Élections fédérales : Elizabeth May en mode électoral à Yellowknife

11 juillet 2019
La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, s’attend à d’importants gains aux élections d’octobre. (Crédit photo : Denis Lord)

La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, s’attend à d’importants gains aux élections d’octobre. (Crédit photo : Denis Lord)

Le Parti vert n’a pas encore de position sur la Loi sur les langues officielles.

La cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a effectué un passage remarqué à Yellowknife les 3 et 4 juillet, quelques jours avant que les membres du parti ne désignent Paul Falvo comme candidat Vert dans la circonscription des Territoires du Nord-Ouest en vue des élections fédérales d’octobre.


La salle du Northern United Place était comble le 3 juillet pour accueillir Mme May, qui, après un bref discours, a répondu aux questions de l’assistance. L'Aquilon a réalisé une entrevue en français avec Mme May le lendemain, après sa visite de l’Assemblée législative.


La députée de Saanich-Gulf Islands (Colombie-Britannique) a fustigé ses homologues fédéraux, qui, a-t-elle souligné, se trouvaient à une partie de basketball pendant le débat sur la déclaration d’urgence climatique. Elle a parlé du danger pour la civilisation humaine que représente, selon elle, le changement climatique, puis elle a appelé à la création d’un cabinet non partisan sur la question. Ce cabinet spécial serait, illustre-t-elle, l’équivalent du cabinet de guerre de Winston Churchill, personnage auquel elle s’est référée à quelques reprises lors de son discours.

Mode de scrutin
Elizabeth May a profité de son allocution pour égratigner le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui s’était engagé à ce que l’élection de 2015 soit la dernière tenue en vertu du système de vote uninominal à un tour.


Ce système, analyse la cheffe des Verts, réfrène les collaborations entre partis en plus de mal représenter la volonté populaire.


« Je veux travailler avec tout le monde, affirme Mme May, particulièrement parce que l’urgence climatique est plus importante que les divisions entre les partis. »


À défaut d’un changement de mode de scrutin à court terme, Mme May spécule que l’élection d’un gouvernement minoritaire à Ottawa l’automne prochain pourrait créer une occasion de collaboration.


« Maxime Bernier et le Parti Populaire vont diviser le vote conservateur, observe-t-elle. Pour le vote progressif [...], nous aurons dans cette élection cinq partis au Canada, six au Québec. Si tout le monde va voter et vote pour le parti qu’il préfère [...] nous avons une bonne chance d’avoir un parlement minoritaire. Et dans un parlement minoritaire, les partis ont un incitatif clair à travailler ensemble. »


Mme May rappelle que des sondages (Angus Reid, Léger) promettent des gains importants sinon historiques pour sa formation politique. Elle s’attend à une grande percée au Québec et dans les Maritimes.


Le mouvement vert prend de l’ampleur. Il y aurait 400 parlementaires verts élus dans le monde. Ils forment l’opposition officielle à l’Île-du-Prince-Édouard et une coalition avec le Nouveau Parti démocratique en Colombie-Britannique.

Langues officielles
Questionnée sur le rapport du comité sénatorial permanent sur les langues officielles, la cheffe du Parti vert a dévié à deux reprises sur les langues autochtones.


Mme May approuve la protection des langues officielles sans toutefois appuyer les recommandations du comité de transférer la gestion de la Loi au Conseil du trésor et de créer un tribunal à ce propos.


« C’est une question ouverte, dit-elle à propos du transfert au Conseil du trésor. Ce n’est pas dans les politiques du Parti vert d’avoir une position sur les rapports du Sénat. Mais je trouve que le commissaire aux langues officielles a fait un bon travail. Nous devons étudier plus le rapport et en parler avec nos candidats, particulièrement au Québec, où se trouve mon chef adjoint, Daniel Green, pour savoir quelle est leur position. »


Avant de créer un tribunal des langues officielles, elle suggère de vérifier préalablement si le commissaire ne pourrait pas bénéficier de pouvoirs supplémentaires.

Langues autochtones
La Loi sur les langues autochtones est pour Mme May une « bonne première étape », mais un « effort faible ».


« J’ai travaillé avec plusieurs leadeurs des communautés autochtones, qui sont vraiment en faveur de cette première étape, mais ce n’est pas une solution », affirme la cheffe du Parti vert, avocate de formation.


« J’ai proposé des amendements à cette loi, j’ai fait les efforts de donner plus de pouvoirs et de ressources dans ce projet de loi. [...] J’ai fait l’effort d’ajouter à ce projet de loi la Déclaration des droits autochtones des Nations-Unies, mais mon amendement a été rejeté. »


Mme May déplore que la Loi ne spécifie même pas que le commissaire doit être autochtone lui-même.

Énergie et emploi
Mme May croit que l’isolation systématique des maisons, commerces et bâtiments institutionnels contribuerait à créer de l’emploi tout en diminuant notre empreinte carbone.


Elle préconise l’élimination du diésel et son remplacement par des énergies renouvelables, comme la géothermie, les éoliennes et les panneaux solaires. Selon la cheffe du Parti vert, la production électrique par ces moyens couterait en moyenne 0,03 $ par kW/h, ce qui en ferait une énergie moins chère à produire que l’hydroélectricité. L'Aquilon n’a pas pu vérifier cette affirmation.


Se prononçant contre le barrage Site C opéré par l’agence BC Hydro sur la rivière la Paix et d’autres grands barrages, Mme May s’est dite favorable aux barrages au fil de l’eau (sans accumulation dans un bassin) et aux connexions interprovinciales des réseaux électriques.


Le Parti Vert est en faveur de développer le réseau hydroélectrique de Taltson vers la Saskachewan et vers le Nord et de s'e servir pour distribuer de l'électricité qui serait produite par des panneaux solaires.


Lors de son passage aux TNO, Mme May était accompagnée de son mari, John Kidder, venu disperser près du lac Frame une partie des cendres de sa sœur, l’actrice Margot Kidder, décédée en 2018. Les Kidder ont vécu une partie de leur enfance à Yellowknife.


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