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Immigration francophone : « la communauté franco-ténoise est un groupe mobile »

09 décembre 2021
Guillaume Deschênes-Thériault rappelle que le Canada est un pays d’immigration, 80% de la croissance de la population canadienne est due à celle-ci. (Crédit Photo : Courtoisie/Twitter)

Guillaume Deschênes-Thériault rappelle que le Canada est un pays d’immigration, 80% de la croissance de la population canadienne est due à celle-ci. (Crédit Photo : Courtoisie/Twitter)

Depuis 2020, deux chercheurs ont analysé le parcours des immigrants francophones installés aux Territoires du Nord-Ouest dans le but de favoriser leur intégration. Portrait d’un groupe mobile guidé principalement par les opportunités professionnelles.

Marine Lobrieau
IJL – Réseau.presse – L'Aquilon

Derrière cette étude, on trouve Stéphanie Bacher et Guillaume Deschênes-Thériault, deux doctorants de l’Université d’Ottawa. Commandée par le Réseau en Immigration francophone des TNO et financée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, les résultats de cette recherche permettent de mieux comprendre les individus qui composent ce flux migratoire essentiel au développement du Nord. « Nous avons besoin de personnes pour participer à la vie en français et donc renforcer la présence de cette langue dans la sphère sociale aux TNO », avance Guillaume Deschênes-Thériault.

 

L’emploi, le leitmotiv de l’immigrant

La raison principale de l’installation d'immigrants francophones aux TNO, c’est le travail. « Plusieurs personnes interrogées considèrent qu’occuper des postes aux Territoires leur permet d’accéder à de plus grandes responsabilités professionnelles comparées aux villes du Sud et d’avoir accès à des salaires aussi plus compétitifs », détaille le chercheur.

L’étude démontre que l’emploi guide les aspirations de vie des immigrants, si bien qu’il justifie leur mobilité tout au long de leur parcours. « L'emploi est à la fois un facteur d’attraction, d’intégration, de rétention, mais aussi de déménagement », peut-on lire dans le document. Malgré ces départs, l’expérience vécue par les immigrants reste positive et donc partagée auprès des autres candidats à l’immigration. « Dans un autre contexte, ces personnes peuvent parler de leur expérience et des opportunités à leur réseau. Ils deviennent donc des ambassadeurs des Territoires?», explique le spécialiste, qui évoque également d’autres raisons liées à l’immigration comme la réduction des délais pour l’obtention d’une résidence permanente, la découverte géographique du Nord ou encore le rapprochement familial.

 

Une installation planifiée dans le temps

Cette francophonie se distingue par sa mobilité. Elle est l’un des traits caractéristiques du groupe, « un peu plus d’un tiers de cette population francophone, immigrante ou non, ne vivait pas aux TNO cinq ans auparavant », constate-t-il.

Par ailleurs, l’établissement de ces individus dans le Nord est programmé dans le temps, « Les gens qui quittent le Nord pour s’installer ailleurs, ce n’est pas forcément un échec, mais plutôt la continuité d’un parcours qui était prévu ainsi du départ », appuie le chercheur. Cette planification résulte encore une fois de l’emploi. « Souvent l’expérience migratoire était envisagée dans un délai imparti au début », rappelle Guillaume Deschênes-Thériault, qui constate que, pour plusieurs répondants, l’installation aux TNO est le résultat d’une migration secondaire.

 

Comment les retenir ?

Les chercheurs ont dressé une liste de recommandations avec un axe principal : miser sur l’accueil. Ils préconisent donc d’accroitre la visibilité des services d’accueil. « Trop souvent, l’existence de ces services est apprise au territoire », déplore-t-il avant de remarquer que « ces établissements peuvent faire la plus grande des différences dans le parcours d’une personne. » Par ailleurs, la création de nouveaux partenariats permettrait d’atteindre cet objectif notamment en bonifiant la relation avec l’employeur qui fait figure de « premier contact local » pour le nouvel arrivant.

Également, les actions devront être menées en étroite collaboration avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest pour financer davantage de services pour les personnes présentes et les immigrants temporaires. La multiplication des rencontres informelles permet de créer de nouvelles interactions sociale. « Une fois l’emploi trouvé, il faut aussi s’intégrer socialement avec la mise en place d’activités communautaires. L’intégration ne passe pas uniquement par le facteur économique, l’aspect social est primordial », conclut Guillaume Deschênes-Thériault.


Tous les commentaires (1)

Écrit par Anonyme, 11 décembre 2021, 12 h 43
il faut avoir une politique d'immigrations francophone vers le TNO dans le but de renforcer cette communauté francophone et sont développement.
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