Le climat polarise les Canadiens

14 janvier 2021

La pandémie est-elle le meilleur ou le pire moment pour « être ambitieux dans la lutte contre les changements climatiques » ? D’après un sondage du programme Énergie positive de l’Université d’Ottawa, les répondants des Prairies penchent pour le pire moment, tandis que ceux de l’Atlantique et du Québec estiment qu’il faut agir dès maintenant. Les femmes sont aussi plus susceptibles que les hommes de prioriser la protection de l’environnement.

Le sondage visait à connaitre les opinions des Canadiens face aux changements climatiques dans le contexte de la COVID-19.

Questionnés à deux reprises, en juin et en novembre 2020, les Canadiens croient majoritairement (54 %) que « la protection de l’environnement doit être une priorité, même si elle entraine un ralentissement de la croissance économique et une certaine perte d’emplois ». Cette opinion a connu une hausse de 5 % entre juin et novembre.

Les raisons les plus citées pour appuyer cette position est que « nous devons agir maintenant, les changements climatiques ne peuvent pas attendre » et que « la pandémie offre une bonne occasion de changement et met en évidence l’étendue de notre impact potentiel ».

Inversement, 35 % des répondants ont affirmé en novembre que « la croissance et la création d’emplois devraient être la priorité absolue, même si l’environnement souffre dans une certaine mesure », une baisse de 4 % par rapport à juin.

Les défenseurs de cette position soutiennent principalement qu’« il y a d’autres priorités, que l’accent devrait être mis sur la santé et les vaccins » et que « nous devrions attendre que l’économie se soit remise des effets de la pandémie ».

« À première vue, c’est une bonne nouvelle pour Ottawa. Cela suggère que la majorité des Canadiens sont derrière le gouvernement. Mais si l’on examine les chiffres de plus près, on constate que tout n’est pas rose », avertit la présidente d’Énergie positive et directrice de l’Institut de recherche sur la science, la société et les politiques publiques (ISSP) de l’Université d’Ottawa, Monica Gattinger, dans un texte d’opinion paru dans The Hill Times.

Les répondants étaient invités à répondre selon une échelle de 0 à 10, ce qui « aide à révéler la force du désaccord entre les Canadiens […] Lorsque les opinions sont concentrées aux deux extrémités d’un spectre, elles ont tendance à se durcir et à résister aux compromis », indique la professeure Gattinger.

Le résumé du rapport révèle que c’est lorsque les idéologies politiques entrent en jeu que la polarisation est la plus forte. Parmi les quelque 30 % de répondants qui se sont identifiés comme étant « de gauche », 48 % ont répondu 10, soit « absolument le meilleur moment », à savoir si le moment était bien choisi pour « être ambitieux dans la lutte contre les changements climatiques ». Parmi les quelque 23 % de répondants qui se sont identifiés comme étant « de droite », 42 % ont répondu 0, soit « absolument le pire moment ».

Des résultats qui « soulignent que les personnes chargées de tracer l’avenir énergétique et climatique du Canada devront comprendre comment naviguer dans des contextes polarisés », avertit encore Monica Gattinger.


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