Marc Lacharité (1965-2020) : Le départ du drummer rhinocéros

En 2017, sur une borne électrique du centre-ville de Yellowknife, Marc a peint dans son style coloré, une scène de cueillette de morilles.
(Crédit photo : Sandra Inniss/archives L’Aquilon)

En 2017, sur une borne électrique du centre-ville de Yellowknife, Marc a peint dans son style coloré, une scène de cueillette de morilles. (Crédit photo : Sandra Inniss/archives L’Aquilon)

Enseignant, artiste multidisciplinaire et éternel original aux cheveux longs, Marc Lacharité est décédé à l’âge de 55 ans.

Du sous-sol de son père aux scènes canadiennes en passant par les salles de classe, Marc Lacharité a marqué les esprits aux rythmes de sa batterie. Il nous a quittés le 1er novembre à l’âge de 55 ans. Celui qui a fréquemment séjourné dans le Nord résidait alors à Alma, dans la région du Lac-Saint-Jean, au Québec.


C’est en 1989, à 24 ans, que Marc Lacharité débarque pour la première fois aux Territoires du Nord-Ouest. Un bac en enseignement dans la poche, il devient tout d’abord coordonnateur à la Garderie Plein Soleil à Yellowknife. Engagé dans la communauté francophone, il a entre autres été un pionnier de la radio francophone et le président du conseil d’administration de l’Association franco-culturelle de Yellowknife.


Caroline Lafontaine l’a connu quelques années plus tard lorsqu’elle est arrivée aux TNO, en 1992. Elle se souvient de lui comme d’une personne « très attentionnée ». « Il était capable d’écouter, se remémore-t-elle. C’était certainement une de ses qualités de professeur. Il réfléchissait à ce que tu dis. »


Elle se rappelle partir à la cueillette aux champignons à travers les bois avec lui, comblant ainsi sa curiosité pour la nature. « Il était très intense dans tout ce qu’il faisait, continue-t-elle. Un artiste dans l’âme. »


Des différentes conversations, elle se remémore qu’il s’était mis en tête de repeindre son appartement, de faire des toiles des murs. « Il me racontait ses activités artistiques, peindre pendant trois jours sans arrêt. »


Un peu street artist, Marc aimait peindre sur les roches et les surfaces de la ville. Une borne électrique sur l’avenue des Vétérans, devant l’esplanade du parc Somba K’e, est ornée d’une scène de cueillette de morilles psychédélique exécutée dans son style caractéristique.


Et s’ils ne se voyaient plus trop ses derniers temps, dû notamment aux départs successifs de Marc Lacharité de Yellowknife, Caroline Lafontaine se promène parfois à travers la capitale, à la recherche de certaines de ses peintures, dernières traces d’un passé coloré.

Small Town Rhino
Quand il fait la rencontre de Marc Lacharité, Mike Bryant est serveur et bassiste à ses heures. C’est une connaissance commune qui les présente dès l’arrivée du jeune Québécois.


C’est un coup de foudre musical, une fascination pour un être à la pointe de l’excentricité. « C’était l’homme le plus étrange que j’avais jamais vu, se souvient Mike Bryant. Nous devions faire quelque chose ensemble. »


En mai 1994, avec Dave Milligan, ils forment le groupe Small Town Rhino. Pendant 22 mois, selon les calculs de Mike Bryant, les trois hommes jouent sur de petites scènes locales, avant de se lancer dans le grand bain. « La première année était magique, se souvient le musicien. On est même passés à la radio nationale. »


Le groupe croit dur comme fer à son talent, et tente de percer à Vancouver. L’avenir bientôt rempli de désillusions, la formation se sépare dans les tensions et Marc Lacharité retourne à Yellowknife un temps, avant de repartir au Québec.
« Les années ont passé, et on a oublié pourquoi on s’était fâché. Nous nous sommes retrouvés quand il est revenu à Yellowknife [dans les années 2010], on a parlé du bon vieux temps. » Marc Lacharité voulait « jazzer » à nouveau, « mais j’étais trop fainéant », regrette Mike Bryant.


En 2015, Small Town Rhino aurait fêté ses 20 ans à Folk on the Rocks. « Marc voulait qu’on s’y retrouve, qu’on se reforme pour l’occasion, mais on ne l’a pas fait », raconte Mike Bryant, les pensées tournées vers cet anniversaire loupé.
Sous le pseudonyme Marcojiwan, Marc Lacharité a lancé en 2018 un album de musique progressive déroutante appuyée de ces percussions franches qu’il appréciait tant. Infomercial For A Jazzin’ Porn Academy a été composé et produit entre Yellowknife et Opiciwan, en territoire atikamekw, où l’éternel nomade a également enseigné.


Pour son compagnon de scène, Mike Bryant, Marc restera « l’un des meilleurs batteurs avec lesquels j’ai jamais joué ».


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