Un bon vent du Nouveau-Brunswick : Fête des Acadiens

18 août 2000
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Ronald Robichaud ne s'est pas plaint de la fête des Acadiens cette année. L'année dernière les célébrations se sont déroulées à son domicile. Le bruit causé par les joyeux fêtards et le vrombissement des cuillères, des guitares et du système de son ont tôt fait d'alerter les voisins qui aimaient mieux dormir que de célébrer. La police s'est présentée à sa porte pour demander aux gens de crier leur fierté acadienne, mais moins fort SVP. La fin de semaine dernière, les forces de l'ordre n'ont pas été obligées d'émettre aucun avertissement contre les Acadiens. M. Robichaud et ses compères se sont réfugiés dans les bois, à proximité des rives de la rivière Cameron. Couché sur un matelas, confortablement installé dans son camion, il a exprimé ses sentiments face à la situation.

« On n'avait pas le droit de faire du bruit après 11 h dans la ville. Ici, au moins, personne ne pourra nous déranger. La fête est plus traditionnelle. »

Une quarantaine de personnes ont encerclé un feu de camp et ont dégusté un repas de porc rôti et de salade aux fusillis. Les fêtards ont également bu des centaines de bouteilles et de cannettes de bière et ont allumé leurs systèmes de son pour chanter les meilleurs airs du Nouveau-Brunswick. Plusieurs campeurs des environs se sont joints aux festivités durant la nuit.

« Les Acadiens acceptent tout le monde. Cela importe peu d'où tu viens ou qui tu es. Les Acadiens sont toujours là pour se faire des amis », a indiqué Denis Doucet, en tenant trois disques compacts du Nouveau-Brunswick dans ses mains. « On croit en ce qu'on est : Acadiens. Qu'on habite le Nouveau-Brunswick, le Québec ou Yellowknife, nous sommes toujours Acadiens et Canadiens. »

Ce dernier a laissé entendre que le choix du terrain pour les festivités était excellent puisque la police ne pouvait pas interrompre la soirée. « Les francophones aiment faire du bruit », a-t-il précisé. La majorité des Acadiens présents provenaient de la communauté de Neguac. Même si la plupart d'entre eux ne partagent pas le même toit, ils ont néanmoins un membre de leur famille qui réside à Yellowknife.

« Il y a beaucoup de cousins, de cousines, de neveux et de nièces. Il y a un oncle là-bas, mais ce n'est pas le mien. Mon cousin est assis sur une chaise, plus loin », a noté Stéphanie Breau.

La plupart des personnes présentes à la fête ont indiqué qu'elles étaient fières de leur patrimoine. Selon eux, la survie de la culture est une lutte constante qu'ils ont dû mener suite à la déportation de leurs ancêtres vers la Louisiane en 1755. Les participants ont également laissé entendre que toute excuse était bonne pour célébrer l'Acadie.

« La fête est importante puisqu'elle nous permet de souligner notre culture et l'importance de la préserver », a souligné Mme Breau sur un ton sérieux. « La date nous donne également la chance de nous assembler et de fêter. Chaque année, je célébrerai la fête des Acadiens, même si je suis toute seule au Pôle Nord. »

Certaines personnes ont suivi cet esprit à la lettre. Un homme, qui n'a pas voulu divulguer son nom, a indiqué qu'il avait raté les noces de son beau-frère pour se rendre au camp. « Il n'avait qu'à choisir une autre date », a-t-il déclaré.

La seule plainte entendue au camp était liée au financement des festivités. Les participants ont déploré le manque de financement pour organiser les célébrations. Ils ont dû débourser à leurs frais les coûts des célébrations. « Cela laisse l'impression que les associations francophones donnent trop aux Québécois et pas assez aux Acadiens », a lamenté M. Robichaud. « Toute la bande a organisé la fête. Chaque personne était responsable d'apporter quelque chose. Je me suis occupé d'acheter des serviettes, des assiettes et de la salade. Tout le monde a fourni de la bière. »
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