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L’immigration francophone en quelques questions

La ville de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, peine à attirer et retenir ses nouveaux arrivants. (Archives Médias ténois)

La ville de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, peine à attirer et retenir ses nouveaux arrivants. (Archives Médias ténois)

Le Forum des Réseaux d’Immigration francophone s’est tenu en ligne du 8 au 10 mars 2022.
Au menu, les difficultés et les pistes d’amélioration de la situation de la francophonie en milieu minoritaire au Canada : immigration, emploi et rétention ont été les mots-clés de ces trois jours de conférence.

Lambert Baraut-Guinet
IJL – Réseau. presse – L’Aquilon

Les programmes fédéraux tentent d’attirer de plus en plus de francophones dans les provinces et territoires où cette langue est minoritaire. En ligne de mire, l’objectif affiché par Immigration Canada de maintenir un chiffre de 4,4 % d’immigration annuelle francophone hors Québec.

 

Une immigration francophone insuffisante

Dans un rapport publié en novembre 2021 et évoqué le mercredi 9 mars 2022 dans le cadre du Forum des Réseaux en Immigration francophone (RIF), l’estimation des admissions de 2001 à 2020 affiche aussi peu que 1,6 % de résidents permanents d’expression française.

Un manque criant donc, d’immigrants francophones au Canada hors Québec – ainsi que d’immigrants permanents – les statistiques d’Immigration Canada ne comptabilisant aucune personne titulaire d’un visa temporaire. Exit donc du compte les travailleurs temporaires, les jeunes professionnels et autres PVTistes, pourtant fortement incités à visiter le Canada et à combler le manque de main-d’œuvre dans de nombreux secteurs stratégiques.

 

Des problématiques similaires dans presque tout le Canada

Le forum, qui réunissait l’ensemble des acteurs de l’immigration francophone hors Québec, a permis d’aborder de manière exhaustive les problématiques propres à l’installation et à l’accueil de nouveaux arrivants dans les communautés francophones en milieu minoritaire : emploi, statut d’immigration, intégration et rétention.

Trouver un emploi est donc la première étape. Obtenir un statut d’immigrant stable ensuite. Puis, ou en même temps, s’intégrer et s’épanouir pour rester. Tels sont les enjeux de ces organismes qui souffrent de ne pas parvenir à atteindre les objectifs fixés par le gouvernement.

À chaque région du Canada ses spécificités. Car même si l’emploi ou la barrière de la langue s’avère être une variable capitale dans tous les territoires et toutes les provinces, certaines régions rencontrent des difficultés supplémentaires : climat, accès au logement ou encore isolement géographique.

 

Des initiatives pour l’emploi local

À Yellowknife, ces trois facteurs sont bien connus. Ils sont d’ailleurs prépondérants dans l’attraction potentielle qu’exercent les Territoires du Nord-Ouest sur les candidats à l’immigration.

Le Conseil de Développement économique des Territoires du Nord-Ouest (CDÉTNO) organise régulièrement des Cafés emploi pour faciliter le contact entre les employeurs à la recherche de main-d’œuvre et les futurs travailleuses et travailleurs. Quinze entreprises et 45 emplois ont par exemple été proposés au début du mois de mars aux candidats.

Ghyslain Letourneau, agent en immigration et recrutement au CDÉTNO et immigré francophone maintenant résident permanent, évoque notamment les programmes engagés dans la rétention de l’immigration aux Territoires du Nord-Ouest : « La Communauté francophone accueillante (CFA) organise de nombreuses activités pour rassembler les nouveaux arrivants francophones, notamment en faisant des échanges avec des Canadiens par le biais d’activités de jumelage. Ça aide, même si ce n’est pas encore très connu. »

Car une des difficultés reconnues, au-delà du recrutement et de l’immigration temporaire dans les provinces et territoires anglophones, c’est bien la rétention : comprendre la capacité à retenir une personne issue de l’immigration à l’endroit où elle est arrivée au Canada.

Une difficulté particulière pour les trois territoires, et Yellowknife en particulier, comme l’explique Ghyslain Letourneau : « La plupart des personnes partent de Yellowknife parce qu’elles n’obtiennent pas le visa qu’elles souhaitent ou alors déménagent pour rejoindre leurs familles ailleurs au Canada. »

 

COVID-19 : lourdes répercussions sur l’intégration et l’immigration

La situation est également compliquée par la pandémie de COVID-19. « C’est très dur, et la pandémie a bloqué l’immigration de francophone au Canada en général », conclut M. Letourneau. Le sujet a d’ailleurs été évoqué également lors des conférences panterritoriales début février, puis début mars lors du Forum Réseau Immigration Francophone.

Le constat est rude pour un certain nombre de secteurs habituellement dynamiques dans le recrutement de personnel issu de l’immigration, comme le tourisme, l’hôtellerie et la restauration.

« Ces emplois, par lesquels les premiers arrivants commencent habituellement leur installation, ces survival jobs, sont très importants », expliquait notamment le conseiller en emploi pour le réseau Emploi Alberta, Ridha Atiou.

Il évoque également les conséquences que la pandémie a eu sur les formations et l’apprentissage de l’anglais, si importants pour les nouveaux arrivants en milieu minoritaire.


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