Admissions scolaires : La CSFTNO veut être partie prenante

Simon Cloutier, président de la CSFTNO. (Archives L'Aquilon)

Simon Cloutier, président de la CSFTNO. (Archives L'Aquilon)

Caroline Cochrane évoque le risque d’« ouvrir les vannes » de l’anglicisation dans les écoles de langue française.
 

Lorsque le gouvernement des TNO mènera des consultations sur l’admission de non-ayants droit dans les écoles francophones, ainsi que s’y est personnellement engagée, la première ministre, la Commission scolaire francophone des TNO (CSFTNO) souhaite prendre part à l’élaboration du processus.


« On aimerait ça faire partie du processus d’élaboration de la consultation », indique le président de la CSFTNO, Simon Cloutier. Il se dit ouvert à une consultation qui s’adresserait plus directement aux familles francophones, à condition que cela ne soit pas une façon d’écarter la commission scolaire de ce dossier qui l’interpelle directement.
Immédiatement après son élection à la tête de la 19e législature ténoise, le 24 octobre, au cours du tout premier point de presse qu’elle a accordé, la première ministre Caroline Cochrane a réitéré son engagement pris en campagne électorale de consulter la communauté francophone quant à l’admission de non-ayants droit. Ces consultations constituent une « première priorité » pour celle qui occupait le poste de ministre de l’Éducation dans l’administration précédente.


Pas question de revenir sur sa parole : « Parfois on dit que je suis d’une honnêteté brutale, indique la première ministre désignée. La franchise est, chez moi, à la fois une force et une faiblesse. Vous saurez toujours à quelle enseigne je loge. »
Caroline Cochrane insiste pour dire que ce sont les familles francophones qu’elle souhaite entendre plutôt que leurs institutions. « Mon engagement n’était pas que la commission scolaire allait choisir, ni que moi je le ferais, rappelle-t-elle, mais bien que j’allais demander l’avis de la communauté francophone. Il s’agit de leur vie. Je suis une femme métisse. Nous avons perdu notre langue. Pour moi, la langue, c’est fondamental; ce n’est pas un atout dans sa main que l’on joue à des fins politiques. »


Ouvrir les vannes

Si la première ministre fait montre d’ouverture dans le dossier des admissions, elle estime toujours que l’approche restrictive du gouvernement – qui refuse systématiquement toutes les demandes d’admission qui ne correspondent pas aux critères définis dans la directive ministérielle soutenues par la commission scolaire – était la bonne, voire qu’il s’agissait d’une position courageuse.
« J’ai fait un choix difficile immédiatement avant l’élection, commente Caroline Cochrane, et je savais que j’allais en payer le prix. Mais je me suis dit : “Je préfère être la ministre qui a dit ‘non’ à ouvrir grandes les vannes et à laisser les enfants anglophones entrer [dans les écoles de langue française].” Je ne voulais pas être cette ministre dont on dira, dans 50 ans : “c’est elle qui a ouvert les portes et maintenant nous avons perdu notre langue, les enfants parlent en anglais dans la cour, notre conseil scolaire est à moitié anglophone, les parents sont anglophones.” »
Selon Caroline Cochrane, l’approche au pied de la lettre du ministère correspond aux désirs de certains parents francophones qui craignent qu’on accepte trop légèrement des non-ayants droit dans les écoles de langue française.
« Quand j’ai hérité du dossier pour la première fois, au départ, mon instinct me soufflait que n’importe quel enfant peut fréquenter l’école de son choix, raconte Caroline Cochrane. Mais ensuite, lorsque j’ai pu échanger avec certains ayants droit, on m’a dit “mais, tu sais, c’est pour préserver notre langue, et notre langue, c’est notre culture.” Alors j’ai pris un peu de recul et je me suis demandé si c’était approprié pour moi, en tant que ministre, de prendre une telle décision; était-ce approprié pour la commission scolaire de prendre cette décision ? »
Pour Simon Cloutier de la CSFTNO, cette déclaration témoigne d’une incompréhension du dossier et relève d’une représentation caricaturale de la position défendue par la commission scolaire.
« Ça démontre qu’il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire de notre part », dit-il.
« La première ministre évoque la possibilité d’une inondation d’élèves anglophones, alors que moi ça fait des mois que je répète qu’on ne parle, ici, que de sept refus [d’admission], dans deux écoles, en quatre ans, soit une moyenne de moins d’un élève par école par année. Moi, je n’appelle pas ça une inondation. »
Le président de la commission scolaire se demande en outre à qui Caroline Cochrane a demandé conseil. « Il n’y a eu absolument aucune communication entre la ministre de l’Éducation de l’époque [la première ministre Caroline Cochrane] et la commission scolaire; aucune communication entre la ministre de l’époque et les familles impliquées, note-t-il. Alors mon point, toujours le même, revient : comment peut-on juger que les enfants de ces familles-là viendraient diminuer la qualité du français dans nos écoles quand on n’a même pas pris le temps de leur parler ? »
« C’est quand même étrange que la [première] ministre affirme dans son point de presse avoir pris le temps de parler à certains ayants droit, poursuit-il. Je peux vous dire que ce n’était pas nous parce qu’on ne nous a pas parlé. Ce n’était pas les familles impliquées parce qu’on ne leur a pas parlé. La [première] ministre semble avoir déjà fait son idée avec les quelques communications qu’elle a eues, alors qu’elle ne s’est pas entretenue du tout avec aucune des parties prenantes. »

Ouvert à collaborer
Le président de la CSFTNO s’estime encouragé par l’élection d’un gouvernement aux intentions progressistes. « Nous sommes prêts à travailler avec celui ou celle qui sera le ou la prochaine ministre de l’Éducation », dit-il, en ajoutant avoir de bons espoirs de renouer les relations. Selon lui surtout, la CSFTNO veut demander une audience avec le prochain ministre responsable de ce dossier.
« La lettre est déjà écrite. Nous n’attendons que de connaitre l’identité du ou de la ministre [de l’Éducation] pour la mettre à la poste. »


Ajouter un commentaire
Vous désirez laisser un commentaire en tant que : Anonyme
Mon compte

Politique des commentaires

L'Aquilon désire encourager des débats intelligents et respectueux entre les utilisateurs de son site Web. Nous voulons créer une plateforme où divers points de vue et opinions peuvent être exprimés sur une vaste variété de sujets.

Cependant, nous avons décidé d'établir un mécanisme de modération complète. Ainsi, tout commentaire est lu et évalué par un modérateur avant d'être mis en ligne sur le site. La modération est effectuée par les membres du personnel de L'Aquilon, selon un horaire variable. Un délai plus ou moins long peut survenir entre l'envoi d'un commentaire et son autorisation.

D'emblée, tous les articles produits par les membres du personnel et par nos pigistes permettront aux lecteurs d'émettre un ou des commentaires. Cependant, il est possible que l'option de commentaire soit désactivée en raison d'un manque de disponibilité pour effectuer la modération ou lorsqu'un article perd de son actualité.

Voici les paramètres qui guideront les modérateurs : - Éviter tout propos discriminatoire, en suivant les principes de la Charte canadienne des droits de la personne. - Éviter tout propos qui constituerait du libelle ou pourrait être perçu comme étant diffamatoire.

- Éviter le langage abusif, les injures ou les insultes

En acceptant les termes de cette politique des commentaires, vous reconnaissez que le journal ne peut être tenu responsable pour la publication de vos commentaires.

Seuls les usagers inscrits et acceptant la politique des commentaires peuvent émettre un commentaire.

Suivez-nous
Changer de ville
Sondage

Aucun sondage sur le site présentement!

Voir tous les résultats des sondages

Salle de rédaction de Yellowknife
Journaliste | Denis Lord
C.P. 456, Yellowknife, NT, X1A 2N4
T 867 766-5172
Administration
Direction | Maxence Jaillet
C.P. 456, Yellowknife, NT, X1A 2N4
T 867 766-5172
Publicité nationale
Lignes Agates Marketing | Anne Gaudet
C.P. 614, Oakville , ON, L6J 0A2
T 905-599-2561