Le Nord et l'Internet

 Lorsque le budget de 2019 a engagé 1,7 milliard de dollars de nouveaux fonds pour la connectivité universelle la semaine dernière,

le directeur du bureau régional de l’Internet Society pour l’Amérique du Nord, Mark Buell a posé une bonne question sur Twitter : « Je me demande si 50/10 sera suffisant en 2030 ? »


La triste vérité, c’est que l’idée d’un accès Internet abordable à cette vitesse pour les habitants du Nord vivant à l’extérieur de Yellowknife suffit à vous faire baver. Mais c’est un vœu pieux.


Plusieurs sources ont convenu que l’engagement du Canada dans le budget de 1,7 milliard de dollars en nouveaux fonds n’est pas suffisant pour que tous les Canadiens, en particulier ceux des collectivités nordiques éloignées, profitent de la norme de vitesse nationale du CRTC d’ici 2030.


De plus, le budget ne dit rien sur la façon de rendre l’Internet haute vitesse plus abordable, ce qui constitue un énorme obstacle à l’accès au Nord. Le plus gros problème est qu’une grande partie du plan de connectivité universelle du gouvernement fédéral, qui s’élève à « 6 à 7 milliards de dollars », repose largement sur les investissements du secteur privé.


Il y a d’énormes obstacles géographiques à surmonter pour les 33 collectivités réparties aux Territoires du Nord-Ouest. Nous savons tous à quel point attendre après des entreprises de télécommunication pour améliorer le service a bien fonctionné dans les régions où rien ne le stimule économiquement. Demandez aux résidents de Tuktoyaktuk comment ça leur convient de payer plus de 300 dollars par mois pour 50 Go d’Internet basse vitesse.


Le Budget de 2019 indique : « L’une des meilleures façons d’assurer la croissance de l’économie est d’investir dans la classe moyenne. »


Le meilleur moyen de créer une économie pour tous, y compris les habitants du Nord, est d’investir le cout réel d’un Internet rapide, abordable et fiable pour les lieux les plus difficiles à connecter en premier.


Le gouvernement peut également renforcer son investissement en soutenant des solutions de connectivité qui mettent le pouvoir entre les mains des communautés du Nord.


Plutôt que de s’appuyer sur des investissements d’entreprises de télécommunications privées qui n’ont pas nécessairement l’intérêt de tous à cœur, le gouvernement peut financer davantage de solutions de connectivité pilotées par les communautés qui permettent aux habitants du Nord d’être leurs propres fournisseurs de services Internet.


En octobre dernier, l’Indigenous Connectivity Summit de l’Internet Society a présenté des exemples de réussite de plusieurs réseaux communautaires autochtones en Amérique du Nord qui ont créé des solutions d’accès à Internet selon leurs propres termes.


Mettre la connectivité entre les mains des communautés autochtones entrainerait une série d’avantages, notamment l’autodétermination, le renforcement des capacités et le développement économique, sans oublier de donner à tous l’accès à un outil de base indispensable à la prospérité de la société moderne.


Si le gouvernement du Canada est déterminé à créer une économie pour tous – y compris pour le Nord –, il doit en faire plus. Il peut commencer par établir un accès rapide, abordable et fiable à Internet aux endroits les plus difficiles à connecter en premier.


Il peut également travailler avec les communautés autochtones et du Nord à chaque étape du processus pour créer des solutions qui sont actuellement pertinentes et bénéfiques pour le Nord.


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