Gouvernance postsecondaire : L’union fait la force

04 avril 2019
Donald DesRoches. (Crédit photo : Denis Lord)

Donald DesRoches. (Crédit photo : Denis Lord)

Le partenariat en éducation peut offrir des avantages à toutes les parties.

Alors que le Collège nordique francophone (CNF) spécule sur son rôle dans un hypothétique modèle fédératif utilisé pour la future université des TNO, d’autres institutions canadiennes-françaises connaissent du succès en partenariat.


D’eux d’entre elles ont fait l’objet d’une présentation au CNF le 26 mars dernier devant un public averti comprenant, outre des membres du conseil d’administration du CNF, le directeur de projet de l’examen de fondation du Collège Aurora, Chris Joseph, et des administrateurs de cet établissement.


Par écran interposé, les recteur et vice-recteur de l’Université de Hearst, Luc Bussière et Marc Bédard se sont exprimés sur les particularités de leur institution et sa relation avec l’Université Laurentienne.


Avant de recevoir le statut d’université en 2014, Hearst a passé par différents stades, de séminaire (1953) à collège (1959) puis à collège universitaire (1972).


« Il a fallu développer notre niche, le meilleur écosystème possible », explique Marc Bédard. Ce créneau original, c’est notamment celui des cours en blocs intensifs, c’est-à-dire trois heures du même cours du lundi au jeudi durant trois semaines.


L’Université de Hearst, qui possède trois campus (Hearst, Timmins et Kapuskasing), se démarque aussi par les stages, l’interdisciplinarité et le recrutement international.

Affiliation
L’Université de Hearst s’est affiliée à l’Université Laurentienne en 1963. Elle reçoit directement son financement et possède son propre bureau de directeurs. Par contre, c’est l’Université Laurentienne qui décerne les diplômes et qui a le dernier mot sur l’aspect pédagogique.


« Les changements aux programmes doivent être admis par l’Université Laurentienne, explique Luc Bussière. Ils ne comprennent pas toujours nos gestes pédagogiques. »


« Il faut parfois travailler à les convaincre de la validité de ce qu’on fait », ajoute Marc Bédard, qui précise que la barrière linguistique pose parfois problème. « Mais ils posent de bonnes questions, ça nous donne des défis. »

Dans l’Est
Le président du Collège de l’Ile (Île-du-Prince-Édouard), Donald DesRoches, a passé quelques jours aux Territoires du Nord-Ouest et en a profité pour présenter l’endroit qu’il dirige et qui, a-t-il souligné, a été fondé par un groupe de francophones, comme le CNF.


Le Collège de l’Ile propose entre autres des programmes en sciences infirmières, en soins de la petite enfance et en affaires.


Le Collège de l’Ile a démarché plusieurs partenaires, y compris au Nouveau-Brunswick, avant de s’entendre avec le Holland College à Charlottetown.


Les deux organisations conservent leurs espaces et leur conseil d’administration spécifiques mais ont beaucoup de choses en commun, par exemple la couverture médicale.


Pour éviter de futurs malentendus avec le Holland College, M. DesRoches dit avoir mis au clair dès le début ses priorités, à savoir une certaine indépendance et la nécessité de préserver un environnement francophone.


Ce souci répond à une étude affirmant que plusieurs étudiants voulaient retrouver après leurs études postsecondaires une ambiance d’immersion, chose qui existait au niveau universitaire (Université d’Ottawa, par exemple), mais non au niveau collégial.


L’immersion est un créneau important pour le Collège; il recrute plusieurs personnes qui n’ont pas étudié assez longtemps le français pour prétendre être bilingues et obtenir des emplois classés comme tels, par exemple au gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard.


« Nous faisons aussi du recrutement dans les classes d’immersion des écoles secondaires », explique M. DesRoches.


Mais l’établissement a aussi une clientèle internationale, par exemple des travailleurs mexicains du domaine de la santé qui suivent ici des cours de langue et font la mise à niveau de leur formation afin de pouvoir travailler au Canada.
L’institution a d’autres partenariats de moindre envergure, par exemple avec le Collège Saint-Félicien (Québec) et le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

Des points en commun
La directrice générale du Collège nordique, Josée Clermont, a vu beaucoup de similarités entre son institution et le Collège de l’Ile et dit avoir trouvé le discours de M. DesRoches très inspirant.


« Le Collège ne s’est pas bâti du jour au lendemain, remarque Mme Clermont. Ça s’est fait projet par projet. Nous sommes où il était il y a 10 ans. »


Selon elle, le partenariat entre les deux collèges insulaires offre plusieurs avantages. Ils profitent d’une économie d’échelle, les étudiants peuvent suivre des cours dans les deux collèges sans avoir à s’inscrire deux fois et la présence d’étudiants de différentes cultures et langues enrichit la vie étudiante.


À l’écoute des conférenciers, la directrice générale du Collège nordique francophone se dit impressionnée par « la résilience des francophones en milieu minoritaires ». « À l’Université de Hearst, par exemple, souligne Mme Clermont. Ça a été dur pour eux. Mais leur message est : soyez audacieux, foncez. »

Le futur du CNF
Le projet de loi 48 (sur l’éducation postsecondaire) a été remis à un comité permanent après sa seconde lecture le 14 mars dernier. Il reste à voir quand et comment il sera finalisé.


Mme Clermont dit apprécier l’effort du gouvernement à légiférer dans ce domaine, mais précise qu’en attendant la règlementation qui en découlera, le projet de loi dit peu de choses.


Le projet de loi 48 parle de plusieurs niveaux de reconnaissance, avec par exemple un créneau pour la formation professionnelle privée.


« Nous ne savons pas encore si nous allons être une école privée, publique ou autre, concède la directrice du CNF. Mais nous ne pourrons pas devenir un collège public au sens habituel du terme. »


La Ville de Yellowknife préconise un partenariat entre les institutions postsecondaires des TNO comme base de la future université polytechnique, mais le projet de loi n’en fait pas mention.


« Ça reste une de nos options, dit Mme Clermont. Ça nous intéresse si on peut garder notre gouvernance et recevoir du financement. Nous ne voulons pas nous faire avaler par une grosse machine. »

Conférences
La présentation du 26 mars, en anglais, faisait partie d’une série de conférences sur l’éducation postsecondaire organisées par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Le sous-ministre associé à l’éducation postsecondaire, Tom Weegar, chargé de la transformation du Collège Aurora, a donné  trois fois la même conférence.


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