Articles de l'Arctique, 14 mai 2021 : Glissement de terrain au Nunavik: les impacts ne sont pas encore connus

Un lac s'est formé sur la Grande Rivière de la Baleine, où la majorité des débris générés par le glissement de terrain sont demeurés,arbres compris. Mais une partie de l’argile s'est dissoute dans l'eau.
(Courtoisie ministère des Transports du Québec)

Un lac s'est formé sur la Grande Rivière de la Baleine, où la majorité des débris générés par le glissement de terrain sont demeurés,arbres compris. Mais une partie de l’argile s'est dissoute dans l'eau. (Courtoisie ministère des Transports du Québec)

Fin avril, les rives de la Grande rivière de la Baleine se sont affaissées sur près de deux kilomètres.

Il faudra attendre encore quelques semaines que la Grande Rivière de la Baleine dégèle avant de connaître les impacts sur la faune du glissement de terrain qui s'est produit le 22 avril dernier au Nunavik, en amont des collectivités de Kuujjuaraapik et Whapmagoostui.

45 millions de mètres cubes de débris, tels que des arbres, des cailloux ou de l’argile, ont été précipités dans la Grande rivière à la Baleine lorsque ses falaises de 40 mètres de hauteur se sont affaissées sur une longueur de 1,8 kilomètres et sur une largeur de 500 mètres.

En termes de superficie, il s'agit du second plus grand glissement de terrain de l'histoire du Québec, après celui de Saint-Alban, en 1894.

«Ça a créé une nouvelle vallée», observe un spécialiste de la géomorphologie, Michel Allard, consulté par le gouvernement régional Kativik.

Il n'y eu aucune perte de vie lors de la catastrophe et les villages jumeaux de Kuujjuaraapik et Whapmagoostui ne sont pas menacés par d'autres glissements, parce qu'à leur hauteur, les berges de la rivière sont trop basses pour qu'un glissement de terrain provoque d'importants dommages matériels.

Le glissement n'a pas endommagé les installations hydroélectriques, beaucoup plus au sud de la rivière.

Précautions
Une zone tampon doit être créée près du lieu du cataclysme pour éviter les accidents, même si ce n'est pas un lieu très fréquenté en hiver. Il n'y avait pas de camp de chasse dans ce secteur en haut des berges.

«Les gens sont attirés, note le secrétaire-trésorier de Kuujjuaraapik, Pierre Roussel. On va mettre de la signalisation et passer des annonces à la radio pour informer les gens de ne pas trop s'approcher. »

«Il y a encore de petits glissements de terrain», affirme un employé du Conseil de bande de Whapmagoostui, Joshua Kawapit.

Un bouchon s'est formé sur la rivière et les débris s'étendent sur quelques kilomètres en aval et en amont de celui-ci, de dire le spécialiste des glissements de terrain du ministère des Transports du Québec, Denis Demers. Selon lui, il faudra des mois, sinon des années avant que la rivière ne retrouve son cours normal.

Eau trouble

Selon Joshua Kawapit, l'argile est déjà rendue jusque dans la baie d'Hudson et l'eau est très trouble. «Ça va avoir des effets écologiques à long terme», craint-il.

«Les impacts sont à venir, quand ça va va dégeler dans quelques semaines», spécule Pierre Roussel.

La municipalité de Kuujjuaraapik a suspendu son programme d'achat de poissons provenant de la rivière. «On veut savoir s'ils sont contaminés, dit M. Roussel. On est pas mal certains qu'ils ont des gaz. On voudrait que quelqu'un nous dise qu'est-ce qui est sécuritaire. »

Le Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine d'Eeyou Istchee surveille la situation avec son homologue inuit.

«Il est encore trop tôt pour évaluer les impacts potentiels sur la faune aquatique», déclare un biologiste du Conseil de Gestion, Félix Boulanger. Des bélougas fréquentent la rivière, dit-il, mais moins que d'autres rivières plus au Nord.

L'argile en cause

Michel Allard explique le glissement de terrain par la présence d'argile marin sensible laissés par la fonte des glaciers il y a 8000 ans.

«C'est un phénomène récurrent dans la région, affirme-t-il. Les sols ont un gros potentiel de liquéfaction.»

Les glissement arrivent généralement au printemps, après la fonte de la neige, lorsque le sol est gorgé d'eau. «Le facteur principal, c'est l'eau dans le sol, , explique Michel Allard, un chercheur de l'Université Laval. Mais l'érosion peut aussi être en cause, tout comme le facteur humain, par exemple si le haut de la falaise a été surchargé.»

Denis Demers affirme qu'il y a chaque année, au Québec, des centaines de glissements de terrain de type argileux, semblable à ceux de la Grande rivière à la Baleine, avaient lieu environ à tous les deux ans.


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