Urbanisme : Le lot  50/50 La clé de voute pour un centre-ville revitalisé??

Le lot 50/50. (Crédit photo : Maxence Jaillet)

Le lot 50/50. (Crédit photo : Maxence Jaillet)

La stratégie d’intensification urbaine – c’est-à-dire, la création d’une plus grande densité de résidents – du plan d’urbanisme de Yellowknife dépend d’une revitalisation du centre-ville. Le centre-ville de la capitale ténoise souffre depuis longtemps d’une fuite vers la banlieue et la périphérie, non seulement des commerces, mais aussi de ses résidents.

Le cœur urbain de Yellowknife souffre d’un problème commun à bien des centres-villes bâtis entre les années 50 et 80 – ils sont dominés par des usages commerciaux et institutionnels, un concept dénommé le central business district. Résultat : le centre-ville est actif à certains moments de la journée, mais vide le soir et fermé le dimanche. Ce problème, exacerbé par le haut taux d’inoccupation commerciale, fait face à une incompatibilité entre la demande et la disponibilité des terrains achetables et des locaux louables.
Le nouveau plan d’urbanisme tente de changer cette situation : le zonage et les règlements seront modifiés pour refléter plus d’usage mixte. Le but est simple : permettre le retour des résidents et des commerces selon leurs termes. À noter que changer le zonage du centre-ville ne rendra pas soudainement l’endroit attrayant ou le prix des propriétés abordable.

L’espoir d’un effet domino
Le terrain communément appelé lot 50/50, à l’angle de la 50e Rue et de la 50e Avenue, est en ce moment un espace de stationnement dans le milieu du centre-ville, mais cela n’a pas toujours été le cas. À une autre époque s’y trouvaient un centre récréatif et une succursale de la Banque Scotia. La ville en est le propriétaire depuis 2014, et depuis le début de l’année elle est à la recherche d’un acheteur. L’intérêt du lot 50/50 est qu’un développement sur ce terrain puisse entrainer un effet domino, amenant une reconfiguration de la 50e Rue et amorçant sa revitalisation.
C’est l’approche du Taylor Architecture Group, qui en 2015 a été mandaté par la ville d’étudier ce qui pourrait y être fait.

Le groupe a mené des consultations auprès du public, qui a souligné les usages suivants comme étant les plus intéressants : centre d’art et centre culturel, espace pour vendeurs itinérants, nouvelle bibliothèque. La vision : des commerces qui ferment plus tard, de plus belles rues, et des usages mixtes résidentiel et commercial.
Le Taylor Architecture Group a proposé la construction d’une place extérieure qui ouvrirait le centre commercial sur la rue, tentant ainsi de revaloriser ses espaces commerciaux, la création d’un espace public plus accueillant et utilisable par les camions-cantines, ainsi que la construction d’un bâtiment public sur le terrain situé entre les bars le Raven et le Gold Range, éventuellement une nouvelle bibliothèque. Ce plan a finalement été rejeté par la ville, qui le trouvait peu convaincant, et le réaménagement du lot 50/50 a été mis en veilleuse.
En 2018, la ville a fait appel à un nouveau consultant, Theia Partners d’Ottawa, pour trouver une façon d’utiliser cet espace. Le document Creating Vibrancy Downtown semble être la base de plusieurs des règlements proposés dans le plan d’urbanisme, mais ne propose aucun projet concret pour le terrain : seulement une stratégie générale pour encourager son aménagement. Cette stratégie explique le désir de la ville de voir un entrepreneur prendre le projet en charge. Theia a aussi proposé la création d’une société de mise en valeur pour le centre-ville, imitant l’exemple de plusieurs autres villes qui ont souffert d’un centre-ville en déclin.

Une « rue des spectacles »
Si le plan du Taylor Architect Group laissait à désirer, ses travaux de recherche auprès de la population de Yellowknife méritent d’être réexaminés. Les priorités des résidents qui y ont été identifiées pourraient être ordonnées en une vision cohérente : la création d’une « rue des spectacles ». Sur le lot 50/50, vu sa centralité et son ouverture sur la rue principale, la ville devrait envisager de placer un nouveau centre d’interprétation (pour remplacer le bâtiment désuet fermé depuis quelques années) combiné avec une nouvelle bibliothèque. La ville d’Iqaluit possède un exemple de ce type de construction, à plus petite échelle : le bâtiment Unikkaarvik. Il serait symbolique qu’un tel immeuble se dresse au cœur de la ville, un espace public qui nous rappellerait le Rec Hall maintenant disparu. Une salle communautaire est aussi une option à explorer.
Le terrain entre les bars le Raven et le Gold Range pourrait devenir une salle de spectacles et une galerie d’art, deux éléments essentiels à la vie culturelle en demande à Yellowknife. La 50e Rue devrait être revitalisée sur tout son long pour accueillir des bâtiments mixtes, de deux à quatre étages, avec des locaux commerciaux au rez-de-chaussée pour accueillir magasins, bars, et autres établissements contribuant à la vie nocturne – ce qui satisferait au besoin de commerces qui ferment plus tard.

Il serait intéressant d’étudier l’exemple de Dawson City, au Yukon, réputée pour savoir faire la fête malgré sa taille. La création d’une société de mise en valeur du centre-ville proposée par Theia pourrait être envisagée dans le but d’acquérir des immeubles ou d’exproprier des propriétaires clés le long de la rue pour en assurer la revitalisation.
Il faudrait prêter une attention spéciale à la conception de la rue : des trottoirs larges, avec bancs et autres composantes que les gens pourraient improviser en tables et chaises. Des parties de la rue devraient être fermées au trafic routier entre 11 h 30 et 13 h 30 sauf pour les Cantines de rue, ainsi qu’après 19 h, pour laisser la voie libre aux gens souhaitant profiter de la rue comme espace convivial.
Une telle approche pourrait donner un vrai souffle à l’effort de revitalisation du centre-ville et munirait Yellowknife de plusieurs éléments qui iraient de pair avec sa réorientation vers l’industrie du tourisme.
En 2019, la Fédération franco-ténoise a ciblé le lot 50/50 comme l’un de ses trois lots potentiels pour édifier un centre communautaire culturel pour la francophonie.


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