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Articles de l'Arctique, 10 décembre 2021 : La rencontre de la délégation des Premières Nations avec le Pape au Vatican a été reportée

09 décembre 2021
Adeline Webber fait partie de la délégation des Premières Nations qui se rendra au Vatican en 2022. Membre de la nation Teslin Tlingit du Yukon, Mme Webber qui est une survivante du système des pensionnats souhaite présenter au Pape François, l’histoire des survivants. (Crédit photo : Nelly Guidici)

Adeline Webber fait partie de la délégation des Premières Nations qui se rendra au Vatican en 2022. Membre de la nation Teslin Tlingit du Yukon, Mme Webber qui est une survivante du système des pensionnats souhaite présenter au Pape François, l’histoire des survivants. (Crédit photo : Nelly Guidici)

Initialement prévue le 20 décembre 2021, cette rencontre entre les 13 délégués des Premières Nations et le Pape François a été reportée en 2022, à une date qui n’a pas encore été communiquée. En raison de la pandémie de COVID-19 et de l’apparition récente du variant Omicron, la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald, a fait cette annonce le 7 décembre 2021 lors de l’Assemblée extraordinaire des chefs qui s’est déroulée pendant trois jours dans un format virtuel.

Des inquiétudes ont été soulevées au sein de l’APN alors que le variant Omicron, apparu le 9 novembre 2021 en Afrique du Sud, touche non seulement l’Europe, mais aussi le Canada. Certains membres de la délégation sont des personnes ainées vulnérables et les risques de contracter la maladie lors d’un voyage international sont très préoccupants pour les membres de l’Assemblée.

« La santé et le bienêtre de nos délégués et de leurs familles sont [notre priorité] et nous ne voulons pas les mettre en danger », a indiqué la cheffe.

Deux autres délégations représentant l’organisme Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et le Ralliement national des Métis se joindront à la délégation de l’APN et rencontreront le Pape lors d’audiences distinctes. Cassidy Caron, présidente du Conseil national des Métis et élue en septembre 2021, sera la cheffe de la délégation qui regroupe huit délégués. L’ITK n’a pas encore annoncé le nom des membres de sa délégation qui sera dirigée par son président, Natan Obed.

 

Un premier pas vers la réconciliation

Cette rencontre s'inscrit dans le processus de la réconciliation et des appels à l’action du rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) de 2015. Dans un communiqué de presse du 25 novembre 2021, le chef de la délégation et Chef régional de l’APN pour les TNO, Norman Yakeleya, a déclaré que cette rencontre « est la prochaine étape de la concrétisation de l’appel à l’action 58 de la CVR ».

Cet appel à l’action demande expressément au Pape de formuler, au nom de l'Église catholique, des excuses aux survivants des pensionnats, à leurs familles et aux collectivités concernées. Cet appel stipule également que la teneur de ces excuses soit « semblable à celles faites en 2010 aux Irlandais qui avaient été victimes de mauvais traitements ».

Pour la déléguée représentant le Yukon et membre de la nation Teslin Tlingit, Adeline Webber, cette rencontre avec le Pape est une première étape du processus de réconciliation.

Décrivant cette audience comme une circonstance opportune, elle souhaite relayer son expérience personnelle en tant que survivante du système des pensionnats, mais elle espère aussi être la porte-parole de l’ensemble des survivants et expliquer les difficultés auxquelles ces personnes font face.

« Nous faisons de notre mieux pour tendre la main aux Églises et elles nous ont répondu, ce qui est une bonne chose. Nous ne cherchons pas à blâmer qui que ce soit, nous voulons simplement que ce qui a été fait dans le passé soit reconnu pour pouvoir aller de l’avant aujourd’hui. Nous voulons nous assurer que la tentative de génocide sur notre peuple ne se reproduise plus jamais », indique-t-elle.

De son côté, la délégation métisse souhaite présenter la culture et l’identité métisses durant leur audience, mais également les expériences vécues par les survivants métis.

« Nous voulons partager les histoires de la Nation métisse avant la colonisation, les témoignages de nos survivants et notre héritage avec le Pape », explique Mme Caron.

 

Des excuses très attendues

La rencontre entre les trois délégations et le Pape au Vatican devrait être suivie par une visite du Pape François sur le sol canadien. Si aucune date n’a été communiquée à ce jour, son importance symbolique est de taille. Les peuples des Premières Nations, les Inuits et les Métis s’attendent à recevoir des excuses officielles de sa part. Pour Mme Webber, le message ne devrait pas être un simple message d’excuse, mais l’intention derrière les mots devrait refléter la volonté de reconnaitre les torts causés par l’Église ainsi que la volonté de les réparer.

« [Le message du Pape] devrait refléter les actions qu’il compte prendre pour honorer les excuses », déclare la déléguée pour le territoire du Yukon.

Pour Piita Irniq, homme politique inuit et ancien commissaire du Nunavut de 2000 à 2005, des excuses officielles sont indispensables au processus de réconciliation et de guérison. Cependant, une attention particulière doit être accordée à la formulation d’un tel message. En 2008, M. Irniq a participé à la rédaction des excuses officielles présentées aux survivants des pensionnats, par l’ancien premier ministre Stephen Harper. Il estime que le message d’excuses, quel que soit le statut de la personne qui l’exprime, doit avoir une signification forte pour l’ensemble des peuples autochtones, inuits et métis du Canada.

« Les excuses [présentées par] le Pape doivent inclure les [mêmes tournures de phrases] que les excuses du premier ministre. [Son message] devrait exprimer des excuses sincères et demander pardon aux peuples autochtones du Canada pour les avoir si profondément trahit », précise-t-il.

Enfin, Mme Caron souhaite souligner l’importance de l’expression d’un pardon sur le sol canadien. Des excuses formulées depuis le Vatican n’auraient pas la même signification et ne répondraient pas aux exigences formulées dans l’appel à l’action du rapport de la commission.


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