Articles de l'Arctique, 27 aout 2021 : Le savoir inuvialuit en partage

Shingle Point, sur la côte nord du Yukon, est un lieu de rassemblement estival pour les communautés invialuites d’Inuvik et d’Aklavik depuis de nombreuses années. (Crédit photo : Hayleigh Conway)

Shingle Point, sur la côte nord du Yukon, est un lieu de rassemblement estival pour les communautés invialuites d’Inuvik et d’Aklavik depuis de nombreuses années. (Crédit photo : Hayleigh Conway)

La transmission du savoir traditionnel inuvialuit permet non seulement de renforcer l’identité, mais aussi de renforcer le lien entre les générations. Le projet Inuvialuit Pitqusiit Inuuniarutait (l’histoire vivante inuvialuite) est un exemple de la façon dont les collectivités du delta du fleuve Mackenzie restent connectées à leur histoire et la transmettent aux jeunes générations.

 

 

Les collections numériques

Une importante collection d’objets traditionnels inuvialuits est exposée au musée national d’histoire naturelle Smithsonian à Washington D.C. au nord-est des États-Unis. Réunis dans la collection appelée MacFarlane, ces 300 artéfacts ont été collectés à la fin du XIXe siècle par un agent de la Compagnie de la Baie d’Hudson. En 2009, plusieurs organismes et institutions partenaires dont le Inuvialuit Heritage Centre à Inuvik ont envoyé une délégation de personnes ainées à Washington afin qu’ils puissent découvrir cette collection. De cette visite est née l’idée de créer un espace virtuel où ces objets, dont la valeur culturelle est très importante, seraient visibles sur internet.

« Les Inuvialuits sont très attachés à ces objets, indique Natasha Lyons, l’une des directrices du projet, et l’objectif général concerne l’identité, la pratique et la célébration de l’histoire vivante de la communauté et la continuité directe de ces objets dans le présent. »

Pour Mervin Joe, agent de gestion des ressources au bureau d’Inuvik de Parcs Canada et partenaire dans ce projet, ce site internet est un véritable outil d’apprentissage accessible à tous. « [Les gens de nos collectivités] peuvent découvrir comment nos ancêtres utilisaient ces objets pour survivre », explique-t-il lors d’une entrevue.

Aujourd’hui un nouveau site internet est en préparation et viendra compléter le site existant. En effet, la culture inuvialuite ne se limite pas seulement aux artéfacts présentés dans les musées, mais englobe aussi les histoires et les gestes qui se transmettent davantage sur le territoire. Ce site célèbrera et présentera la culture et le patrimoine inuvialuit d’une manière engageante avec des photos, des vidéos et une carte interactive afin de mettre en valeur les gens et les pratiques culturelles qui rendent la culture inuvialuite si vibrante. Lors de trois rencontres entre le 24 et le 27 aout à Aklavik, Inuvik et Tuktoyaktuk, les participants ont été invités à apporter un objet, à partager un souvenir ou à présenter une photo afin que leur point de vue soit mis de l’avant.

Sarah Carr-Lock est la directrice du Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles à Yellowknife et une partenaire dans ce projet. Selon elle, la perspective des membres des communautés inuvialuites est très importante et le nouveau site, dont la mise en ligne se fera au courant de l’année 2022, rentre dans un processus à plus grande échelle. « [Il existe un petit processus] de décolonisation sur la façon dont l’objet ou l’histoire est présenté au public », indique la directrice.

Le nouveau site internet présentera davantage d’objets de divers musées du Canada et des États-Unis, et son but sera de mettre de l’avant les activités et évènements culturels tout en permettant aux familles de créer des liens dans ce contexte. L’implication des membres des diverses collectivités est aussi essentielle afin de combler la distance qu’il peut y avoir entre le monde universitaire de la recherche et les Inuvialuits.

« Ce que nous essayons de faire est de combler le fossé entre les chercheurs et les membres des communautés parce qu’ils peuvent aussi être des chercheurs, documenter et partager avec les autres », précise Lisa Hodgetts, codirectrice du projet et professeure associée à l’Université Western de London en Ontario.

 

L’importance du territoire dans le partage du savoir

La transmission du savoir inuvialuit se fait aussi et surtout au cœur du territoire traditionnel même si les collections numérisées accessibles sur internet sont un support de ce transfert de la culture. Le rassemblement qui a lieu tous les étés à Shingle Point au bord de l’océan Arctique dans le Yukon en est un exemple. Du 23 au 25 juillet 2021, une centaine de personnes d’Inuvik et d’Aklavik se sont réunies au bout de cette péninsule qui, depuis de nombreuses années, est un lieu de campement de chasse et de pêche pendant la saison estivale. Ce cadre est idéal pour la transmission du savoir aux jeunes par l’intermédiaire de jeux et de contes. Cette expérience en immersion permet aussi la création de ponts entre les générations qui reflètent des connexions culturelles et émotionnelles par le partage du savoir sur les techniques de chasse, de pêche, mais aussi des chants. « La transmission du savoir traditionnel qui se fait pendant ce regroupement est liée à notre identité et est reliée à l’ensemble du projet de l’histoire vivante inuvialuite », conclut M. Joe.


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