Kelvin Kotchilea : « le temps sera mon allier »

23 septembre 2021
Originaire de Behchoko, Kelvin Kotchilea s’est présenté sous la bannière néodémocrate. (Courtoisie NPD)

Originaire de Behchoko, Kelvin Kotchilea s’est présenté sous la bannière néodémocrate. (Courtoisie NPD)

Heureux de la confiance que lui ont accordée les électeurs des Territoires du Nord-Ouest, le candidat du NPD, Kelvin Kothilea, souhaite aujourd’hui s’allier aux ONG et aux dirigeants autochtones pour s’attaquer aux enjeux sociaux qui affligent les collectivités.

Thomas Ethier – IJL – Territoires

Le NPD a fait des progrès considérables aux Territoires du Nord-Ouest depuis les élections de 2019. Le candidat de Behchoko, Kelvin Kothilea, est arrivé en seconde place, devançant ainsi la candidate conservatrice – silencieuse tout au long de la campagne électorale –, pour se positionner à seulement 829 votes du libéral Michael McLeod.

Le jeune politicien en est à sa seconde élection en moins de trois mois, lui qui briguait un siège en juillet dernier à l’Assemblée législative des TNO, pour représenter la circonscription de Monfwi. Quelle sera la suite de son engagement politique ? Médias ténois en a discuté avec lui.

 

Êtes-vous satisfait des résultats de ces dernières élections ?

Je suis heureux de ma place dans ces élections, sachant que je suis nouveau en politique. Il est bien de voir que je suis arrivé très près de Michael [McLeod]. Cela démontre que les TNO sont prêts pour un changement. Ce changement n’est tout simplement pas pour maintenant. Je suis très optimiste pour le futur et pour les prochaines élections.

 

Comment s’est passée votre campagne électorale ?

Après des rencontres avec des organismes à but non lucratif, des dirigeants autochtones et de membres des collectivités, j’ai su prendre un bon élan. Je n’ai pas pu aller au bout de mes efforts, puisqu’il s’agissait d’une courte campagne et que la pandémie nous a empêchés de voyager, mais j’ai certainement senti l’appui des électeurs.

Je décrirais cette campagne comme unique, puisqu’elle prenait place en pleine pandémie. Les résidents étaient en position de vulnérabilité. J’ai compris qu’ils veulent voir du changement et souhaitaient faire entendre leur voix. Malheureusement, l’éclosion en cours a beaucoup restreint nos déplacements. C’était une question de sécurité pour les résidents et pour mon équipe. Nous ne voulions mettre personne à risque d’être exposé à la COVID-19. Nous ne voulions pas faire partie du problème.

Nous voulions visiter Hay River, Fort Smith ou encore Fort Simpson, et même prendre l’avion vers les collectivités du nord du territoire, et rencontrer les résidents en personne. J’ai gagné du terrain en m’engageant avec les OBNL et les dirigeants autochtones, mais ce qui nous a affectés au jour des élections, c’est le fait que je n’ai pas pu rencontrer les électeurs en personne.

Comment vivez-vous la victoire de Michael McLeod ?

Je veux le féliciter pour sa victoire. Je crois qu’il a l’appui des collectivités, c’est ce que démontrent les résultats. Je crois que les gens ont voté pour le candidat, et non pas pour le parti. Je lui souhaite la meilleure des chances d’ici les prochaines élections.

 

Et pour vous, quelle est la suite des choses ?

Pour l’instant, je vais retourner travailler pour le gouvernement des TNO, dans le secteur des finances. Je poursuis présentement des études à l’Université Athabaska pour développer mes compétences. Je crois que je vais sans doute saisir la prochaine occasion, quand ce sera le bon moment pour moi-même et pour ma famille.

 

Quelle pourrait être cette prochaine occasion ?

Compte tenu de types de changements que j’aimerais voir dans le Nord, et du type d’impacts positifs que j’aimerais avoir, des changements s’imposent aux paliers territorial et fédéral. En rencontrant les organismes et les dirigeants autochtones, j’ai constaté qu’ils recherchent l’engagement de leadeurs dévoués et passionnés, qui veulent faire partie d’un mouvement. Je crois que c’est ce que j’ai démontré, et j’ai pu créer des relations significatives.

Plusieurs personnes tentent de s’attaquer aux enjeux sociaux du Nord et aider les personnes les plus vulnérables, envers lesquelles j’éprouve beaucoup d’empathie. Après tout, elles représentent une importante proportion des TNO. Nous devons faire en sorte qu’elles se fassent entendre et je veux faire partie de la solution.

 

Concrètement, comment comptez-vous vous engager ?

En acquérant davantage de compétences dans le cadre de mes études, je deviendrai un meilleur atout en matière de planification et de budgétisation. C’est l’une de mes forces, et je crois que c’est une compétence centrale dans un poste de direction. Il est primordial de savoir où l’argent doit être dépensé, quels programmes sont les plus efficaces, et de savoir précisément ce que nous sommes en mesure de faire avec les types de fonds qui sont disponibles.

J’ai une solide expérience en finances et je serai en mesure d’aider tous types d’organismes en ce sens. Je serai également en mesure de m’inscrire en porte-parole. Les organismes ont besoin d’une personne capable de bien communiquer et de créer des relations avec les gens. Je crois qu’il s’agit également d’une force chez moi.

Je suis heureux de la confiance que les résidents m’ont accordée lundi, en tant que potentiel prochain membre du Parlement canadien. Je sens que le temps sera mon allier, et j’ai hâte aux prochaines élections.

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Roland Laufer,le candidat du Parti vert a récolté 2,5 % du vote aux Territoires du Nord-Ouest.

Médias ténois : Comment s’est passée cette campagne pour vous ? Comment avez-vous rencontré les résidents du Nord et qu’est ce que vous avez tiré de cette campagne ?

Roland Laufer : Ça a commencé il y a un an quand j’étais ici à Yellowknife et quand j’ai connu Matthew Grogono qui m’a invité à son domicile. Il m’a donné la chance de connaitre les gens qui habitent sur le lac, avec une vie alternative. Ça a toujours été une idée pour moi, j’ai toujours eu une forte envie de vivre avec la nature et non pas contre la nature, c’est ainsi que j’ai rencontré les gens du Parti vert à Yellowknife et j’ai aussi connu beaucoup d’artistes. Il y a deux semaines, j’ai été approché par le Parti vert pour être candidat et j’ai dit absolument !

Je voulais montrer qu’il y avait des gens à Yellowknife qui sont réellement intéressés par l’environnement.

Mt : M. Laufer, la circonscription des TNO a été remportée par le Parti libéral pour une troisième fois. Qu’est-ce que vous pensez des résultats alors que vous n’avez pas été élu ?

RL : C’est un processus très long, car le Parti vert n’est pas très fort et il y avait aussi des problèmes dans le Parti et ici au Nord. Les gens doivent avoir du travail et le Parti libéral est très fort ici, car ils disent toujours qu’ils travaillent pour l’économie et tout ça, mais l’économie, c’est aussi la place de la nature comme dans l’industrie environnementale. Mais l’industrie environnementale n’est pas encore représentée ici, nous n’avons aucune industrie qui travaille pour l’environnement, donc les objectifs que peut accomplir le Parti vert ne sont pas encore très connus. C’est ce que j’espère changer d’ici les quatre prochaines années, car je n’arrête pas la campagne, je continue la campagne électorale jusqu’aux prochaines élections.

Mt : Quelles ont été les réponses des gens que vous avez rencontrés concernant cette élection, est-ce qu’ils se disaient désintéressés ou intéressés ?

RL : Je n’ai pas voyagé, pas du tout [durant la campagne]. Ici à Yellowknife il n’y avait pas grand intérêt envers l’élection, mais plutôt sur les candidats, sur les nouveaux candidats et les nouvelles idées. Beaucoup de gens m’ont dit « Si je n’aimais pas les autres partis, j’aurais voulu voter vert, mais il y a des choses que je ne connais pas ». Ici au Nord, il y a plus d’intérêt envers les gens, les candidats, qu’envers le gouvernement.

 

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La candidate indépendante Jane Groenewegen a récolté 12,7 % des votes aux Territoires du Nord-Ouest, la plaçant derrière la candidate conservatrice Lea Anne Mollison qui a obtenu 14,4 % des voix.

Mme Groenewegen souhaite le meilleur au candidat libéral élu, Michael McLeod, tout en espérant que les montants dépensés lors de la campagne portent fruit aux TNO. « Les promesses électorales de partis politiques sont intéressantes, mais il semble y avoir des complications quand il s’agit de les respecter », explique-t-elle.

Il est important de rappeler que la candidate indépendante n’est entrée dans la course que trois semaines avant les élections. « En prenant un pas de recul, j’aurais souhaité avoir clarifié davantage mes positions pour pouvoir les partager avec les électeurs. Ça a été une décision rapide et nous avons fait de notre mieux sans avoir une plateforme électorale rédigée par un parti national », poursuit Mme Groenewegen.

Elle ne pense pas se représenter en politique. Plusieurs autres projets sont en marche pour la résidente de Hay River et elle souhaite diminuer sa charge de travail pour passer davantage de temps avec son mari. « Je pense laisser la chance à quelqu’un d’autre pour prendre les devants en politique », ajoute-t-elle.

Pour le prochain mandat libéral, elle aimerait voir davantage de programmes de soutien pour les personnes mal logées et vulnérables dans le Nord. Elle espère aussi qu’une réflexion sera faite sur les moyens possibles pour se prémunir face aux catastrophes naturelles dues au changement climatique.

« Je souhaite qu’on travaille fort à préparer les Ténois.e.s à participer à la relance d’une économie vibrante », conclut Jane Groenewegen.


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