Politique territoriale : Le ministère de l’Éducation, cancre du gouvernement?

Le ministre de l’Éducation R.J.Simpson répond à la presse. (Crédit photo : C.A-M)

Le ministre de l’Éducation R.J.Simpson répond à la presse. (Crédit photo : C.A-M)

Si une note avait été décernée au ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, le bonnet d’âne aurait été inévitable.
Le jeudi 6 février, le vérificateur général du Canada a rendu public son rapport sur l’éducation aux Territoires du Nord-Ouest à l’Assemblée législative. Dans le viseur de l’instance, savoir si le ministère remplissait correctement son rôle à savoir « mettre en œuvre un meilleur système d’éducation ». Sont concernées, les classes de la maternelle à la 12e année.
Méconnaissance des dossiers, problèmes dans les calculs, recul de l’enseignement de la culture et des langues autochtones… Le rapport est plus qu’accablant pour le gouvernement.
« Nous avons trouvé des lacunes dans les mesures qu’il avait prises, dans tous les secteurs de notre examen, confie Glenn Wheeler, directeur principal et porte-parole du vérificateur général. Nous sommes grandement préoccupés par nos constatations, étant donné l’importance de l’éducation pour les enfants. »

Trois points de controverse
À la lecture du rapport, trois points cruciaux apparaissent, tous illustrés par le champ lexical de l’échec. Le premier concerne l’enseignement des langues autochtones. Le vérificateur met en évidence que les promesses faites par le ministère, que ce soit en 2010 à la suite d’un premier état des lieux accablant, ou bien au cours de ces dix dernières années, n’ont pas été respectées. Par exemple, alors qu’il s’était engagé en 2011 à augmenter le nombre de « moniteurs de langues autochtones qualifiés », impossible d’en voir davantage aujourd’hui. Ainsi, il est donc « de plus en plus difficile d’assurer la survie de ces langues », peut-on lire. Glenn Wheeler s’inquiète de cette conséquence : « Étant donné le recul de la connaissance des langues autochtones, il est de plus en plus pressant d’agir. »
Le deuxième point négatif touche l’accessibilité à l’éducation. Tous les élèves n’auraient pas un accès similaire à un enseignement, qu’ils se trouvent d’un côté ou d’un autre des Territoires.
Le programme « Apprentissage à distance Nord » – lancé au cours de l’année scolaire 2018-2019 – permet de suivre des cours en ligne. Une bonne idée qui a ses limites : en raison de calendriers scolaires différents, certains étudiants manquent jusqu’à 30 % des leçons.
Dernier point, le suivi des élèves. Le vérificateur met en évidence que le ministère n’aurait fait qu’une « analyse limitée » des données d’enseignement ; un travail important qui aurait pu lui fournir des clés pour transformer un système d’éducation apparemment bancal. En 2015, bien qu’un « plan de surveillance » ait été mis en place, « aucune n’avait fait l’objet d’un examen », souligne le vérificateur.

Une méthode de calcul erronée ?
En feuilletant le rapport, un point étrange saute aux yeux. Le titre de ce paragraphe : « Des problèmes liés à la collecte et à l’analyse des données. » Autrement dit, le taux de réussite scolaire semble avoir été surestimé par le ministère.

À l’appui, un graphique présente deux courbes très différentes l’une de l’autre. On retrouve en pole position une ligne grise représentant les calculs du ministère et nettement en dessous, une seconde ligne, bleue cette fois, représentant ceux du Bureau du vérificateur général du Canada. Ces deux traits symbolisent le pourcentage des élèves ayant obtenu leur diplôme entre 2009 et 2018.


Prenons un exemple : en 2017, le ministère annonce environ 72 % de réussite tandis qu’au même moment le vérificateur n’en trouve que 44 %.
À chaque recommandation énoncée par le rapport, le gouvernement obtempère sans broncher. Il accepte les propositions avancées. Et d’après le ministre de l’Éducation, R. J. Simpson, on tentera de mettre en œuvre les recommandations dans les années futures.
« On va découvrir où il faut concentrer notre énergie, concrètement, les petites collectivités n’ont pas accès à l’éducation qu’elles méritent », explique-t-il avant d’ajouter que « personne ne serait laissé pour compte ».


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