Le poste de commissaire aux langues est maintenant une occupation à temps plein

11 février 2021
La nouvelle commissaire aux langues des TNO, Brenda Gauthier, estime qu'un travail d'éducation populaire est nécessaire pour renseigner les Ténois sur leur droits linguistiques et l'importance de rapporter les manquements à la Loi. (Courtoisie OLC TNO)

La nouvelle commissaire aux langues des TNO, Brenda Gauthier, estime qu'un travail d'éducation populaire est nécessaire pour renseigner les Ténois sur leur droits linguistiques et l'importance de rapporter les manquements à la Loi. (Courtoisie OLC TNO)

Brenda Gauthier entreprend un mandat de quatre ans comme commissaire aux langues et promet de s’y consacrer avec dévotion. Rencontre.

Il y a une nouvelle commissaire aux langues aux Territoires du Nord-Ouest et cette fois, elle sera disponible à temps plein.

Lorsqu’elle a pris le poste, Brenda Gauthier, qui dit prendre son rôle à cœur, s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup à faire et a jugé qu’un poste à temps partiel ne suffirait pas. Cela faisait depuis 2009 que la fonction de commissaire aux langues n’avait pas été occupée à plein temps. Quoique toujours modeste, le budget annuel du bureau a d’ailleurs été sensiblement augmenté, passant de 265 000 $ à 450 000 $.

«Je me rends compte que c’est un rôle plus englobant que je ne me l’imaginais, indique dans un entretien téléphonique celle dont le mandat a débuté le 11 janvier. Pour l’instant je me familiarise avec les dossiers. Il se passe beaucoup de choses sur le plan des langues officielles, tant aux TNO qu’à l’échelle canadienne. Mais je dois dire que je trouve tout cela très passionnant.» Elle affirme suivre avec intérêt la présente révision de la Loi sur langues officielles des TNO et la mise en œuvre de la Loi sur les langues autochtones adoptée par la Chambre des communes en 2019.

Autre changement, le bureau déménage à Fort Smith dans un effort de décentraliser les opérations des offices indépendants, déjà entamé avec l’installation à Hay River du bureau de la protectrice du citoyen. Pour l’instant, Mme Gauthier, travaille de la maison — «j’ai installé mon bureau sur la table à diner», dit-elle —, mais l’intention est d’établir un bureau dans la collectivité prochainement.

«Depuis que j’ai pris mes fonctions, j’ai visité quelques endroits potentiels dans la collectivité. Nous essayons de trouver un bureau qui sera accessible aux personnes à mobilité réduite. J’ai fait rapport à l’Assemblée législative qui se charge de finaliser un contrat.» Par courriel, le service des communications de l’Assemblée législative indique qu’il n’est pas possible de déterminer pour l’instant quand un bureau permanent sera ouvert.

Brenda Gauthier espère qu’en sortant le bureau de la capitale territoriale, certaines personnes qui hésitaient par le passé à se prévaloir du service seront plus à l’aise de le faire. «J’espère recevoir plus de requêtes provenant de communautés linguistiques de l’extérieur de Yellowknife, dit-elle. Nous avons 11 langues officielles et, c’est un fait connu, nous recevons très peu de plaintes ou de demandes d’information concernant les neuf langues autochtones.»

Elle mentionne en outre son désir d’étendre les services en ligne du bureau pour en faciliter l’accès à tous les Ténois, peu importe où ils résident. À l’heure actuelle, le site Web permet de télécharger un formulaire, mais pas de soumettre directement une plainte.

 

Dérobée de sa langue

C’est après une carrière d’une vingtaine d’années au sein du gouvernement territorial que Brenda Gauthier obtient ce rôle de commissaire aux langues. Avant cette nomination, elle agissait comme conseillère spéciale auprès du ministre responsable du Conseil du statut de la femme des TNO. Elle a aussi été analyste politique aux affaires intergouvernementales et elle a débuté sa carrière comme gardienne de prison au complexe correctionnel de Fort Smith, un métier qu’elle a exercé pendant dix ans.

«Durant ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler sur des enjeux aux niveaux international, national et local. Ça m’a appris l’importance de travailler de concert avec d’autres agences afin de partager les meilleures pratiques et d’étendre les services au public.»

Bien qu’elle soit unilingue, Mme Gauthier a une compréhension intime des enjeux linguistiques autochtones. «Je ne parle pas couramment d’autre langue que l’anglais, confie-t-elle. Je suis originaire de la région du Dehcho. Le déné zhatié est donc ma langue maternelle, mais je l’ai perdue en fréquentant des pensionnats indiens. Et, pour moi, c’est exactement pour cette raison que le commissariat aux langues est important, c’est pour la protection et la préservation de nos langues.»

«Comme un bon nombre de résidents de ce territoire, [la perte de la culture], c’est quelque chose qui me touche sur le plan personnel, poursuit-elle. Mais ce qui m’a surtout motivée à présenter ma candidature pour le poste, c’est ce que je perçois comme un manque de compréhension des communautés linguistiques de la Loi sur les langues officielles. Il me semble que plusieurs résidents ne saisissent pas le fonctionnement de la Loi et ce qu’elle peut apporter pour la revitalisation des langues et l’accès aux services.» Brenda Gauthier se donne pour mission de faire connaitre leurs droits aux locuteurs des langues officielles et les inciter à rapporter les manquements à la Loi.

«C’est important d’émettre des plaintes, dit-elle, c’est de cette manière qu’on peut identifier nos angles morts et permettre d’améliorer notre travail.»

 

Du boulot

Dès son arrivée en poste, la nouvelle commissaire aux langues avait déjà du pain sur la planche. Quelques plaintes avaient été laissées en cours de traitement. Elle ne peut pas dire combien exactement, mais elle précise qu’il y en avait moins d’une dizaine. «Il y a également des enjeux qui ont été soulevés durant l’intervalle où il n’y a avait pas de commissaire aux langues en poste, ajoute-t-elle. Il va falloir y voir.»

Par ailleurs, le rapport annuel 2019-2020, le dernier préparé par sa prédécesseure, Shannon Gullberg, n’est toujours pas publié. «Je crois que le rapport a été soumis par Mme Gullberg, indique Mme Gauthier. Cependant, je ne l’ai pas vu, alors je réserverai mes commentaires.»

Le service des communications de l’Assemblée législative confirme que le rapport annuel a bien été rédigé et qu’il se trouve présentement en processus de traduction. On indique que le rapport devrait être présenté durant la présente session législative.


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