Kronik Épidémik du 12 juin 2020

Suivre l’actualité québécoise et canadienne en s’arrachant littéralement les cheveux et chérir le rêve impossible que ça cesse. Qu’après l’arrêt, plutôt que de reprendre, ça se renverse, ça s’écroule pour de vrai. Ce pouvoir de mort. Ce pouvoir de merde. Cette logique néolibérale assassine. Ce projet de destruction de la terre et du vivant en continu. Peu importe ce qu’on détruit, en autant qu’on développe l’économie, n’est-ce pas ? Toujours cette ritournelle ad nauseam, cette excuse qui justifie tout. Et les enfants de nos enfants pourront s’alimenter de produits de synthèse et respirer de l’air artificiel dans les souterrains de ce monde, pour ce qu’on en a à faire.
On en a marre, on vous dit. On ne veut plus de ce modèle destructeur, plus de colons crosseurs aux commandes, plus de marionnettes aux discours creux qui nous prennent pour des caves et nous entubent en secret. L’environnement n’est pas à vendre ! Ça prend quand même un minimum de bêtise et de cruauté pour s’acharner sur une biosphère déjà sinistrée.
Avec le projet de loi 61, à l’aide d’un système de compensation financière, le gouvernement Legault transforme même les employés du ministère de l’Environnement en promoteurs de projets industriels destructeurs pour le territoire québécois. Faut le faire. Ça va gueuler tantôt. Et descendre dans la rue massivement, souhaitons-le. Et je ne parle pas de ce qui se passe en Alberta. Un véritable cauchemar pour tous les amoureux de la nature et de la vie.
Ce n’est pas comme si on ne les avait pas vus venir de loin avec leurs gros sapins, avec leurs gros sabots d’urgence sanitaire. Le beau cover, la belle opportunité, toi. Profitons-en donc pour faire des affaires ! Octroyons-nous des pouvoirs immenses pendant qu’on le peut, au profit de l’entreprise privée, au détriment du peuple et des générations futures, toujours. Rendons impossible toute forme de protestation et de contestation. Donnons carte blanche à nos ti-namis les ingénieurs, les promoteurs, les contracteurs, les ouvriers de la destruction. Récompensons au passage les comtés – et que les comtés – qui ont voté pour nous ! Exactement comme le faisait Duplessis dans les années cinquante. Non, mais. Que de progrès !
Et pendant ce temps, les faillites, l’endettement et la galère se poursuivent chez les petits commerçants, les restaurateurs, les travailleurs du milieu culturel et touristique… Laissés pour compte. Et les pauvres diables qui ont touché la prestation canadienne d’urgence peut-être même s’ils n’y étaient pas admissibles, parce qu’ils considèrent qu’ils ont autant le droit de vivre (manger, se loger) que l’employé du gouvernement fédéral ou le pilote d’avion payé malgré tout, et bien on leur prépare de belles peines d’emprisonnement ! … AND JUSTICE FOR ALL… Ça va bien aller, disent-ils, mais surtout pour nous.


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