Aide gouvernementale : FRIC pour les artistes

Marie Coderre est la directrice du NACC (Crédit photo : L’Aquilon)

Marie Coderre est la directrice du NACC (Crédit photo : L’Aquilon)

Le 15 mai, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) a annoncé la création d’un financement inédit pour les artistes professionnels ténois dont l’activité est touchée par la crise sanitaire actuelle.
Appelé Fonds pour la relance des industries créatives (FRIC), il est destiné aux artistes plasticiens, chanteurs, mais également aux scénaristes, romanciers, ou encore photographes.
De plus, les acteurs du marketing, de la formation et du développement des affaires artistiques peuvent également prétendre à cette subvention. Pour postuler, les aspirants doivent soumettre une description de leur projet pouvant faire jusqu’à trois pages. La date limite de candidature est le 29 mai prochain à 17 heures.
Ainsi, jusqu’à 5 000 $ pourront être reversés à un organisme à but non lucratif, un collectif, ou une entreprise inscrite du secteur culturel. Un indépendant admissible touchera une aide allant jusqu’à 3 000 $.
Au total, 250 000 $ ont été engagés dans cette initiative de relance économique.
« L’éloignement physique exigé par la pandémie de COVID-19 a mis en lumière la nécessité des arts dans nos vies, des livres que nous lisons aux films que nous regardons, en passant par la musique que nous écoutons et l’artisanat que nous produisons […], nous devons nous assurer que les artistes ténois arrivent à poursuivre leur important travail, qui nous unit et contribue à notre bienêtre collectif », a déclaré le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, R. J. Simpson.

Manque de clarté
Pour la directrice générale du Northern Arts and Cultural Centre (NACC), Marie Coderre, cette annonce de financement, peu précise, arrive comme un cheveu sur la soupe.
« J’ai écrit au gouvernement pour avoir plus de clarifications, détaille-t-elle. Si c’est de l’argent qui peut combler un projet actuel, c’est une bonne nouvelle. Si on nous demande de créer un projet distinct, c’est seulement plus de travail sur nos épaules. » D’après elle, un fonds d’urgence ne doit pas être justifié par la création de nouveaux contenus.
Actuellement en pleine rédaction de rapports financiers, la directrice s’occupe seule de la gestion du Centre avec un autre employé. « Les bailleurs de fonds sont, eux, extraordinaires, ils sont très flexibles contrairement au GTNO, qui m’impose pour la seconde fois une date limite stricte alors qu’on est une équipe réduite. »
Par ailleurs, elle ne comprend pas pourquoi les professionnels ténois de la culture n’ont pas été consultés auparavant. « [Le gouvernement] n’a pas contacté les artistes et les organisations avant de développer ce projet. […] Je ne suis pas très contente, nous sommes une réelle banque d’informations au niveau des besoins », déclare-t-elle.

Un financement insuffisant
Pierre-Emmanuel Chaillon est photographe et vidéaste à Fort Smith. « J’ai plusieurs projets qui sont tombés à l’eau pour l’été, on va donc essayer de voir si on peut récupérer un peu de financement pour bâtir de nouvelles choses pour l’année prochaine, explique-t-il. Ce sera extrêmement limité par rapport à ce qu’on avait en tête. C’est mieux que rien, mais cela parait impossible de compter là-dessus pour combler le manque d’activités. » Selon lui, le laps de temps accordé par le GTNO semble également court. « J’espère qu’ils seront indulgents et auront assez d’argent pour pouvoir aider le maximum de personnes. »
De son côté, Carmen Braden, compositrice et interprète, est reconnaissante de l’effort prodigué.
« Est-ce qu’on peut vivre avec 3 000 $ pour 18 mois ? La réponse est non, mais c’est un bon début et ce montant va vraiment nous aider durant cette période. »
« Il y a encore beaucoup à faire et ça ne va pas résoudre les problèmes de tous les artistes »
Un soutien de la part du gouvernement est d’après elle essentiel pour l’avenir de la profession. « Beaucoup d’évènements prévus pour cet hiver ont déjà été annulés, notre capacité à travailler au sein de l’industrie culturelle va être très différente au cours des deux à cinq prochaines années », explique la musicienne avant de conclure : « Ce n’est pas une fin, c’est un commencement. »


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