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L’organisme FOXY célèbre ses 10 ans

Pour le 10e anniversaire de Foxy, l’organisme a rassemblé sous un même toit 24 jeunes des trois territoires, engagés dans les programmes FOXY et SMASH, pour une retraite de neuf jours à l’hôtel Blachford, aux Territoires du Nord-Ouest. (Courtoisie FOXY)

Pour le 10e anniversaire de Foxy, l’organisme a rassemblé sous un même toit 24 jeunes des trois territoires, engagés dans les programmes FOXY et SMASH, pour une retraite de neuf jours à l’hôtel Blachford, aux Territoires du Nord-Ouest. (Courtoisie FOXY)

Fondé en 2012, l’organisme qui fait la promotion de la santé sexuelle et mentale a jusqu’à présent touché plus de 7000 jeunes à travers le Grand Nord canadien.

Thomas Ethier
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

Kiera Boulanger-Rowe terminait ses études secondaires à l’école Boréale de Hay River, en 2015, lorsqu’elle a rencontré l’équipe de FOXY pour la première fois. C’est aujourd’hui à titre de coordonnatrice de programmes que la bachelière en sociologie et études de femmes célébrait ce printemps le 10e anniversaire de l’organisme, en compagnie de 24 jeunes rencontrés dans les écoles du Grand Nord.

Fondé aux Territoires du Nord-Ouest par Candice Lys et Nancy McNeill, FOXY étend aujourd’hui ses activités du Yukon jusqu’au Nunavut, en passant par les collectivités ténoises. Les jeunes convives ont afflué des trois territoires ce printemps, pour investir une fois de plus les quartiers généraux de l’hôtel Blachford, aux TNO, havre qui accueille chaque année les retraites organisées par l’organisme pour les jeunes les plus engagés des collectivités.

 

Des questions en mutation

En ce qui la concerne, Kiera Boulanger-Rowe a laissé les intervenantes de FOXY orienter ses choix d’étude et de carrière. « Elles ont passé huit heures avec nous dans notre école, et, à la fin de la journée, je me suis dit que je devais travailler avec elles, partage la résidente francophone de Hay River. C’est grâce à FOXY que j’ai choisi mon domaine d’étude, et aujourd’hui je m’engage aussi à temps plein pour les jeunes du Nord. »

Depuis sa fondation, FOXY s’est donné pour mission d’échanger avec les jeunes pour de cerner les questions de l’heure en matière de sexualité, de santé mentale et de relations. Trois concepts intimement reliés qui trouvent leurs défis dans chaque région, d’année en année. « Je ne crois pas qu’on pourra dire un jour qu’on a tout fait, qu’on aura répondu à toutes les questions », souligne l’experte.

Comme l’auront démontré les deux dernières années, l’évolution des mentalités en matière de santé mentale et sexuelle ne freine pas l’apparition de nouveaux enjeux. « Depuis le début de la pandémie en 2020, on observe beaucoup d’anxiété sociale, rapporte Mme Boulanger-Rowe. Beaucoup de jeunes nous partagent aujourd’hui ces craintes, ce qui est très nouveau. Ils cherchent à se faire des amis, à s’engager dans un environnement social, mais avec les protocoles auxquels nous avons été habitués avec la COVID-19, se rassembler et commencer à socialiser génère beaucoup de stress. »

Les médias sociaux contiennent aussi leur lot de défis pour la génération Z. « Depuis la fondation de FOXY en 2012, les jeunes ont de plus en plus de questions sur la façon de naviguer des relations en ligne, ajoute-t-elle. Est-ce légal de s’envoyer des photos nues ? Quels sont les risques ? Il est important de répondre à ces questions. On nous partage aussi des préoccupations liées à la confiance en soi face aux vedettes des réseaux sociaux. Ce n’est pas tout à fait nouveau, mais on continue à naviguer ces enjeux qui évoluent. »

 

Des outils de protection

Selon l’experte, dans bien des collectivités, incluant les capitales territoriales, en 2022 comme 10 ans plus tôt, les écoles ne comblent pas nécessairement les besoins des jeunes en matière de santé sexuelle et mentale. « Souvent, lorsqu’on entre dans une école, une enseignante aura de bonnes connaissances sur la sexualité, mais pas nécessairement les outils pour parler de santé mentale, par exemple. Dans certaines écoles, personne n’a étudié la sexualité pour être en mesure d’éduquer les jeunes. »

« Il y a des enjeux différents dans chaque collectivité, et on s’arrange pour être en mesure de répondre à toutes les questions le mieux possible, explique-t-elle. Il y a beaucoup de questions sur la manière d’utiliser des contraceptifs, par exemple. Certaines jeunes filles croient qu’elles peuvent tomber enceintes en pratiquant le sexe oral. »

« On parle aussi beaucoup des relations saines, poursuit Mme Boulanger-Rowe. Plusieurs jeunes ne réalisent pas que certains gestes peuvent être considérés comme de l’abus et qu’elles se trouvent dans une relation malsaine. On parle également de consommation de drogue, de la manière de protéger notre ami, de déterminer qu’une personne doit aller à l’hôpital, par exemple.

Notre mission est de leur donner les outils pour combler leurs besoins, là où il y a vraiment un manque dans le Nord. Le taux d’infections transmises sexuellement est encore très élevé dans les collectivités du Nord, souligne-t-elle. Il y a également de l’abus dans certaines familles et certaines relations romantiques. Nous sommes là pour outiller les jeunes et les aider à se protéger. »

Comme le confirme Mme Boulanger-Rowe, les fondatrices se sont butées à certaines réticences au moment de livrer leurs premiers ateliers sur la sexualité. Depuis, des relations se sont forgées à travers le nord, et les mentalités ont évolué. « Au fur et à mesure que les gens de mon âge, qui ont eu davantage d’éducation sexuelle, prennent des rôles dans des écoles, des organismes ou au gouvernement, les choses changent », explique la coordonnatrice.

« Certaines personnes dans des rôles de décisions n’ont pas eu beaucoup d’éducation sexuelle. Elles ne savent pas vraiment ce qui leur manque, ce qu’elles-mêmes devraient savoir, poursuit-elle. On reçoit aujourd’hui des courriels de gens qui ont été témoins des résultats de FOXY et qui nous demandent de visiter leur collectivité. Les choses ont vraiment évolué. »

 

Pour les jeunes, par les jeunes

D’abord conçu pour les jeunes femmes – ainsi qu’aux personnes trans ou non binaire –, l’organisme s’est éventuellement élargi avec la branche SMASH, offerte aux jeunes s’identifiant au genre masculin. Fidèle aux principes de FOXY, cette décision de séparation viendrait, elle aussi, des jeunes.

« Quand la fondatrice a demandé aux élèves la forme que ce projet devait prendre, explique Mme Boulanger Rowe, les jeunes femmes lui ont dit qu’elles se sentaient moins à l’aise de s’exprimer ouvertement dans un groupe avec de jeunes hommes ».

Fidèle à ce principe, et pour s’assurer d’une juste représentation des générations, les tournées de FOXY dans les collectivités incluent deux jeunes, rencontrés dans les écoles, qui agissent à titre de facilitateurs auprès de leurs pairs. Kiera Boulanger-Rowe a d’ailleurs occupé ce rôle dans le cadre de ses premiers engagements avec l’organisme.

« Le fait d’avoir des jeunes dans l’équipe nous permet vraiment de nous informer, poursuit-elle. Elles et ils vont nous dire “non, ce ne sont pas vraiment des questions que nous avons, c’est plutôt ces questions qu’on se pose”, et, à partir de là, nous pouvons nous assurer que nous ne dirons pas n’importe quoi aux autres jeunes des collectivités que nous connaissons moins bien, et que nous pourrons aborder des questions que se posent vraiment les jeunes du Nord. »


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