Réforme législative : Le futur autochtone

13 septembre 2018
Gladys Norwegian, Cheffe des Premières Nations du Dehcho 
(en bout de table, à droite) témoigne devant le Comité sénatorial sur les peuples autochtones. (Crédit photo : Denis Lord)

Gladys Norwegian, Cheffe des Premières Nations du Dehcho (en bout de table, à droite) témoigne devant le Comité sénatorial sur les peuples autochtones. (Crédit photo : Denis Lord)

« Notre peuple ne devrait pas avoir à prouver qu’il a le droit d’être ici. » Ethel Blondin-Andrews
 

Le Comité sénatorial des peuples autochtones a fait séance à Yellowknife le 10 septembre pour recueillir les témoignages des représentants des peuples autochtones sur les mesures devant être prises pour améliorer leur avenir.
Le Comité, présidé par la sénatrice Lillian Dyck, d’origine crie et chinoise, présentera ses recommandations au gouvernement fédéral sur la meilleure façon de forger une nouvelle relation avec les peuples autochtones au Canada. Le gouvernement doit élaborer prochainement un cadre de reconnaissance et de mise en œuvre des droits des autochtones.


La présidente sortante du Secrétariat du Sahtu, Ethel Blondin-Andrews, et la présidente de la Société foncière de Norman Wells, Sherry Hodgson, ont témoigné ensemble à l’Assemblée législative.
« Notre peuple ne devrait pas avoir à prouver qu’il a le droit d’être ici, a dit Mme Blondin-Andrews. Ils ne devraient pas être des mendiants. Nos enfants doivent être compétitifs en éducation. Je veux que mon peuple ait de bons emplois. Nous voulons posséder et construire des choses. »


Après avoir rappelé les relations tumultueuses du Sahtu avec Imperial Oil, Mmes Blondin-Andrews et Hodgson ont parlé, comme le Comité le leur demandait, de ce que devraient être de nouvelles relations entre le Canada et les peuples autochtones. Mme Blondin-Andrews a affirmé que les règles doivent changer. « Les gouvernements autochtones se battent pour l’argent, a dénoncé la présidente du Secrétariat. C’est mal. Ils doivent avoir des ressources. Diriger un gouvernement, ce n’est pas gratuit. Le combat est constant. C’est un processus sanglant. »
« Avec les mines, le pétrole et le gaz, a-t-elle ajouté, le gouvernement canadien a sorti des millions du Sahtu. Le Sahtu a donné, c’est le temps pour le Canada de regarder cela. Nous voulons l’autoroute de la Vallée du Mackenzie, nous voulons des infrastructures, nous voulons de l’éducation. »


En plus de surenchérir sur la nécessité de l’autoroute précitée, Sherry Hodgson a développé sur les relations singulières qu’aurait un futur gouvernement de Norman Wells avec la municipalité éponyme, qui est la seule collectivité du Sahtu où les autochtones ne sont pas majoritaires.

Langue et culture
Plus tôt en matinée, la nouvelle Cheffe des Premières Nations du Dehcho, Gladys Norwegian, a entre autres parlé de culture et de la langue. Elle a étudié à l’extérieur pendant plus d’une décennie, puis on lui a demandé de se présenter comme cheffe. « Ce n’est pas un travail, a-t-elle dit de celui-ci, c’est une vision que tu veux avoir pour ton peuple. »
Ce que son peuple veut, a précisé Mme Norwegian, c’est, outre la terre, une éducation basée sur la terre, et la revitalisation de la langue. La langue et la culture sont pour elle la même chose. Elle a d’ailleurs dénoncé la traduction simultanée en français de la rencontre, faite en délaissant les langues autochtones locales.


Dans le futur, souhaite-t-elle, les Premières Nations du Dehcho seront « très indépendantes » et se gouverneront elles-mêmes... Et elles seront heureuses ! « Nous avons perdu ça, dit-elle. Nous devons être heureux et les choses vont se remettre en place. »


En lien avec ce bonheur, Mme Norwegian a dit que les changements chez son peuple étaient venus trop vite et que les jeunes semblent perdus, ne pas être prêts pour la « société ».


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