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Centre scolaire communautaire : Mais qui donc incarne le projet?

14 avril 2006
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Dur, dur de savoir qui est le porte-parole de la Table des organismes francophones de Yellowknife (TOFY), la table de concertation créée pour faire avancer le dossier des espaces communautaires francophones de la capitale, et plus particulièrement la création d’un centre scolaire communautaire annexé à l’école Allain St-Cyr.

Le collectif qui regroupe des délégués de la Fédération Franco-Ténoise (FFT), de l’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), de la Garderie plein soleil, de l’Association des parents ayants droit de Yellowknife (APADY) et du Conseil de développement économique des TNO (CDÉTNO), s’est réuni, samedi dernier, à l’invitation de la Commission scolaire francophone de division. Après toute une journée de débat, à peu près personne ne semble en mesure de dire qui est le porte-parole officiel de la Table, même si tout le monde s’accorde pour dire qu’une telle personne est nécessaire pour défendre le projet devant les bailleurs de fonds.

« Personne n’a été désigné », indique le tout nouveau directeur général du CDÉTNO, Marc Savaria.

Même son de cloche du côté de l’AFCY. « Il n’y a pas de décision de prise », affirme le président, Martin Dubeau.

Le directeur général de la Commission scolaire francophone, Gérard Lavigne, qui présidait la réunion, dit avoir fait les mêmes observations.

Il n’y a, finalement, que le président de la FFT, Fernand Denault qui soit en mesure de désigner une personne habilitée à parler au nom du groupe : lui-même.

« C’est le président [de la Fédération] qui est le représentant officiel », dit-il, en admettant du même souffle que « il y a des choses à régler au niveau de la structure. C’est évident. »

D’après Denault, ce sont les statuts et règlements de la FFT qui désignent le président de la Fédération comme le représentant de la table de concertation régionale. Après vérification, les statuts et règlements évoquent bel et bien un organisme de concertation régional à Yellowknife représenté par le président de la FFT, mais il ne s’agit pas de la TOFY.

Martin Dubeau, trouve pour le moins précipitée la déclaration du président de la FFT. « Nous voulons être représentés par une personne qui nous représente vraiment, dit-il, quelqu’un qui va rapporter fidèlement l’opinion exprimée par la Table. »

« Je n’ai pas l’impression que Fernand [Denault] soit l’homme de la situation », ajoute Dubeau, signalant que la FFT a un mandat territorial et que ce dossier relève plutôt des affaires locales.

Denault rejette cette lecture. Il pense, au contraire, que c’est le rôle même de la FFT que de prendre la direction d’une telle coalition régionale. Il ajoute que, dans l’éventualité probable que des tables de concertation similaires soient créées dans les autres communautés francophones des TNO, la FFT n’hésitera pas à les présider.

Si des délégués de la TOFY contestent l’autorité du président de la FFT, affirme Denault, « c’est à l’assemblée générale de la Fédération qu’ils doivent l’exprimer ».

Besoins pressants

Même si la Commission scolaire n’a pas le droit de vote à la TOFY, c’est quand même elle qui tenait à ce que la Table se réunisse.

« Nous avons certains besoins pressants. Nous voulions nous assurer que ça ne traîne pas », indique Gérard Lavigne.

Le directeur de la Commission scolaire, fait ici référence à l’ordonnance judiciaire qui intime le gouvernement des TNO à préparer, au courant de l’année 2007, des plans et devis pour un agrandissement de l’école Allain St-Cyr. D’après Lavigne, la Commission scolaire est « sur le point » de lancer des appels d’offres à cet effet.

Il est important que la Commission scolaire connaisse les besoins précis des membres de la TOFY, explique Lavigne, parce que l’agrandissement de l’école comprendra forcément des pièces appelées à devenir des espaces communs – le gymnase par exemple – utilisés autant par l’école que par l’éventuel volet communautaire de la bâtisse.

« La Commission scolaire va exercer une grande responsabilité au niveau des espaces partagés », note-t-il.

Selon Lavigne, plus les désirs de la TOFY seront cernés rapidement, meilleures seront les chances que les deux volets du centre scolaire communautaire se réalisent en même temps. Quand un architecte aura été embauché, souligne-t-il, « ça deviendra plus critique » d’avoir un plan détaillé des besoins communautaires.

La TOFY n’a pas encore dégagé de consensus sur les besoins précis d’espaces de ses membres. Là-dessus, les présidents de la FFT et de l’AFCY sont sur la même longueur d’onde.

« On n’est pas encore rendu là, mais le travail se fait », indique Fernand Denault. « Il n’y a rien d’écrit, mais on est vraiment pas loin de ça », renchérit Martin Dubeau.

Ce dernier estime, en outre, que les querelles byzantines qui pimentent la relation entre l’AFCY et la FFT ne devraient pas écarter la TOFY de son objectif et que, en définitive, « le climat de travail s’améliore ».

On aura l’occasion d’en juger bientôt. La TOFY doit se réunir à nouveau, en mai.