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Étirer le plaisir : Journée internationale de la francophonie

22 mars 2002
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Ce qui n’empêche pas les francophones et francophiles de souligner à leur façon cette journée de 1970 où l’Agence intergouvernementale de la francophonie a vu le jour au Niger. Prévoyant la chute démographique de la mi-mars, les écoles francophones et d’immersion ont mis sur pied leur semaine française du 11 au 15 mars, dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie.

Nouveau millénaire et distance obligent, la technologie est au service de la francophonie pour les étudiants des T.N.-O. Aux écoles William MacDonald et Allain St-Cyr de Yellowknife, un échange virtuel a rapproché une centaine d’étudiants de niveau secondaire.

D’un côté de l’écran, les jeunes en immersion française de l’école secondaire William MacDonald et les étudiants de 8e et 9e de Brigitte Widmer, enseignante à Allain St-Cyr. De l’autre, une soixantaine de jeunes de l’École internationale de Laval, au Québec. « Chaque jeune jumelé avec un autre doit écrire un récit d’aventure à relais », explique Martine Boulet-Pelletier, responsable du projet. Un héros d’ici et de là-bas, que les jeunes se partagent à travers de nouvelles aventures. La structure du récit respecte le programme d’études de français. Et le projet suscite des rapprochements. « Les jeunes veulent clavarder ensemble. Je crois même que certains le font déjà. » Pour l’enseignante, qui doit jongler avec les aspects moins enchanteurs de la technologie et les pépins techniques, le projet suggéré par les Rendez-vous de la francophonie crée une ouverture sur le monde. « L’école de Laval est une école multiculturelle fréquentée par des Vietnamiens, des Marocains, des Italiens… » Dès le retour en classe, les jeunes reprendront leur récit et ce, jusqu’à la fin du mois d’avril.

Les tout-petits ne se frottent pas encore à l’Internet, mais savent crayonner sur le papier. Les étudiants de Sylvie Hayotte-Rourke, de l’école J. H. Sissons de Yellowknife ont fait un échange de dessins avec 70 étudiants de l’école pour enfants handicapés Jean-Piaget, du Québec. Les 7 à 9 ans ont envoyé à leur correspondant un dessin sur le Nord. « Il y avait beaucoup d’aurores boréales et de caribous ! » s’exclame Sylvie, organisatrice. Chaque étudiant a joint à l’œuvre un court texte. Les textes et dessins en provenance du Québec devraient arriver au début du mois d’avril et seront affichés sur les murs de l’école primaire.

L’école Mildred Hall, qui offre un programme de français de base, a entraîné ses 310 étudiants à participer à la semaine française. Organisées sous le thème du Carnaval de Québec et du Caribou Carnaval, les trois journées ont été ponctuées de concours et de parades. Selon Heather Greenwood, inciter des jeunes qui ne maîtrise pas la langue à s’investir dans les activités est difficile, mais « pour beaucoup d’étudiants, on a vu un changement. » Le français par le jeu, qui délaisse les pupitres, permet un apprentissage plus fécond. « Ils ont réalisé qu’ils comprenaient les mots employés par Les Bûcherons », illustre l’enseignante.

Le duo d’hommes des bois de l’Alberta, invité par l’école Allain St-Cyr, a également célébré la francophonie à Hay River. La Fédération Franco-TéNOise, de concert avec la commission scolaire franco-phone de division, ont appuyé le projet. Des ateliers de poterie et de sculpture sur neige, offert par Michel Martel, ont ravivé l’héritage canadien-français auprès des jeunes de l'école.