L’Arctique au défi de la crise climatique

La Semaine de l’Arctique est présidée par l’ambassadrice française pour les Pôles, Ségolène Royal. (Crédit photo : Dominique Claudon)

La Semaine de l’Arctique est présidée par l’ambassadrice française pour les Pôles, Ségolène Royal. (Crédit photo : Dominique Claudon)

Paris accueille l’Arctic Week, du 10 au 15 décembre. L’occasion de rassembler, en symposium, nombre d’experts exerçant dans des contrées arctiques, non arctiques et de faire le point sur leurs recherches. Notamment sur ce qui touche aux bouleversements environnementaux au pôle.

Paris — « Je n’ai pas de boule de cristal, pour prédire un avenir catastrophique, et je n’aime pas ce qualificatif… mais la situation est grave ! » Ainsi s’exprime, ces jours-ci à Paris, Emmanuèle Gautier, directrice du groupement de recherche français « Arctique : enjeux pour l’environnement et les sociétés ».
Au cœur d’un ministère d’une France bousculée par de grandes grèves, la chercheuse attire notre attention sur la déliquescence en cours du pergélisol dans l’Arctique – du Canada jusqu’à l’Asie. Bienvenue à Arctic Week 2019, colloque international voulu non pas par des alarmistes réels ou supposés, mais par la diplomatie française.
« La dégradation du pergélisol s’accélère dans le mauvais sens très rapidement », poursuit la géomorphologue-hydrologue, confrontée au phénomène du réchauffement climatique. « C’est surtout durant l’hiver que les températures augmentent dans les régions arctiques, de plus de trois à plus de six degrés. » Or les conséquences ne sont pas seulement les émissions accrues de gaz à effet de serre (méthane, principalement), mais également l’augmentation – de 30 % – du débit des rivières, l’aggravation des risques naturels (inondations), la perturbation de la navigation fluviale, entre autres éléments d’un quasi-jeu de dominos.

Des chasseurs appauvris
La crise climatique influe aussi sur la vie quotidienne et la condition économique des Inuits. En Sibérie, les chasseurs de martre, cette source de revenus pour les Autochtones, sont très dérangés par les sauts de températures, par exemple un écart de -50° à -8°, provoquant une succession de transformations de la neige qui compliquent la chasse à ce petit mammifère carnivore.
« Quand l’homme et ses chiens courent après la [martre], ils ont de la difficulté, car une telle couche neigeuse supporte le poids de l’animal, mais pas celui de ses poursuivants ! », nous raconte Alexandra Lavrillier, anthropologue au centre de l’équipe organisatrice de la Semaine de l’Arctique.
« Lorsque la chasse est mauvaise et que vous avez un mois et demi pour gagner l’argent de toute une année, vous comprenez que ces populations ont de moins en moins de moyens pour vivre, assurer leurs besoins les plus élémentaires », fait remarquer celle qui est par ailleurs directrice adjointe au Centre européen pour l’Arctique, laboratoire de l’Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines.


Opportunités de transport maritime
Si le changement climatique a des effets inquiétants au sommet septentrional du globe et bien au-delà, il génère en parallèle des opportunités à saisir. C’est du moins le point de vue de Jean-Louis Étienne, ce médecin devenu un fameux explorateur du Nord, un auteur de livres et de documentaires.
« Quand la glace pluriannuelle aura totalement disparu, on aura une meilleure vision de la voie maritime centrale par le pôle Nord. Des brise-glaces vont être mis au point pour cette zone. Donc on monte des hubs, en l’occurrence des ports de conteneurs, en Alaska, sur – pourquoi pas ? – la côte nord-ouest du Canada. Il existe des projets en Islande notamment, l’idée étant que les navires, en toute saison, pourront amener sur des hubs des conteneurs, qui sont repris par des brise-glaces et traverseront », explique-t-il en entrevue.


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