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Les caribous de la toundra toujours en péril aux Territoires du Nord-Ouest

Pour suivre les hardes de caribou, une des méthodes les plus utilisées consiste à poser des colliers émetteurs sur certains individus du groupe (Crédit photo : Pierre-Emmanuel Chaillon)

Pour suivre les hardes de caribou, une des méthodes les plus utilisées consiste à poser des colliers émetteurs sur certains individus du groupe (Crédit photo : Pierre-Emmanuel Chaillon)

Le comité sur le développement économique et l’environnement de l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest a livré, le jeudi 10 mars au matin, le bilan mitigé de son suivi 2021 des hardes de Bathurst et de Bluenose-East. Le constat se veut similaire aux années précédentes : les populations de caribous continuent de diminuer, et leur survie est plus que jamais remise en question.

Lambert Baraut-Guinet
IJL – Réseau. presse – L’Aquilon

Le nombre de caribous dans les hardes du nord du Canada est en chute depuis des décennies, pour atteindre aujourd’hui une fraction du nombre qu’ont connu les générations précédentes. Les relations entre populations humaines et caribous sont immémoriales. La diminution de leurs populations et la modification de leurs zones de migration sont problématiques pour certaines collectivités, qui comptent sur cette ressource importante.

En 1986, la harde de Bathurst, dont l’aire de répartition couvre une bonne moitié des Territoires du Nord-Ouest, comptait « environ 470 000 individus, et a diminué à presque 8000 en 2018 », a déclaré la directrice du service de gestion de la vie sauvage du Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Heather Sayine-Crawford.

Les chiffres du recensement réalisé à l’été 2021, et communiqué également le 10 mars, font état d’une situation toujours problématique : la harde ne compterait plus qu’environ 6300 têtes, avec quelques incertitudes dues aux méthodes de comptage. Une diminution de plus de 98 % en l’espace de 35 ans, dont les causes ne sont pas réellement connues.

À la question posée par la députée de Monfwi, Jane Weyallon Armstrong, sur ces potentielles causes, les membres du comité ont répondu globalement qu’elles étaient complexes et difficilement discernables.

« La conclusion à laquelle nous arrivons lorsque nous travaillons avec les ainés est celle de la multiplicité des facteurs. Ça peut être le changement climatique, qui est un facteur important de changements, les prédateurs, que nous voyons de plus en plus autour des hardes – aigles, grizzlis et loups –, ou cela peut aussi être la présence d’installations humaines, qui génèrent de la poussière, du bruit et des pollutions. C’est un ensemble. Quand on regarde la situation du point de vue des caribous, ils sont frappés de toute part, ils n’ont aucune chance », a répondu Tammy Steinwand, Directrice de la culture et de la protection des terres pour le gouvernement Tli cho.

Comme l’a soulevé le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, en réponse à ce constat : « les chasseurs ne chassent plus depuis 5 ou 6 ans », et des primes ont été proposées pour inciter à traquer un grand nombre de loups, un de ses prédateurs naturels. Des mesures qui aident « chacun à faire sa part », reconnait-il, mais qui ne résolvent pas le problème au vu de l’évolution chiffrée annoncée par le ministère. Pour M. O’Reilly, le problème vient de l’altération de l’habitat naturel des caribous. « La construction d’une route toutes saisons dans la zone de migration de la harde de Bathurst est incompatible avec sa survie, ajoute-t-il. Il faut que les gens décident entre la route et les caribous. »

Une position radicale à laquelle la députée Katrina Nokleby s’est opposée, avançant que la réalité était plus nuancée, et qu’il était surement possible de concilier les deux. Une position qu’elle semble partager avec le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, qui a assuré en session, le 9 mars, que « la zone mobile, ajustée en fonction de la position de la harde de Bathurst en utilisant des colliers satellites, créait une zone tampon autour de la harde, et offrait une protection suffisante en empêchant localement la chasse ».

Graphique : Lambert Barault-Guinet – Source : GTNO MENR • Crée avec Datawrapper


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