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Agence canadienne de santé publique : Ne pas oublier la langue et la culture

28 mai 2004
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Le 18 mai dernier, la ministre d’État à la Santé publique, Carolyn Bennett, était à Yellowknife pour recueillir les points de vue septentrionaux face à la création d’une éventuelle Agence canadienne de santé publique. Comme plusieurs autres groupe, la Fédération Franco-TéNOise (FFT) a été invitée à prendre part aux discussions.

Bien que la FFT déplore qu’elle n’ait pas eu beaucoup de temps de préparation, l’organisme porte-parole de la francophonie ténoise y est allée de ses observations sur le sujet. Rappelant que des études indiquent que 55 % des francophones en milieu minoritaire n’ont pas accès à des services de santé dans leur langue, le président de l’organisme, Fernand Denault, a fait valoir que ce pourcentage était beaucoup plus élevé dans les TNO.

« Nous sommes intervenus sur des éléments de formation, de réseautage et d’identification des besoins de la communauté minoritaire », fait savoir Léo-Paul Provencher, directeur général de la FFT. Ayant reçu le document de travail la veille de la rencontre, la Fédération Franco-TéNOise n’a pas pu aborder les questions de santé publique comme le SRAS, la maladie de la vache folle ou le virus du Nil occidental.

M. Provencher remarque que plusieurs des groupes qui ont fait des présentations, le 18 mai, n’avaient pu que consulter le document à la dernière minute. Parmi ces groupes, on retrouvait plusieurs organisations autochtones, des représentants des aînés et des représentants des professionnels de la santé des TNO.

« J’ai été frappé par les commentaires de plusieurs groupes qui ont fait référence à la langue et à la culture par rapport à la mise en place d’une agence fédérale de santé publique. Cela nous permettait de faire des liens avec nos propres préoccupations et renforçait notre sentiment de surprise que, dans le document, on ne parle pas du tout de la langue », de poursuivre Léo-Paul Provencher.

Ce dernier a aussi été clair sur le fait que les francophones ne demandent pas un système de santé parallèle. « Il y a un bon système aux TNO. On a des spécialistes et la technologie est disponible. On veut capitaliser sur les forces du système territorial. En même temps, on attend du gouvernement territorial une contribution financière pour se préoccuper davantage des services de santé en français parce que nous savons que ça fait sérieusement défaut ».

La FFT a d’ailleurs créé, il y a quelques mois, le Réseau TNO Santé en français. Cet organisme a été mis en veilleuse au cours de l’hiver, à cause de problèmes au niveau du financement, mais il pourrait très bien renaître de ses cendres très bientôt. « Ça devrait être réactivé sous peu parce que les problèmes budgétaires sont réglés », dit M. Provencher. Léo-Paul Provencher ajoute que cet organisme aurait pu être consulté si le document de travail était parvenu à la francophonie ténoise un peu plus tôt.