Financer les arts, la culture et le secteur jeunesse : Le prix de la géographie

13 juin 2003
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Une réunion téléphonique en mai dernier, regroupant des porte-parole des organismes culturels, artistiques et du secteur de la jeunesse du Nord et de l’Ouest, a donné naissance à la Coalition de l’Ouest et du Nord, une structure embryonnaire qui voudrait avoir sa place au soleil dans le secteur du financement. Pour les organismes tels Chant’Ouest ou le Réseau de diffusion de l’Ouest, le financement alloué dans le cadre de l’Entente Canada-communauté n’est pas suffisant pour assurer leur survie. Certaines activités, comme les Jeux du Nord et de l’Ouest et le Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest, roulent pourtant leur bosse depuis plusieurs années. Cette situation est source de frustrations pour plusieurs et pourrait même menacer la survie de certains projets. De son côté, la Fédération Franco-TéNoise (FFT) a préféré se tenir en retrait du nouveau mouvement.

Les organismes doivent chaque année refaire une demande de financement pour leurs projets qui fonctionnent pourtant très bien. « On ne peut pas réinventer les projets chaque année. Une fois qu’il y en a qui fonctionnent bien, on veut seulement qu’ils continuent, explique le coordonnateur du secrétariat du Chant’Ouest, Joël Lavoie, ajoutant que l’organisme en charge d'un concours annuel de talents musicaux arrive difficilement à boucler son budget. « Cette année, Chant’Ouest a subi tellement de coupures qu’il risque de ne plus exister l’année prochaine. »

Actuellement, 1 % du montant versé aux provinces et territoires dans le cadre de l’Entente Canada-communauté est dévolu aux organismes interrégionaux du secteur des arts, de la culture et de la jeunesse. L’an dernier, ce montant s’est élevé à 227 000 dollars. Compte tenu du vaste territoire que couvrent les provinces de l’Ouest et les trois territoires du Nord, ce montant parvient difficilement à défrayer les coûts reliés aux déplacements pour les activités, comme le Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest, qui rassemble à chaque année des dizaines de jeunes. Ce que la Coalition veut, c’est un 1 % supplémentaire. « Notre espace est très vaste et nous avons besoin de rassembler les jeunes. Ce n’est pas facile avec les montants que nous recevons », estime la présidente de Francophonie Jeunesse de l’Alberta, Renée Lévesque.

La Coalition veut plus d’argent, mais ne veut pas gruger à même le financement des organismes provinciaux et territoriaux. Le montant de l’Entente Canada-communauté, qui est de l’ordre de 30 millions pour 1999-2004, est déjà réparti entre 330 organismes. Les organismes de l’Ouest et du Nord doivent se trouver une autre source de financement s’ils veulent poursuivre leur programmation. Joël Lavoie, qui a rencontré dernièrement quelques représentants du ministère de Patrimoine canadien, espère trouver le bon filon. « On veut que ce soit Patrimoine canadien qui trouve le financement, mais en-dehors des enveloppes de l’Entente Canada-communauté, parce que nous sommes très conscients que les communautés ont énormément de besoins, explique-t-il. Je ne connais pas tous les programmes. Si on va chercher dans l’enveloppe Canada-communauté, on prend d’une main et on enlève de l’autre. »

Une rencontre de la Coalition est prévue le 20 juin prochain. La plupart des organismes provinciaux et territoriaux, qui gèrent l’argent des Ententes Canada-communauté, ont été rencontrés pour prendre part à l’initiative, appuyée par la Fédération culturelle canadienne-française et la Fédération de la Jeunesse canadienne-française. Les arguments de la Coalition n’auront pas suffi pour inciter la FFT à joindre les rangs. Pour son directeur général, Daniel Lamoureux, cette Coalition est l’arrivée sur le marché des organismes d’une nouvelle structure, qui va chercher à avoir sa part du gâteau au détriment des autres organismes. « Chaque fois que l’on crée une structure, elle a tendance à prendre du poids. Je ne suis pas en faveur de grever les enveloppes d’argent en créant une autre structure qui viendrait chapeauter la jeunesse, les arts et la culture d’une part et l’Ouest et le Nord d’autre part. On n’a pas besoin de ça. » Joël Lavoie, de son côté, mentionne qu’il n’est pas question, pour l’instant, d’incorporer la Coalition. « Nous ne sommes pas certains que l’on veut payer pour une nouvelle structure administrative », a-t-il indiqué.

La FFT craint que la Coalition ne parvienne pas à trouver son financement en dehors de l’Entente Canada-communauté. Un nouveau joueur signifie, pour la FFT, un montant moindre pour les activités locales.
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