Le succès au féminin : Helen Mamayaok Maksagak

Helen Mamayaok Maksagak lors de la cérémonie officielle de sa nomination au commissariat du nouveau territoire canadien, le Nunavut, le 1er avril 1999. 
(Crédit photo : REUTERS / Shaun Best - stock.adobe.com)

Helen Mamayaok Maksagak lors de la cérémonie officielle de sa nomination au commissariat du nouveau territoire canadien, le Nunavut, le 1er avril 1999. (Crédit photo : REUTERS / Shaun Best - stock.adobe.com)

 Commissaire deux fois plutôt qu’une!

Helen Mamayaok Maksagak est née au printemps de l’année 1931 à Bernard Harbour, dans une baie située entre l’île Victoria et Kugluktuk, aux Territoires du Nord-Ouest (TNO). Helen est une Inuite du groupe des Inuvialuits. Elle grandira à Tuktoyaktuk et à Aklavik, aux TNO, où elle y étudiera jusqu’à la 8e année. Elle mariera John Maksagak en 1950. En 1961, ils s’établiront à Cambridge Bay pour y élever leurs six enfants.


Madame Maksagak connaîtra l’époque où de grandes transformations changeront le mode de vie des Inuits. En effet, la traite des fourrures, les activités militaires et la surveillance par radar entraîneront les peuples à passer d’une vie nomade à sédentaire, d’une autonomie économique et d’une autosuffisance nutritionnelle locale à celle d’une dépendance salariale, et d’un mode de vie simple à la complexification technologique et matérielle.
Ces changements radicaux apporteront une désorganisation sociale et familiale, l’expropriation de leurs terres, l’abandon des traditions ancestrales et la diminution de leur qualité de vie.


Considérant la précarité que connaissaient les Inuits, dès la fin de ses études, Helen Maksagak s’impliquera activement dans deux grandes causes, soit l’amélioration des services offerts aux familles ainsi que la protection de l’environnement.


Nombreux seront les projets dans lesquels elle s’investira : employée civile de la Gendarmerie royale du Canada et gestion de son centre d’accueil, table ronde des Territoires du Nord-Ouest sur l’environnement, comité canadien pour l’Année internationale de la famille, comité de l’association de l’habitation, comité d’appel en matière d’aide sociale, comité sur les drogues et l’alcool, Conseil du statut de la femme au Nunavut et Fondation autochtone de guérison. De plus, sa résidence servira de refuge pour les victimes de violence domestique et de maison d’accueil pour deux autres enfants.


Helen Maksagak acceptera le poste de commissaire adjointe des Territoires du Nord-Ouest en 1992 et elle y restera jusqu’en 1994. Cette année-là, madame Maksagak deviendra la première femme et la première Inuite à obtenir le rôle de commissaire pour les TNO. Elle conservera ce poste jusqu’en 1999, au moment où elle deviendra la première commissaire du nouveau territoire du Nunavut pour un terme d’un an. Helen Maksagak reprendra le rôle de commissaire adjointe du Nunavut en 2005.


Durant sa carrière politique, elle militera pour les revendications territoriales, une plus grande autonomie des peuples autochtones, une amélioration des services sociaux et une meilleure gouvernance, tous possibles grâce à la création de ce nouveau territoire.


L’implication soutenue et l’esprit de détermination de madame Maksagak lui ont permis de contribuer positivement à la qualité de vie des peuples de l’Arctique et d’inscrire un chapitre dans l’histoire du Canada. D’ailleurs, elle recevra un doctorat honorifique en droit de l’Université du Cap-Breton (2000) et elle deviendra membre de l’Ordre du Canada en 2002.


Également, à la suite de son décès à Cambridge Bay le 23 janvier 2009, la rue Helen Maksagak de la capitale du Nunavut, Iqaluit, sera nommée à sa mémoire.


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