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Nettoyage de la mine Giant : qu’en savez-vous ?

L’équipe de projet a installé 38 thermosiphons passifs. Ces tuyaux verticaux sont remplis de dioxyde de carbone qui aide à maintenir le sol gelé. (Courtoisie RCAANC)

L’équipe de projet a installé 38 thermosiphons passifs. Ces tuyaux verticaux sont remplis de dioxyde de carbone qui aide à maintenir le sol gelé. (Courtoisie RCAANC)

Un projet de plus d’un milliard de dollars se tient dans votre cour, soit le nettoyage du site de la mine Giant. Qu’en connaissez-vous ? Savez-vous à quoi va ressembler le littoral une fois les travaux terminés ? Alors que le premier forum public s’est tenu depuis le début de ceux-ci, le Conseil de surveillance de la mine Giant a lancé fin février un sondage pour évaluer la compréhension des Ténois.

« Selon vous, qui est responsable du nettoyage (assainissement) du site de la mine Giant ? Dans quelle mesure êtes-vous informé du projet d’assainissement de la mine Giant ? Quels sont les premiers mots ou pensées qui vous viennent à l’esprit lorsque vous pensez au Giant Mine Oversight Board ? » Voilà trois questions, parmi d’autres, qu’on trouve dans le sondage communautaire du Conseil de surveillance de la mine Giant.

C’est la première fois que l’organisme de surveillance indépendant, mis sur pied en 2015 dans le cadre de l’Entente en matière d’environnement, consulte les Ténois pour en savoir plus sur leur compréhension de son rôle ou du projet de restauration du site de la mine Giant. « Vaux mieux tard que jamais », dit son président, David Livingstone.

Cette démarche suit un audit de l’organisme réalisé l’année dernière : l’une des recommandations était d’améliorer leurs communications.

« Ça fait partie de notre mandat de s’assurer que les gens de Yellowknife et des collectivités savent ce que notre organisme fait, ce que l’équipe du projet d’assainissement fait ou ce qui se passe sur le terrain, poursuit David Livingstone. Ce projet va laisser un héritage à long terme. C’est important. C’est un défi de joindre le grand public, mais les gens doivent être conscients de ce qui passe. Et plus ils le seront, plus cela risque de susciter leur intérêt. »

Quelque 140 individus ont répondu au sondage de l’organisme jusqu’à présent, dont les résultats seront connus en avril ou en mai.

Rappelons que l’exploitation de la mine d’or Giant, en activité de 1948 à 1999, a produit 237 000 tonnes de poussière toxique de trioxyde de diarsenic. Le gouvernement fédéral a hérité de son nettoyage. C’est une équipe de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada qui s’en charge.

 

Excavatrice à l’œuvre pour enlever la roche dynamitée et les sols contaminés dans le cadre de la construction d’une plateforme de congélation. (Courtoisie RCAANC)

Peu de participants au forum

Le Conseil de surveillance de la mine Giant faisait d’ailleurs partie des quelque 25 participants, le 1er mars dernier, au premier forum public tenu sous forme de webinaire par l’équipe responsable des travaux du projet d’assainissement de la mine Giant depuis le début de ces derniers, à l’automne 2020. Auparavant, l’équipe ne faisait qu’entretenir le site.

Ces forums publics, offerts depuis des années, visent « tous les résidents de Yellowknife, Ndilo et Dettah », dit la directrice adjointe du projet d’assainissement, Natalie Plato, jointe au téléphone. « Vingt-cinq participants, c’est peu, en effet, mais, lorsqu’on peut tenir ces forums en présentiel, on a entre 25 et 50 personnes. On est content avec cette participation », dit-elle, en précisant que son équipe a d’autres moyens de communication.

« Une vingtaine de participants dans une population de 20 000, et qui sont pour la plupart des initiés, ce n’est pas très encourageant. Il y a encore du travail à faire », croit quant à lui David Livingstone.

Travaux réalisés lors de la construction de la décharge de déchets non dangereux en novembre 2021.
(Courtoisie RCAANC)

Un littoral couvert de roches

L’un des premiers sujets abordés dans le webinaire par l’équipe des travaux d’assainissement visait le littoral.

« Voici ce à quoi va ressembler le littoral de la baie de Yellowknife, une fois l’assainissement terminé », a dit la gestionnaire de mission du projet d’assainissement, Jessica Mace, durant la présentation, en déplaçant son curseur sur l’écran. Selon la représentation d’un artiste, on y voit une couverture de roches qui part de la marina du club de voile et s’étend sur près de 1,5 km jusqu’à former un immense lit de graviers devant le site de la mine Giant.

Les sols contaminés dans l’ancien village de la mine, les rampes de mise à l’eau et les rives seront nettoyées pour répondre aux lignes directrices du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Les aires de résidus sur le rivage seront quant à elles couvertes avec des roches.

Jessica Mace dit elle-même avoir été surprise lorsqu’elle a vu le plan. « Je me suis dit : “Oh ! C’est un très large lit de gravier !” Mais ça faisait partie des demandes de couvrir ces sédiments contaminés jusque dans la baie, continue-t-elle. L’objectif, c’est de protéger le littoral des vagues, car les vagues peuvent soulever des sédiments. »

La directrice adjointe du projet d’assainissement, Natalie Plato, explique que de couvrir le littoral permet d’encapsuler les sédiments dangereux. « Si les gens se baignent dans cette zone du Grand lac des Esclaves, ils ne vont pas brasser de sédiments, ça les protège », dit-elle. Il n’est pas prévu de draguer le fond : « C’est moins risqué de couvrir que d’excaver et de tout remuer. »

La rampe de mise à l’eau de la marina sera d’ailleurs fermée toute la saison en 2024, en raison des travaux liés à l’assainissement des sols et des sédiments. Une autre rampe publique, située à proximité, demeurera ouverte. Par la suite, la rampe de mise à l’eau de la marina ouvrira à tous pendant que la rampe publique sera fermée le temps de faire le même type de travaux. L’équipe ne sait pas encore quand les travaux débuteront à la rampe publique, dit Natalie Plato.

Le ruisseau Baker, qui se jette près de la marina, sera légèrement déplacé, traversera une zone humide et sera élargi pour pouvoir accueillir une inondation, continue Jessica Mace, lors du webinaire. « Les sédiments contaminés seront retirés du fond du ruisseau et seront remplacés par un remblai et de la végétation propres ». Le plan inclut un nouveau pont qui va mener à la rampe de mise à l’eau publique.

Même si ces idées sont déjà sur papier depuis un moment, l’équipe tente d’informer le public pour qu’il comprenne ce à quoi ça va ressembler, explique Natalie Plato. « C’est l’une des choses sur lesquelles on doit continuer à travailler au cours des prochains mois et de la prochaine année », dit-elle.

Travaux de surveillance des vibrations dans le ruisseau Baker causées par le dynamitage et la construction d’une plateforme de congélation. (Courtoisie RCAANC)

 

Les travaux avancent

Lors du forum, l’équipe a aussi détaillé ce qui avait été fait depuis le début des travaux d’assainissement, dont les premières étapes pour construire une plateforme de congélation et une zone d’enfouissement des déchets non dangereux. Les plateformes de congélation serviront à installer des thermosiphons – de gros tuyaux remplis de gaz carbonique dans lesquels se crée un cycle de refroidissement grâce à la chaleur du sol et à l’air froid hivernal – qui gèleront la fosse contenant le trioxyde d’arsenic, technologie retenue pour sécuriser ces poussières toxiques. La zone d’enfouissement sera utilisée, par exemple, pour recueillir l’amiante qui se trouve dans les maisons de l’ancien village minier.

Il est prévu que l’ancien village soit démoli cet été. « L’entreprise, qui n’est pas encore choisie, préparera le site dès mai », dit Natalie Plato.

De 2005 à 2022, des contrats d’une valeur totale de 614 millions $ ont été attribués, dont 302 millions $, soit 49 %, à des entrepreneurs autochtones, est venu affirmer un autre membre de l’équipe gouvernementale, Andrei Torianski, qui faisait état des retombées socioéconomiques du projet.

Une autre information est ressortie du webinaire : une représentante du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Erika Nyyssonen, a annoncé que commençait enfin la collecte de données d’une étude sur le stress. Cette étude, qui porte le nom wiìliìdeh Hoèla Weteèts’eèdeè, commencera dans les prochaines semaines. Elle vise à mesurer la manière dont la mine a eu des répercussions sur le stress et la résilience des gens qui vivent dans la région. Elle a pris un an de retard à cause de la pandémie.

Le président du Conseil de surveillance de la mine Giant, David Livingstone, rappelle que la porte de son organisme « est toujours ouverte » à ceux qui ont des questions ou veulent en savoir plus.

Jessica Mace a présenté lors du webinaire ce à quoi ressemblera le littoral, près de l’ancienne mine Giant,
une fois couvert de roches. (Capture d’écran du webinaire)


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