Les enseignants sont-ils des travailleurs essentiels?

11 février 2021
L’enseignante Christine Ratel de l’école Allain St-Cyr présente les consignes de santé publique qu’elle enseigne à ses élèves de prématernelle. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

L’enseignante Christine Ratel de l’école Allain St-Cyr présente les consignes de santé publique qu’elle enseigne à ses élèves de prématernelle. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Les enseignants devraient être ajoutés à la liste des travailleurs essentiels des Territoires du Nord-Ouest, croit le député de Nunakput, Jackie Jacobson, qui a plaidé pour qu’un accommodement soit offert au personnel scolaire à l’approche de la semaine de relâche.

Thomas Ethier — IJL — Territoires

Le 8 février, à l’Assemblée législative, le député Jacobson a rapporté les préoccupations de plusieurs enseignants qui, sous le couvert de l’anonymat, auraient réclamé de l’aide du gouvernement pour pouvoir voyager et visiter leurs proches lors de leurs prochaines vacances.

« J’ai parlé à certains enseignants à Nunakput. Ils sont très préoccupés, et ils ont besoin de l’aide du gouvernement, a indiqué le député, en période de questions. [Les restrictions aux frontières] sont en place depuis près d’un an et certains n’ont pas pu retourner chez eux. Ils ont besoin d’aide pour pouvoir quitter le territoire durant les vacances et avoir un répit durant la semaine de relâche. »

Le fait d’être considérés travailleurs essentiels permettrait entre autres aux enseignants d’avoir accès à des tests de dépistage rapide ou encore d’avoir accès gratuitement aux centres d’auto-isolement à leur retour de voyage, voire d’obtenir la permission de se rendre sur leur lieu de travail durant leur quarantaine.

Or, il aurait été déterminé par l’administratrice en chef de la santé publique que les risques d’exposition et de maladies graves ne seraient pas assez élevés dans les écoles pour inclure les enseignants à cette liste.

« Heureusement pour nous, les écoles ont été jusqu’à maintenant des lieux très en santé », a indiqué la ministre de la Santé et des Services sociaux, Julie Green, en évoquant le respect strict des règles sanitaires. Peut-être ont-ils fait un trop bon travail, mais les enseignants ne sont pas dans notre liste de priorités à l’heure actuelle. »

Toutefois, la ministre s’est dite ouverte à discuter avec l’Association des enseignantes et enseignants des TNO pour potentiellement inclure ce groupe professionnel à la liste d’accès aux tests de dépistage rapide. « Nous avons la capacité d’effectuer des tests rapides dans toutes nos collectivités, mais de manière assez limitée, a-t-elle indiqué. Je pourrai donc me renseigner auprès de l’Association des enseignants et des enseignantes pour voir s’il y a un intérêt à augmenter les tests rapides pour les enseignants. »

La ministre a par ailleurs insisté pour dire qu’elle ne fixait pas les règles et que cette responsabilité incombait plutôt à l’administratrice en chef de la santé publique.

Or, cette dernière semble fermer la porte à un tel changement de statut pour les enseignants. Questionnée à ce sujet lors du point de presse hebdomadaire du 10 février, la Dre Kami Kandola a indiqué qu’ajouter les enseignants à la liste des travailleurs essentiels poserait un risque trop important pour les élèves. La proximité physique qui existe au sein des bulles scolaires « en fait des milieux à haut risque [de transmission] », a indiqué la Dre Kami Kandola qui rappelle que les mineurs ne peuvent pas recevoir le vaccin contre la COVID-19.

 

Des travailleurs désavantagés

L’Association des enseignants et enseignantes des TNO a déjà réclamé à l’administration de la santé publique d’inclure les enseignants à la liste des travailleurs essentiels, indique le président du syndicat, Matthew Miller. Il concède toutefois que cette requête est délicate à traiter.

« Les règles sont là pour assurer la santé de tous les résidents des TNO, et nous en faisons partie, sous-pèse-t-il. Mais j’espère que la Santé publique va sérieusement considérer nos demandes, à l’approche de la semaine de relâche, et spécialement des vacances d’été. »

Selon M. Miller, la situation actuelle pourrait avoir « des répercussions sur la santé mentale et le bienêtre des enseignants », puisque certains d’entre eux n’ont pas vu leurs familles ni voyagé depuis quelques années déjà. « C’est une préoccupation partout au territoire, mais je dirais que les enseignants des petites collectivités sont ceux qui nous contactent le plus, spécialement lorsqu’ils font face aux couts liés à l’auto-isolement, ajoute-t-il, puisqu’ils ne peuvent s’isoler chez eux. »

Comme l’explique M. Miller, il serait particulièrement difficile de voyager pour les enseignants, puisqu’ils sont contraints à des congés stricts. « Ils savent qu’ils ont des vacances durant les Fêtes, la semaine de relâche et l’été, sans flexibilité, explique M. Miller. Un employé du gouvernement, par exemple, pourrait prendre quelques jours de congés après les Fêtes pour sa période d’auto-isolement, ce qui n’est pas possible pour un enseignant. »

 

Va-t-on perdre des enseignants ?

La question a été évoquée en chambre par la députée d’Inuvik Twin Lake, Lesa Semmler : craint-on que les restrictions liées aux voyages ne fassent fuir un nombre important d’enseignants ? « Le ministère a-t-il [commencé à évaluer] les possibilités qu’un grand nombre de postes soient vacants en septembre […] ? », a-t-elle demandé au ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, R.J. Simpson.

« Nous nous attendons à un roulement, comme c’est toujours le cas, mais n’avons pas actuellement de données sur le nombre d’enseignants qui ne comptent pas revenir en septembre. Toutefois, je suppose que ce pourrait être plus élevé que la normale », a répondu M. Simpson.

De son côté, le syndicat demeure prudent dans ses prévisions. « Nous n’avons pas de chiffres exacts, mais pouvons affirmer que certains de nos membres vont quitter le territoire à cause de ces règles, indique le président de l’Association des enseignants et des enseignantes des TNO. Toutefois, d’autres membres me disent qu’ils resteront parce qu’ils se sentent protégés aux TNO. »


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