Mais que fait le brise-glace américain dans les eaux arctiques?

12 novembre 2020
Le Polar Star est un brise-glace américain qui opère en temps normal en Antarctique et ravitaille la base scientifique de McMurdo. Suite à la pandémie de COVID-19, le navire n’ira pas en Antarctique mais sera redéployé en mer Arctique cet hiver.

Le Polar Star est un brise-glace américain qui opère en temps normal en Antarctique et ravitaille la base scientifique de McMurdo. Suite à la pandémie de COVID-19, le navire n’ira pas en Antarctique mais sera redéployé en mer Arctique cet hiver.

La Garde côtière des États-Unis a déclaré vouloir redéployer son brise-glace Polar Star en Arctique cet hiver afin de « contribuer à protéger la souveraineté et la sécurité maritimes du pays dans la région », selon un communiqué de presse émis le 29 octobre 2020.

Habituellement en déploiement en Antarctique, le vaisseau ne réapprovisionnera pas la station scientifique McMurdo pour des raisons de sécurité dues à la pandémie de COVID-19 et se rendra donc en Arctique. Cependant, cette décision pose des questions sur la véritable nature de la mission, dans la mesure où la Russie avait affirmé sa présence en Arctique en septembre dernier avec son nouveau brise-glace nucléaire Arktika.


Faut-il voir une réponse américaine à la présence russe ? C’est une hypothèse selon le directeur du Conseil québécois d’études géopolitiques, Frédéric Lasserre. « Que les USA aient choisi de manifester de nouveau leur présence et leur intérêt en Arctique, c’est tout à fait possible à la faveur du déploiement de ce nouveau brise-glace russe, affirme-t-il. Est-ce que l’on a voulu poser un geste, un symbole pour rappeler à Moscou que les États-Unis s’intéressent à l’Arctique ? C’est possible même si c’est toujours un peu tortueux de suivre l’intérêt américain dans la région. »


Dans le contexte de la campagne électorale, l’annonce du redéploiement du Polar Star peut aussi être considérée comme une tactique de l’administration républicaine pour affirmer leur intention de continuer de défendre les intérêts américains en Arctique, même si la majorité de l’électorat, à l’exception des électeurs de l’Alaska, s’intéresse peu à ce qui s’y passe.
La troisième hypothèse serait liée à l’exploration pétrolière en mer de Beaufort et en Alaska. M. Lasserre estime que le brise-glace pourrait faire des essais et ainsi signifier aux compagnies pétrolières que le gouvernement américain a l’intention de relancer les campagnes d’exploration.

De nouvelles relations avec le Canada
Avec l’élection du démocrate Joe Biden à la présidence américaine le 7 novembre dernier, les relations diplomatiques devraient être plus faciles selon M. Lasserre.


« Sur le plan diplomatique et politique, je pense que les Américains vont cesser les tentatives de réouverture du dossier de l’ouverture du Passage du Nord-Ouest », estime le spécialiste des relations internationales en Arctique. Qualifiant cette tentative de maladroite de la part du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, M. Lasserre pense que « la nouvelle administration n’ira pas de l’avant avec cette avenue politique ».


En mai 2019, lors du sommet du Conseil de l’Arctique, le diplomate américain avait déclaré que la revendication canadienne sur le passage du Nord-Ouest était illégitime. Cette déclaration avait suscité la surprise parmi les observateurs « qui ne comprenaient pas pourquoi M. Pompeo rouvrait ce dossier pour lequel un modus vivendi avait été trouvé entre Washington et Ottawa », se rappelle M. Lasserre.


Le chercheur pense que « la nouvelle administration Biden va revenir à la position précédente, à savoir que les deux pays conviennent poliment qu’il y a un désaccord, mais que le différend n’est pas majeur ».


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