Les habitants du Nunavik auront bientôt leur journal

04 avril 2001
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« Tous les journalistes sont Inuits, et ils sont originaires de différentes communautés du Nunavik [nord du Québec] », explique Susan Sretel, rédactrice par intérim d'Arjuuk. Cette dernière est née à Kuujjuarapik [Poste de la Baleine], une petite communauté crie et inuit d'environ 1000 habitants, située sur le bord de la baie d'Hudson.

La réalité du Nord, avec ses communautés uniquement accessibles par avion, est difficile à expliquer. Parfois, lorsqu'un incident se produit dans une communauté, les localités des environs mettent quelques semaines avant de connaître le fond de l'histoire. La tradition orale a ses racines bien ancrées, alors pour rejoindre les potentiels lecteurs, l'équipe devra se dépasser. « C'est quelque chose qui manque vraiment au Nord. Il y a un manque d'information, donc nous avons choisi de publier un journal dans les trois langues pour rejoindre tout le monde », souligne Susan Sretel. « Nous voulons développer les communications dans le Nord », soutient le directeur de projets au CÉGEP de St-Hyacinthe, Claude Harisson. « J'éprouve un amour inconditionnel pour cette région et pour la culture inuit, même si parfois ce n'est pas toujours facile », avoue Claude Harisson, qui a notamment travaillé à Puvirnituk pendant quatre mois.

Le projet a germé dans l'esprit du directeur général des projets au CÉGEP, Réal Martin. « Il a travaillé dans le Nord depuis 1987, et il souhaitait développer les communications pour que les gens soient au courant de ce qui passe dans leur région », avoue sa fille, qui confirme l'amour de son père pour les Inuit.

Arjuuk prendra donc forme très bientôt. La première édition papier est attendue avant l'été et l'équipe du journal se cherche toujours un rédacteur (trice). Pour le moment, Susan Sretel comble le poste, tout en corrigeant les articles et en veillant à la mise en ¦uvre d'un site Internet qui diffuse les articles déjà parus ainsi que des photos du Nunavik. Arjuuk signifie corps céleste en inuktitut. Par ailleurs, tous ne s'attendent pas sur sa signification exacte, mais selon une croyance populaire, cela désigne une double étoile qui apparaît avec le nouvel an. Le journal comptera une vingtaine de pages, et sera publié en format tabloïd dans les trois langues, ce qui occasionne de petits mots de tête.

Au Nunavik, les dialectes varient d'une communauté à l'autre. Une traductrice est donc embauchée pour traduire les articles. Ensuite, il faut les traduire à nouveau en français, en inuktitut, version officielle, ainsi qu'en anglais.
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