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Centre communautaire ou scolaire communautaire? : La FFT aura un rôle neutre

26 novembre 2004
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La FFT n’a pas à prendre position en faveur de la construction d’un centre scolaire communautaire ou d’un centre communautaire. Elle doit plutôt « jouer un rôle de facilitateur » entre les parties afin d’arriver à la meilleure entente pour les francophones de Yellowknife. C’est, à peu de choses près, ce que déclare une résolution adoptée à la majorité lors de l’Assemblée générale annuelle de la FFT.

Il y a quelques semaines, lors d’une réunion spéciale de la table de concertation de Yellowknife visant à faire échanger les parties impliquées dans ce débat, le président de la FFT, Fernand Denault avait déclaré que « la FFT supporte le projet de centre scolaire communautaire ».

Durant l’Assemblée générale de la fédération, le président de l’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), Martin Dubeau, a demandé des précisions sur cette déclaration. Il voulait savoir s’il s’agissait de la position du président ou du conseil d’administration de la Fédération. Ce à quoi Fernand Denault a répondu que « ça a été discuté durant l’exercice », laissant ainsi entendre que le CA n’avait pas donné son aval.

Les représentants des communautés d’Inuvik, Fort Smith et Hay River, quant à eux, semblait tous d’accord pour dire que ce débat était d’abord local et qu’ils seraient bien embêtés de se prononcer dessus advenant un vote à ce sujet au CA de la FFT. C’est donc Gerry Gaudreault de Hay River qui a fini par proposer la résolution sur la neutralité de la FFT.

Rencontré à l’issue de l’AGA, Fernand Denault se disait prêt à vivre avec la décision de ses membres, mais n ‘entend pas rétracter ces anciens propos. « Ça ne change pas ce qui a été dit. Ce qui est dit est dit. La proposition nous dit que dans le futur nous devrons éviter de tenir les mêmes propos. Je respecte la décision de notre AGA. L’Assemblée est souveraine et c’est là qu’on prend nos mandats, c’est là que l’on prend notre raison d’être et je n’ai pas de problème avec ça », a déclaré le président.

M. Denault, qui avait lui-même voté contre la proposition, a refusé de préciser plus avant sa position dans le dossier. « La façon dont les membres ont voté à la table lors d’une prise de décision, cela ne m’importe peu. Ce qui est important c’est la décision et quand la décision est prise c’est le mot d’ordre. »

À ce chapitre, le président de l’AFCY, Martin Dubeau, rappelle que la FFT avait déjà joué ce rôle de facilitateur auquel on lui demande, aujourd’hui, de se cantonner. C’est la FFT qui avait entrepris les démarches pour qu’une assemblée spéciale de la table de concertation ait lieu afin de débattre de ce dossier.



Précision

Le directeur général du Conseil de développement économique des TNO (CDÉTNO), André Routhier, a lui aussi voulu affirmer sa neutralité dans le dossier. C’est le CDÉTNO qui avait présenté le projet de centre communautaire soutenu par l’AFCY. Mais, précise M. Routhier, l’implication du Conseil de développement économique dans ce dossier se résume à une relation de client à organisme.

L’AFCY avait mandaté le CDÉTNO pour faire une présentation de ce projet à la ville de Yellowknife, c’est ce qu’elle a fait.

« À l’AGA de la FFT il y a eu quelques commentaires qui ont laissé entendre que le CDÉTNO appuyait le concept du centre communautaire, commente le directeur générale du Conseil. Je veux souligner que le CDÉTNO n’appuie aucun projet en particulier dans la mesure où on lui a donné un mandat et il l’a rempli. »

« En business, ajoute-t-il, s’il y avait deux personnes qui venaient me voir pour développer un restaurant je n’ai pas à prendre partie sur le type de restaurant ou sur qui je favoriserais. [..] Mon travail c’est de développer des concepts et de monter un plan d’affaires en conséquence. Je n’ai pas à prendre partie. […] À la limite, si l’Association des parents ayants droit de Yellowknife [qui défend l’option scolaire communautaire] venait nous voir pour nous demander de faire des esquisses et une évaluation financière de ce que serait un centre scolaire communautaire, nous pourrions le faire. »

« Je peux parler de ma position personnelle, conclu-t-il narquoisement, mais on ne parle pas de ça dans les médias. »



Aréna Gerry-Murphy



Dans un autre ordre d’idées, la dernière assemblée municipale de Yellowknife a permis d’en savoir plus sur la position de la ville quant à l’avenir du site de l’ancien aréna Gerry Murphy, où on espérait pouvoir bâtir un éventuel centre communautaire francophone. Les conseillers ont adopté une résolution qui stipule que le projet retenu devra être d’abord un espace public qui profitera à l’ensemble de la population.

Est-ce que cela signifie que le centre communautaire ne verra pas le jour à cet emplacement ? Non, répond le maire Gordon Van Tighem. Pour l’instant toutes les options demeurent envisageables. « À partir des présentations et autres soumissions que nous avons reçues, un rapport sera produit et apporté au comité ad hoc en charge du dossier. Quand nous aurons toutes les informations en main, une proposition sera déposée au conseil. Ce rapport n’a pas encore été produit. Alors, au moment où l’on se parle aucun projet n’est exclu. Mais la motion votée par l’assemblée est que cet espace doit être principalement public, alors cela ne permet pas vraiment d’envisager qu’un projet de bâtiment soit retenu. » Toutefois, ajoute-t-il avant d’éclater d’un bon rire franc, « L’espace publique peut inclure un bâtiment accessible publiquement. »