Économie : La vie après les diamants

13 septembre 2018
Le sous-ministre des Finances David Stewart, en compagnie du ministre des Finances, Robert C. McLeod, et de Sandy Kalgutkar, secrétaire adjoint du Conseil de gestion financière. (Crédit photo: Denis Lord)

Le sous-ministre des Finances David Stewart, en compagnie du ministre des Finances, Robert C. McLeod, et de Sandy Kalgutkar, secrétaire adjoint du Conseil de gestion financière. (Crédit photo: Denis Lord)

Le ministre des Finances présente ses prévisions budgétaires 2019-2020.
 

Les députés des Territoires du Nord-Ouest ont rivalisé de constats sévères sur la situation économique et de solutions alors que le ministre des Finances Robert C McLeod présentait au Comité permanent des priorités et de la planification un avant-gout du budget 2019-2020, le 7 septembre dernier.


Le député de Frame Lake Kevin O’Reilly a bien résumé les défis de l’économie ténoise en parlant de la vie après les diamants et plusieurs de ses collègues ont fait écho à l’extinction imminente — les diagnostics varient de cinq à 20 ans — de cette vache à lait qui sent déjà un peu le suri.


Le sous-ministre des Finances David Stewart a effectivement tracé un portrait morose de la situation. Les revenus ont continué de diminuer au fil des ans alors que croissaient les dépenses, a-t-il expliqué. Pour 2019-2020, le gouvernement devrait hériter d’un surplus d’opérations de 23 M$.


Se situant aux alentours de 300 M$ la dette à court terme du GTNO a passablement crû, dans un contexte, où, a souligné M. Stewart, la Banque du Canada a annoncé une augmentation du taux d’intérêt. Globalement, la dette des TNO se situe à 1,1 milliard de dollars alors que la limite d’emprunt est fixée 1,3 milliard.


Côté bonne nouvelle, M. Stewart a annoncé que « l’aide du Canada devrait augmenter de 53 M$ y compris le Transfert canadien en matière de santé et le Transfert canadien en matière de programmes sociaux. » Il y aura aussi une augmentation de revenus des Fonds pour les infrastructures et d’autres programmes, ce qui est également positif même si un investissement conjoint est conditionnel à l’accès à ces fonds.


Si une augmentation potentielle des revenus se dessine pour 2020, elle pourrait au mieux atteindre la première tranche des 40 M$; on ne retournera pas aux années fastes de la dernière décennie.


Échos
En commentaires, le député de Yellowknife North, Cory Vanthuyne, a demandé un plan plus agressif pour augmenter la population ténoise et donc les subsides fédéraux, conséquemment à la formule de financement des territoires (FFT). Lors de la précédente assemblée législative, a-t-il fait remarquer, le GTNO avait fait part d’un plan pour augmenter la population ténoise de 2000 personnes. M. Vanthuyne a demandé où en était la réalisation de ce plan.


M. McLeod a admis ne pas connaitre ce plan, qui n’a pas été mis de l’avant lors de la présente Assemblée. Pour ce qui est de la FFT, la Loi prévoit que la formule soit renégociée tous les cinq ans, a rappelé M. McLeod, le prochain terme étant en 2019. Mais les prochaines modifications ne porteront que sur des formalités, prévoit-il.


Un plan d’affaires conjoint avec les organisations autochtones serait bénéfique pour les TNO a commenté le député de Nunakput, Herbert Nakimayak, qui a aussi déclaré que le GTNO devrait augmenter sa présence dans le passage du Nord-Ouest et remplacer en partie le fédéral.


« Il n’y a pas de plan d’affaires comme tel, mais il y a une concertation régulière, a rétorqué le ministre des Finances Robert C McLeod. [...] Nous échangeons sur la diversification de l’économie et les occasions d’affaires. »


Le GTNO, a rappelé Kevin O’Reilly, avait promis de faire mieux que le fédéral à l’époque du transfert des responsabilités. Selon lui, le GTNO devrait analyser les revenus qu’il tire de ses ressources naturelles. D’autre part, alors que le tourisme est une source croissante de revenus, le député de Frame Lake considère que le gouvernement devrait investir sans tergiverser dans ce domaine, notamment dans un centre des visiteurs « décent ».

Emplois et relations avec le fédéral
Le député de Hay River North R.J. Simpson a déploré que les TNO n’aient jamais bénéficié du coup de pouce qu’ont eu les provinces avec l’autoroute Transcanadienne. « La formule de financement des territoires, analyse M. Simpson, c’est de l’assistance sociale, juste assez pour qu’on reste à la même place. Nous n’avançons pas à la vitesse que nous devrions alors que nous avons tout ce qu’il faut pour changer le produit intérieur brut du Canada. »


M. McLeod a concédé que les TNO possèdent beaucoup de ressources. « Mais si le Canada continue de nous traiter comme une sorte de parc géant pour le plaisir du reste de pays, cela nous met dans un coin, » a-t-il ajouté.
« Ce qui m’attriste, de dire Cory Vanthuyne, c’est quand je reçois des appels de citoyens qui me disent : nous faisons nos valises, parce que nous ne pouvons plus nous permettre de vivre ici. »


Dans la même note, son collègue de Hay River North s’attriste du départ de citoyens, de la fermeture de petites entreprises et du manque de maisons pour abriter les travailleurs. « À Hay River, une demi-douzaine de propriétaires de petites entreprises m’ont dit qu’ils étaient prêts à quitter les TNO, dit M. Simpson. Ils ont de la misère à trouver des employés. »

Soins à domicile
Le député de Tu Nedhé-Wiilideh Tom Beaulieu, qui préside le Comité permanent des priorités et de la planification, a proposé d’engager des travailleurs de soins à domicile, en raison notamment de l’économie générée par le maintien à domicile des personnes âgées. Il suggère en outre que le Collège Aurora forme des agents de conservation pour les parcs qui vont se développer dans les TNO, rappelant que le Canada a investi l’an dernier trois milliards de dollars dans la conservation.


Le ministère des Finances s’attend à recevoir les recommandations du Comité permanent des priorités et de la planification en octobre; il devrait produire le budget principal des dépenses en novembre et présenter le budget entre la mi-février et la mi-mars 2019.


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