Vote en ligne : La cybersécurité mise en doute

S’il reconnait les bénéfices associés à la possibilité de voter en ligne, le Dr Aleksander Essex, professeur associé en ingénierie de logiciels de la Western University d’Ontario, appréhende que de futures élections qui incluent le mode de scrutin en ligne ne soient discréditées en raison de l’opacité entourant le processus de vote.
« Le vote en ligne est une chose formidable… jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus, a résumé Dr Essex. Les gens doivent comprendre que nous n’avons pas nécessairement besoin d’un pirate informatique pour discréditer une élection. Il suffit d’un candidat déclaré perdant, qui remet le résultat en doute, qui ne peut obtenir de preuves suffisantes que le tout a été mené en bonne et due forme, et qui remet l’ensemble du système en question. »
La directrice générale des élections des TNO, Nicole Latour, présentait également ce printemps son Rapport annuel sur l’adminis­tration de l’élection générale territoriale de 2019. La directrice s’y montrait favorable au maintien du vote électronique tel qu’offert aux Ténois lors de ces élections. Elle a présenté son rapport devant le Comité permanent des opérations et des procédures le 10 juin.
Une consultation publique doit également avoir lieu cet été.

Le recomptage compromis
Au chapitre du vote en ligne, l’expert ne fait actuellement état d’aucun cas de fraude majeure d’élections. Or, vu la nouveauté de ce type de scrutin, les administrateurs d’élections n’auraient qu’une vision limitée des écueils qui pourraient miner de futures élections. Le Dr Essex souligne notamment les enjeux liés à l’utilisation des données transmises par les électeurs, à l’enregistrement des électeurs avant le vote, ou encore, à la crédibilité des résultats aux yeux des candidats.
Par exemple, un recomptage aussi rigoureux que le permettent les bulletins de vote papier ne serait actuellement pas possible avec les bulletins de vote électroniques. « Le recomptage se ferait essentiellement de la même manière que le dépouillement initial, explique Dr Essex; un tel recomptage ne permettrait pas de confirmer ou d’infirmer le résultat d’un vote hors de tout doute. »
Aux TNO, les circonscriptions comptent relativement peu d’électeurs et sont particulièrement sujettes aux recomptages. Le député de Frame Lake et président du comité, Kevin O’Reilly, a d’ailleurs souligné avoir lui-même été élu avec une avance de 11 voix aux dernières élections. Ce résultat serré avait fait l’objet d’un dépouillement judiciaire.

Des tests limités
À l’heure actuelle, la sécurité des systèmes de vote électronique est vérifiée par ce que l’on appelle des « test d’intrusion », une sorte de piratage volontaire des systèmes visant à en détecter les failles. Comme l’explique Dr Essex, pour assurer l’entière sécurité d’élections, ces tests de ne suffisent pas.
Les tests qui ont été effectués jusqu’à présent pour mettre à l’épreuve les systèmes de vote en ligne seraient similaires à ceux effectués pour les sites de transactions bancaires ou d’achats en ligne. « Une élection est complètement différente, explique Dr Essex. En achetant un produit en ligne, on peut détecter un problème, comme un produit qui n’est pas livré, et en aviser la compagnie. À l’heure actuelle, dans le cadre d’une élection, il est impossible pour l’électeur d’avoir la preuve que son vote a été correctement comptabilisé. »
« Pour sa part, la banque a accès à un ensemble d’informations sur le client. En principe, aucune information personnelle ne devrait être associée à un bulletin de vote, ce qui est le cas dans le cadre du vote électronique. Le simple fait d’avoir votre date de naissance et votre lieu de résidence, par exemple, peut permettre de vous identifier. »

Où vont les données ?
De plus, comme l’ajoute souligne Dr Essex, les informations entourant le vote sont transmises à des serveurs. Selon lui, bien que les fournisseurs de services – des compagnies privées – embauchés pour la tenue d’élection garantissent que tous bulletins de vote demeurent secrets, rien ne garantit à l’heure actuelle qu’elles ne revendront pas les données compilées, sous forme de statistiques, comme le font les entreprises de télécommunication.
« Certaines juridictions en Ontario ont tenu des élections sans autres options que le vote électronique. Ainsi, l’électeur qui choisit de ne pas prendre de risque et de ne pas partager ces informations n’aura d’autre choix que de ne pas voter », souligne-t-il.
Les TNO devenaient, à l’automne 2019, la première administration publique canadienne à employer le vote électronique dans le cadre d’une élection législative. Aux dernières élections générales, 3,7 % des électeurs ténois ont opté pour ce type de scrutin. Le vote électronique a également été employé ailleurs au Canada, à l’échelle municipale, notamment en Ontario et en Nouvelle-Écosse. L’Île-du-Prince a eu recours à cette méthode dans la cadre d’un référendum.


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages

Salle de rédaction de Yellowknife
C.P. 456, Yellowknife, NT, X1A 2N4
T 867 766-5172
Administration
Direction | Maxence Jaillet
C.P. 456, Yellowknife, NT, X1A 2N4
T 867 766-5172
Publicité nationale
Lignes Agates Marketing | Anne Gaudet
C.P. 614, Oakville , ON, L6J 0A2
T 905-599-2561