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Futur campus universitaire à Tin Can Hill : Yellowknife adopte le protocole d’entente

Nombre de résidents de Yellowknife et visiteurs fréquentent quotidiennement le vaste secteur naturel Tin Can Hill, véritable institution de la capitale, pour y faire leur promenade quotidienne, promener leur chien et profiter des rivages rocheux. (Crédit photo : Thomas Ethier)

Nombre de résidents de Yellowknife et visiteurs fréquentent quotidiennement le vaste secteur naturel Tin Can Hill, véritable institution de la capitale, pour y faire leur promenade quotidienne, promener leur chien et profiter des rivages rocheux. (Crédit photo : Thomas Ethier)

Dévoilé le 31 mai, le protocole d’entente a été adopté une semaine plus tard par le conseil, malgré une bruyante opposition citoyenne. Selon le GTNO, aucun autre site ne répond aux critères du projet, qui devra notamment contribuer à la relance économique du centre-ville.

Thomas Ethier
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

Le conseil municipal de Yellowknife a adopté, ce lundi 6 juin, à six voix contre une, le protocole d’entente qui permettra au Collège Aurora et au GTNO d’entreprendre les démarches visant l’établissement du campus de la future université polytechnique sur le site naturel de Tin Can Hill.

Les parties prenantes ont maintenant le feu vert pour entreprendre les démarches, qui incluront un processus de rezonage, et des consultations publiques. Comme l’a souligné la mairesse de Yellowknife, Rebecca Alty, la signature de ce protocole d’entente n’accorde pour l’instant aucun droit au GTNO ou au Collège Aurora sur le secteur de Tin Can Hill.

« La municipalité garde le contrôle de ce terrain, de son utilisation et de la planification, de par nos outils législatifs. Le protocole d’entente ne donne pas carte blanche au GTNO ou au Collège Aurora pour bâtir ce qu’ils veulent. Plusieurs étapes législatives s’imposent désormais, a-t-elle souligné. L’affaire n’est pas conclue. »

 

Des consultations à venir

Mme Alty a voté en faveur de la signature du protocole d’entente. « Je crois qu’il est important que nous ayons un document de travail qui démontre que les différentes parties prenantes travaillent ensemble face aux enjeux, pour relever les défis, et plus important, encore, pour maximiser les bénéfices de ce projet », a-t-elle indiqué.

Prochaine étape clé du projet, le processus de rezonage du secteur ciblé pourrait débuter au début de l’année 2023. Si une entente d’achat va de l’avant avec le GTNO, en vertu du règlement sur la cession des terres, le terrain ne pourrait être consacré qu’à un campus universitaire. « S’ils ne peuvent avoir le financement pour construire ou que le projet devait être avorté, le terrain revient à la municipalité », a souligné la mairesse.

Le processus de rezonage impose la tenue de consultations publiques. C’est durant cette étape que seront élaborés les règlements entourant l’exploitation du site, comme la taille des bâtiments, la superficie qui pourra être exploitée, l’aménagement des sentiers ou encore les plans de design. Le tout devra ensuite être adopté par le conseil municipal.

 

Vive opposition citoyenne

Quelque sept résidents se sont présentés à la rencontre du conseil. Chacune des voix s’est dite en faveur d’un campus universitaire dans la municipalité, mais six d’entre elles se sont opposées à l’exploitation du vaste espace vert situé à proximité du centre-ville, et à la signature du protocole d’entente.

Plusieurs des interventions concernaient l’absence de consultations et le court laps de temps entre le dévoilement du site proposé par le GTNO et le vote du conseil municipal. « Pourquoi ce conseil n’a eu qu’une semaine pour cette structure qui pourrait durer 50, voire 100 ans ? a fait valoir le résident Tamlin Daniel. Vous me direz que ce n’est qu’un protocole d’entente, mais on y lit clairement qu’il s’agit du site idéal, et on ne nous a donné aucune raison pour expliquer pourquoi les autres sites de la municipalité ne sont pas adéquats. »

En date du 8 juin, plus de 730 personnes avaient signé une pétition visant à « protéger l’aire récréative Tin Can Hill de projets de construction à Yellowknife ». « Le résident de Yellowknife doit empêcher la municipalité de Yellowknife de modifier le zonage de Tin Can Hill pour des projets de construction, lit-on (…). Tin Can Hill n’est pas la place pour une université ni pour tout autre projet de construction. »

Seule la conseillère Stacy Smith a voté contre l’adoption du protocole d’entente par le conseil municipal. En soulignant les nombreux commentaires du public en ce sens, la résidente de longue date prône la conversion de bâtiment existant à travers le centre-ville. « Je ne suis pas contre un campus. Mais nous perdons une excellente occasion de revitaliser le centre-ville. Nous perdons toutes ces belles occasions d’être créatifs. Je m’oppose, comme plusieurs résidents, à l’utilisation de ce site. »

 

Un projet phare

Favorable à la proposition, la conseillère Shauna Morgan a notamment avancé qu’un tel projet épargnerait Tin Can Hill d’un futur développement immobilier. « Si cette proposition est rejetée, dans le pire des cas, le secteur de Tin Can Hill pourrait être avalé pièce par pièce par de nouveaux condos privés », a-t-elle indiqué, soulignant une pression croissante en faveur de ce type de construction dans le secteur.

Aux yeux du conseiller Julian morse, le pire scénario envisageable serait qu’aucun campus universitaire ne soit construit à Yellowknife, alors que la fermeture prochaine de mines de diamants s’annonce difficile pour l’économie de la région. « Sans l’économie du savoir, qu’est-ce qui alimentera la revitalisation économique de Yellowknife ? Je suis vraiment inquiet pour l’avenir, pour les propriétaires de maisons, pour des centaines de familles qui vont quitter la ville quand les mines vont fermer », a-t-il prévenu.

« Nous avons obtenu les perspectives économiques du gouvernement du Canada et de nombreuses firmes privées. Tous s’entendent pour dire que notre économie s’apprête à décliner. Ce n’est pas de bon augure. Une économie en déclin signifie la chute du prix des maisons, des résidents qui quittent Yellowknife, et une économie vibrante en déclin. Je crois que Yellowknife a besoin d’un projet visionnaire qui va attirer les gens ici. Or, ce projet n’a encore reçu aucun financement, et pourrait ne jamais aller de l’avant. Ce serait dommage. »

Selon le protocole d’entente présenté au conseil, le GTNO et le Collège Aurora vont, à travers un développement continu des terres potentiellement acquises, voir à « préserver et à améliorer le cadre naturel, à appuyer une communauté sécuritaire et en santé, et à s’efforcer de créer des occasions pour la communauté environnante d’accéder aux terres d’une manière compatible avec son utilisation historique ».


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