Mon nasaq

08 juillet 2005
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Arrêtez de relire le programme : il n’y aura pas de band proprement francophone pour le 25e anniversaire de Folk on the Rocks.

Mais il y a beaucoup mieux. Plutôt que de swinguer la bacaisse devant les regards ahuris de la foule alors qu’une autre version trash de la Bottine Souriante s’énerve sur la scène, les francos pourront se laisser envoûter par Taïma, un duo québécois non exclusif qui donne le goût d’apprendre l’inuktitut.

Je m’explique. Taïma en plus d’être un mot inuit qui signifie « Ça fera ! » ou quelque chose comme ça, c’est aussi une formation folk-rock née de l’union de la voix d’Élisapee Isaac, originaire du Nunavik, à la musique d’Alain Auger, un gars de Rouyn-Noranda.

À la façon d’un Manu Chao ou d’une Lhasa de Sela, Taïma est groupe polyglotte. Les chansons de leur premier album éponyme sont sublimement interprétées en trois langue : le français, l’anglais mais surtout l’inuktitut, la langue maternelle d’Elisapee.

Mais attention, c’est très moderne (et très exportable) comme musique. « Parce que je viens du grand Nord et que je chante en inuktitut, les gens pensent souvent que ça va sonner world beat ou traditionnel », explique la chanteuse. Que nenni !

Avec la voix de sirène nordique d’Elisapee couplée à des arrangements généralement molletonnés et atmosphériques, Taïma rappelle un peu la méga-star icelandaise Björk, l’attitude punk en moins.

Pour ceux qui affectionnent particulièrement les belles paroles et qui réclament de la poésie en français, au moins une fois cet été, vous ne saurez pas totalement déçus. Sur leur album, les deux chansons francophones de Taïma brillent par la force de leur simplicité. La première, « Silence », a été écrite par le conteux Fred Pellerin, souligne avec humour et tendresse la difficulté de laisser parler son cœur.

C’est après avoir partagé une scène, il y a quelque année, avec l’ex-chanteur des Tireux de Roches que le duo a mis la main sur les paroles de « Silence ». « On aime ça quand ce n’est pas conventionnel, commente Elisapee. Ce qu’il fait c’est très différent de Taïma, mais on s’est dit “ça va être tellement beau” .» Ça l’est.

La seconde chanson francophone, « Les voyages », écrite par la chanteuse, qui est d’ailleurs l’auteure de la plupart des pièces, parle de sa vie de jeune inuite partie pour le Sud. Quand on est un francophone des TNO, parti du Sud pour le Nord, on n’oublie plus ces paroles une fois qu’on les a entendues : « pour la première fois j’ai vu les oies s’en retourner vers chez moi ».

C’est tellement vrai. Moi, je lui lève mon nasaq.

Elisapee Isaac et Alain Auger seront au festival Folk on the Rocks, à Yellowknife, du 15 au 17 juillet. Ils seront accompagnés du bassiste Roger Miron.


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