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À contre-courant : Environnement

12 février 1999
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Les rivières du Nord seront désormais protégées par l'Initiative conjointe sur l'écosystème des rivières du Nord (IERN). Ensemble, les gouvernements du Canada, de l'Alberta et des Territoires du Nord-Ouest assureront la bonne gestion des bassins hydrographiques du Nord. Est-il trop tard pour agir?

Le mouvement pour la protection des bassins hydrographiques du Nord ne date pas d'hier. Dès le début des années 90, la coalition contre la pollution faite par les usines de pâtes et papier avait haussé le ton lors de la première série d'audiences publiques ayant précédé la construction du moulin ALPAC, sur la rivière Athabasca.

«Lors de la première série d'audiences, la coalition avait clairement exprimé son désaccord face à la construction de l'usine ALPAC.

Malheureusement, lors de la deuxième série d'audiences, le projet fut accepté. Des pressions politiques ont sans nul doute influencé cette décision», explique Gilles Paquin, un résidant de Fort Smith, anciennement membre de la coalition.

Par ailleurs, l'étude d'impact sur l'environnement, menée avant la construction de l'usine ALPAC, a été faite de manière isolée, sans tenir compte de l'effet cumulatif des autres moulins qui longent la rivière Athabasca. De plus, l'Alberta a exclu de la décision les autres juridictions: la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest, aussi touchées par les activités des usines de pâtes et papier.

«L'Alberta a pris une décision unilatéralement, sans même consulter les Territoires du Nord-Ouest. Hors, la ville de Fort Smith se situe en aval de la rivière Athabasca, c'est donc elle qui reçoit tous les déchets produits par l'usine», ajoute M. Paquin.

À la suite de cette décision controversée, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, aidé d'un groupe qui se porte à la défense de l'environnement, Friends of the Athabasca River, ont recommandé qu'une étude soit faite afin d'évaluer les effets cumulatifs du développement industriel sur les rivières Peace, Athabasca et des Esclaves.

C'est de cette étude, complétée en 1996 après y avoir investi 12 millions de dollars, qu'origine l'Initiative conjointe sur l'écosystème des rivières du Nord, annoncée le 1er février dernier.

«Puisque nous nous situons en aval de la plupart des activités de développement et que notre population dépend encore beaucoup des ressources naturelles, ce partenariat facilitera le maintien de la santé de nos rivières», a déclaré le ministre des Ressources, de la Faune et du Développement économique des TNO, Stephen Kakfwi.

Maintenant, reste à savoir s'il n'est pas un peu trop tard pour agir et réparer le mal qui a été fait.

«Il n'est jamais trop tard pour agir. Avec le gonflement des eaux au printemps, ça permet de nettoyer les rives, mais évidemment des dommages irréparables ont été faits à la faune et à la flore. Il y a une quinzaine d'années, on pouvait boire l'eau de la rivière Athabasca... aujourd'hui, je n'oserais plus», termine M. Paquin.