sous forme de microdébris qui tapissent les fonds marins de l’océan Arctique. Le rapport tire la sonnette d’alarme sur les effets de cette pollution au long terme sur la faune et la flore de cette région, mais également sur la santé humaine. Même si les émissions de plastique étaient stoppées nettes dès aujourd’hui, la fragmentation du plastique déjà présent dans les écosystèmes conduirait à une augmentation des débris microplastiques.

L’étude indique que l’absence d’installations adéquates de gestion des déchets dans les régions côtières est un défi majeur pour minimiser la pollution dans l’océan à l’échelle mondiale.

À ce jour, le rôle joué par les rivières et la masse de déchets de plastique qu’elles transportent demeure incertain. Cependant, « comprendre la pollution plastique dans les rivières qui se déversent dans l’océan Arctique est crucial. D’autant plus que les populations locales dépendent de l’eau douce et des terres pour leur subsistance et leur culture, comprendre les effets de la pollution plastique dans ces systèmes est une priorité », peut-on lire en conclusion de l’étude.


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