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Nouveau vent francophone : Fédération franco-ténoise - cinq années à préparer

Audrey Fournier, directrice générale de la Fédération franco-ténoise, a assuré l’intérim à l’hiver 2022, avant d’accepter officiellement le poste. (Crédit photo : Alexandre Beaudin)

Audrey Fournier, directrice générale de la Fédération franco-ténoise, a assuré l’intérim à l’hiver 2022, avant d’accepter officiellement le poste. (Crédit photo : Alexandre Beaudin)

Sous la nouvelle direction d’Audrey Fournier, La Fédération franco-ténoise est aujourd’hui appelée à orchestrer le futur de la vie associative francophone des Territoire du Nord-Ouest, de pair avec l’ensemble des organismes qui la composent.

Thomas Ethier
IJL – Réseau.presse – L’Aquilon

Une opération d’envergure est en branle au sein de la francophonie ténoise. Après six années passées aux rouages du Réseau TNO Santé, la nouvelle directrice générale de la Fédération franco-ténoise. Audrey Fournier s’apprête, avec son équipe, à coordonner les derniers tours de tables qui serviront à l’écriture d’un prochain plan quinquennal, destiné à la francophonie ténoise dans son ensemble.

Le plan devrait être dévoilé en septembre, selon la directrice. Les organismes doivent faire leurs demandes de financement à Patrimoine canadien – principal bailleur de fonds de la francophonie ténoise – ce même mois, et ce document est destiné à inspirer et orienter leurs prochaines séries d’initiatives. Les consultations préalables seront réalisées par la firme PGF, qui poursuit ainsi le travail entamé en 2021 dans le cadre d’une étude de la structure organisationnelle francophone du territoire.

 

Une vision sur cinq ans

La nouvelle directrice entrevoit beaucoup de travail pour l’été, afin d’avoir un document solide à fournir avant les dates butoirs. Un appel à la communauté sera lancé sous peu, et les consultations seront déployées de manière stratégique tout au long de l’été. « La FFT va coordonner les réflexions et tout le travail entourant ce plan, mais ce dossier est l’affaire de tous, souligne-t-elle. Ce sera un plan communautaire qui appartient à la communauté et à tous les organismes francophones. »

Ce plan de développement servira notamment à repenser la structure même des ressources offertes aux francophones du territoire. Éclairée par les recommandations produites dans le cadre de l’étude de PGF, la FFT s’oriente d’emblée vers de meilleurs efforts de concertation entre organismes francophones aux TNO, pour un meilleur partage des ressources, et une plus grande efficacité.

« Si je me fie aux besoins qui ont été manifestés par la communauté au long de l’étude, et aux recommandations qui nous ont été fournies, la FFT devra certainement jouer un rôle de leadeur de cette future concertation entre organismes, souligne Mme Fournier. On peut déjà penser qu’à l’avenir, il faudra voir à mieux structurer les mandats de chacun ».

« On aimerait être en mesure de développer des services partagés, poursuit-elle. Les manières d’y parvenir restent à être définies, mais il semble clair, selon ce qui nous a été rapporté dans le rapport d’étude, que nous voudrons mieux travailler ensemble afin de diminuer les frais administratifs, mieux faire face à la pénurie de main-d’œuvre et éviter de dédoubler les services offerts en français. Bref, il faudra maximiser nos ressources et nos efforts en collaborant tous ensemble. »

À ce chapitre, la FFT a choisi ces derniers mois de se départir de sa branche Jeunesse TNO, pour relayer le mandat à l’Association franco-culturelle de Yellowknife et à l’Association franco-ténoise du Sud et de l’Ouest. « Ce transfert représente un exemple clair de cette volonté de ne pas dédoubler les efforts, et de respecter le terrain de jeu de chacun », indique la directrice.

 

La FFT, actrice politique

Chacun sa mission. Audrey Fournier entend aussi s’atteler à la tâche pour déployer les forces et le mandat de la FFT. Dans les prochaines années, sur le plan interne, l’organisme devra, selon elle, porter sa mission politique à l’avant-plan, et voir à faire respecter les droits linguistiques de l’ensemble de la communauté. « C’est un rôle extrêmement important, sinon le plus important de la FFT », affirme la directrice.

« C’est certain qu’il pourrait y avoir plus de ressources allouées à notre positionnement politique. Nos actions politiques, celle à laquelle s’attend la communauté, se déploient sous forme de lobbying, par exemple, précise Mme Fournier. La FFT doit se positionner, pousser ses revendications, et faire le suivi de l’amélioration des services gouvernementaux en français. La FFT doit s’acquitter de son rôle de chien de garde et pointer ce qui ne fonctionne pas. »

À la direction de Réseau Santé TNO depuis 2016, Audrey Fournier a passé ces six dernières années à l’avant-plan d’un enjeu qui aura fait couler d’encre, des lacunes ayant été pointées au cours des dernières années en matière d’offre de services en français aux TNO. « Chaque fois qu’elle est consultée, la population francophone mentionne que la santé est prioritaire dans les services en français, explique-t-elle. C’est un morceau extrêmement important sur lequel il faut travailler très fort, et je suis certaine que le Réseau va continuer à travailler très fort. »

La FFT aura par ailleurs l’occasion, au courant de l’été, de prendre part aux consultations entourant le prochain plan stratégique du gouvernement des TNO, et d’y faire valoir les intérêts francophones. « Si mon temps passé au Réseau TNO Santé a pu m’apporter une chose, c’est de réaliser l’efficacité du travail de collaboration, souligne la directrice. Il faut collaborer avec le GTNO pour assurer une bonne mise en œuvre des services en français. Tout partenariat ne peut que porter fruit. »

 

La fin de la maison bleue ?

Une question demeure, posée sous toutes les formes depuis plus de 20 ans. Le mandat d’Audrey Fournier marquera-t-il le déménagement de la FFT de la maison bleue vers un nouveau centre communautaire ? On en serait présentement dans l’attente d’un financement du gouvernement fédéral, qui servira à compiler des informations manquantes, selon ce qui a aurait été exigé par le bailleur de fonds au cours des derniers mois.

« Il y a également un travail à accomplir au sein même de la communauté, ajoute Mme Fournier. Les différents acteurs engagés dans le projet doivent mieux définir leur vision de ce projet, le rôle qu’ils comptent y jouer, et le temps qu’ils ont à y consacrer. Je pense que la communauté a réellement ce centre communautaire à cœur. Si, durant mon mandat, nous pouvons travailler le plus fort possible pour que ça arrive, c’est certain que nous allons nous lancer dans ce chantier. »

Pour l’heure, Audrey Fournier oriente ses efforts et ceux de son équipe vers le paysage francophone ténois. « C’est une francophonie très changeante, illustre-t-elle. Nous sommes habitués à un grand roulement de population et d’employés. Telle année, nous irons dans telle direction, puis ça change. Les orientations dépendant en partie de ceux et celles qui sont ici, à ce moment-ci. »

« À l’heure actuelle, la francophonie prend une belle tournure ! Les organismes prennent de l’ampleur. L’AFTSO se déploie pour une première fois à travers le Slave Sud, par exemple, et j’ai très hâte de voir les résultats dans les prochaines années. Tout est très actif ce printemps, et je pense que nous empruntons une direction très inspirante. »

 

Un vent nouveau

Tout un travail a été abattu en coulisses ces deux dernières années dans nos associations francophones. Après bien des saisons d’isolement et d’échanges virtuels, nous voilà au grand air. Et les annonces se succèdent.

La FFT, le Collège nordique francophone et Médias ténois accueillent leurs nouvelles directions générales, qui héritent d’agendas chargés pour leur communauté, et de grandes attentes. De leur côté, les associations culturelles francophones de Yellowknife et de Hay River élargissent leurs équipes et leur portée à travers la francophonie ténoise.

Nos journalistes ont discuté avec celles et ceux qui sont aux premières lignes de ce paysage francophone en mouvement.

 


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