Sortie littéraire : Fuite addictive dans le subarctique

(courtoisie éditions Prise de parole)

(courtoisie éditions Prise de parole)

Denis Lord, auteur de bandes dessinées et collaborateur de longue date de L’Aquilon, publie son premier roman, Jack est scrap.

Cru. Incisif. Mordant. Paru le 6 octobre aux éditions Prise de parole, Jack est Scrap est le premier roman de Denis Lord.
Jack est un homme torturé, par ses amours passés et présents et par son penchant pour l’alcool. Il décide de fuir aux Territoires du Nord-Ouest, où il étudie les impacts de la fonte du pergélisol dans une communauté dénée. Peines et joies, désillusion et espoir, cette aventure lui permettra de trouver un équilibre, parfois bancal, mais plus vivable.


Dès la couverture, l’œuvre Chaos, de Guy Boutin annonce la couleur du livre. Ces traits rouges, jaunes, bleus, très figuratifs, ont cependant mis un certain temps à être amadoués par l’auteur. « Je me suis laissé apprivoiser […], il y a comme une vibration, on peut voir les esquisses d’un corbeau, des plumes, explique Denis Lord. Des amis m’ont dit qu’on le distingue de loin, ça frappe. »


Le personnage central du roman, Jack, accompagne l’auteur depuis quelques années maintenant. « J’ai commencé [son histoire] aux TNO à l’hiver 2014, je l’ai continuée au Québec, et je l’ai terminée en janvier 2018 à mon retour aux TNO », retrace l’auteur.

Qui est Jack ?
« C’est inspiré de moi, mais il y a comme deux dynamismes qui me représentent, détaille Denis Lord. Mais dans les actions, les gestes, c’est de la fiction. »


Le roman est écrit à la deuxième personne du singulier. Un « tu » distancié et dissocié qui sonne parfois comme une remise à l’ordre de l’auteur à lui-même. « La conscience se forge dans ce rapport, cette tension entre soi et l’Autre », peut-on lire dans un passage (p.51).


« Il y a quelque chose de personnel dans ce récit, et il y avait une volonté de distanciation, explique-t-il avant de s’interroger : « Est-ce que le narrateur est celui qui s’adresse au “tu” ou bien ce sont les mêmes personnes ? Il y a une certaine équivoque. »


Malgré cette mise à distance, le personnage ressemble à son auteur, du moins quant à leur parcours : les TNO.
Une arrivée à Yellowknife — appelé Yellow-les-Couteaux — l’évocation d’une « bataille au Raven’s », des handgames à Behchoko` ou encore le restaurant chinois Pandaville de Fort Simpson.

Langage « scrap »
« J’ai voulu privilégier un côté oral, comme pour exprimer une voix intérieure, commente l’auteur. Il y a un mélange de langage, plus familier et peut-être plus rare. Les niveaux de langage sont composites je dirais. »
Influence qu’il cite volontiers, San-Antonio, pseudonyme de l’auteur français de polars à l’argot tranchant, Frédéric Dard, connu pour ses jeux de mots.


« Dans la chambre de mon grand-père, quand j’étais jeune, j’ai trouvé L’histoire de France vue par San-Antonio, se souvient Denis Lord. C’est éminemment argotique, pour qu’un jeune de la région de Québec lise ça… Je comprenais, mais je me demandais où il cherchait tout ça ! »


Jack est scrap, rien que dans son titre, calque « ce qu’ils appellent la gouaille en France », évoque l’auteur. Un langage coloré, très imagé, provocant, à la sauce québécoise.


Une plongée totale dans la culture franco-canadienne, « un effet miroir du Canada », comme le définit l’auteur. Le français se mêle à l’anglais, ou à quelques mots en tli?cho, non traduits pour un vrai bain linguistique.


Prochain projet en cours pour Denis Lord, un futur roman de voyage, de la route, où il imagine l’un des descendants de l’auteur hongrois Frigyes Karinthy. Il est l’inventeur du concept des six degrés de séparation, autrement dit l’idée que toute personne dans le monde peut être connectée à une autre avec seulement cinq intermédiaires.


« C’est une sorte de mise en scène, ce sera sur la route, des gens feront du stop, explique Denis Lord. Il y a encore, comme dans Jack est Scrap, cette idée de ce qui nous unit et ce qui nous sépare. »


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