Jeunesse ténoise : Le regard tourné vers l’avenir


À 17 ans, Adithi Balaji, élève à l'école St-Patrick de Yellowknife, a gagné la prestigieuse bourse Loran qui récompense des adolescents dans tout le Canada. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

À 17 ans, Adithi Balaji, élève à l'école St-Patrick de Yellowknife, a gagné la prestigieuse bourse Loran qui récompense des adolescents dans tout le Canada. (Crédit photo : Cécile Antoine-Meyzonnade)

Dans ses yeux, la joie, la fierté et une pointe d’anxiété. À quelques mois de la fin de sa scolarité, le regard d’Adithi Balaji est déjà porté vers l’avenir. La jeune fille d’origine indienne, 17 ans, est arrivée à l’âge de cinq ans à Yellowknife après être passée par le Libéria (Afrique de l’Ouest), où ses parents ont fui la guerre civile. Il y a un peu plus d’une semaine, elle a remporté le prix de la prestigieuse bourse Loran. Créée en 1988, la fondation basée à Toronto récompense des Canadiens qui démontrent leur implication dans des domaines particuliers. À la clé, 100 000 $.
Cette somme est versée en partie à son école, St.Patrick, afin de rembourser les frais de scolarité. Le reste, 60 000 $, est consacré aux quatre années d’études suivantes. Des conditions sont néanmoins à respecter : choisir parmi les 25 établissements du pays et surtout, dans une région différente de celle d’origine.
« J’ai postulé à Montréal, Edmonton, Vancouver et Victoria, ce sont les deux dernières qui m’intéressent le plus », détaille la future universitaire, tout en partageant son appréhension.
« J’ai peur de la compétitivité et aussi de la grandeur, passer de Yellowknife à une ville si impressionnante. »

Trente-six lauréats au Canada
La fondation l’a choisie aux côtés de 35 autres écoliers à travers tout le Canada. Au départ, ils étaient 5 194. S’en est suivie une série de différentes sélections, par courrier, téléphone et enfin un grand oral devant 12 jurés.
« C’était extraordinaire quand je l’ai appris, et ça l’est toujours ! »
Encore sous le choc, elle se pose la question : pourquoi moi ? « Tous les candidats étaient très accomplis donc c’est très difficile à croire. »
Parmi les lauréats, trois sont des réfugiés de Syrie. « Je trouve qu’il y a énormément de diversité cette année, c’est assez beau », soutient l’adolescente.
L’année passée, sa sœur, d’un an son ainée a également tenté sa chance, sans le succès de sa cadette. Cette dernière étudie la médecine en Australie. Sa famille, préparée à la difficulté du concours Loran, s’était déjà imaginée la consoler.
« Mes parents ne s’y attendaient pas, mais ils étaient quand même moins surpris que moi ! »

Son domaine, l’environnement
« Une des raisons pour lesquelles j’ai été choisie est que je suis une sorte d’activiste dans le domaine de l’environnement », explique-t-elle, enchantée qu’on ait pu employer ce terme à son égard. Un sujet qui la suit depuis longtemps, et qu’elle prévoit bien approfondir à l’université. Elle compte étudier l’océanographie et devenir conservatrice en biologie marine.
Outre des marches pour le climat organisées tout au long de l’année, elle a dernièrement monté un programme de compostage avec l’« Équipe verte » de son école. Ce petit regroupement d’élèves coordonne régulièrement des ateliers et des conférences sur l’écologie. Chercheurs et scientifiques y sont conviés pour informer, mais aussi débattre.
Elle s’entraine également trois fois par semaine chez les cadets de l’air avec lesquelles elle compte apprendre à piloter.
« J’ai déjà conduit un planeur au Manitoba, on rencontre des pilotes, mais c’est avant tout beaucoup d’heures de théorie. » Loin d’être un passetemps, cette activité n’est pas anodine : « On appréhende la météo, les éléments, ça me fait comprendre encore plus les enjeux des changements climatiques. »
Pour elle, ces derniers sont nettement visibles aux Territoires du Nord-Ouest : « Particulièrement avec le château de neige, lors de la précédente édition, il a fermé une semaine plus tôt. »

Un CV déjà bien rempli
Lorsqu’on écoute parler la jeune femme, dans un français quasiment impeccable, difficile d’imaginer qu’elle est encore adolescente. Du haut de ses 17 ans, les lignes de son CV sont déjà bien noircies : organisatrice de marches pour le climat, commandante de l’escadron chez les cadets de l’air, conceptrice de décors pour la troupe de théâtre de son école, bénévole pour la banque alimentaire… Pour compléter son emploi du temps de ministre, elle travaille depuis trois ans à la bibliothèque publique de la ville.

Yellowknife, terre d’opportunités
Son emploi du temps rempli en témoigne, pas le temps de s’ennuyer dans la capitale aux 20 000 habitants.
« Il y a beaucoup d’opportunités ici, on pense toujours qu’on n’a pas autant de chances que dans de grandes capitales comme Toronto par exemple, mais en réalité, on trouve continuellement des gens pour nous aider. »
Étudier le français, une occasion qu’elle n’a pas hésité à saisir.
« Je l’apprends depuis la maternelle, si on a deux langues nationales au Canada, c’est important de les valoriser. »
À la maison, pas d’anglais ni de français, mais du tamil, un dialecte indien.
« Mon grand-père, qui vit avec nous, s’essaye au français aussi », souligne fièrement la jeune femme.
Pleine d’ambition, Adithi Balaji se voit déjà loin, certaine de la portée que sa génération peut avoir sur l’avenir. Sans prétention, elle conclut : « Je voudrais avoir un impact sur le monde. »


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