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Faire attention

12 novembre 2004
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La décision n’est pas encore prise mais le scénario d’un centre scolaire communautaire devient de plus en plus plausible pour Yellowknife. Après avoir été mis de côté lors de la construction de l’École Allain St-Cyr, voilà que le concept refait surface. C’est normal puisque ce concept présente plusieurs avantages, tant de nature économique ( économie d’échelle et partage de ressources) que de nature sociale (carrefour où enfants, parents et acteurs de la communauté francophone peuvent se côtoyer). Il faudra cependant éviter quelques écueils.

Premièrement, le bâtiment en question appartiendra au gouvernement territorial. De ce fait, les organismes francophones situés à Yellowknife deviendront les locataires d’une institution (le GTNO) dont l’histoire des relations avec les francophones n’est pas des plus reluisantes. On aura tout avantage à se doter d’un bail à toute épreuve.

Deuxièmement, lorsque viendra le temps d’élaborer le projet, il faudra faire attention de ne pas tomber dans le panneau de la bisbille. En effet, si le passé est garant de l’avenir, il faut s’attendre à ce que le GTNO exige non seulement que le bâtiment lui soit purement et simplement donné mais sans qu’il n’y investisse un sou. Or, les fonds qu’on pourrait obtenir de Patrimoine canadien pourraient ne pas être à la hauteur de nos besoins. Conséquence: il y a des risques que la communauté s’entredéchire autour de cette maigre pitance plutôt que de faire front commun face au gouvernement territorial pour que celui-ci reconnaisse ses obligations en matière d’éducation, notamment son obligation de doter la communauté d’infrastructures scolaires équivalentes à celles de la majorité.

Enfin, il faudra bien délimiter les aires respectives de la communauté scolaire et de la communauté francophone. Ce dernier point avait été important dans les années 1990 lorsque les parents avaient décidé de ne pas poursuivre le dossier d’un centre scolaire communautaire. La présence d’étrangers allant et venant à proximité de l’école inquiétait les parents, et pour cause. C’est pas beaucoup mais en 15 années à Yellowknife, j’ai à côtoyer quatre personnes ayant des antécédents criminels dont un évadé de prison. De plus, il faudra aussi penser à s’assurer que la proximité de toutes ces institutions n’entrave pas l’établissement d’un environnement propice au travail. Ce qu’il faudra c’est un concept où le côtoiement se fasse de façon harmonieuse et respectueuse des spécificités de chacun.