Élections aux États-Unis : ce qui va changer en Arctique

12 novembre 2020
L’élection du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis devrait marquer le retour de la puissance américaine sur la scène internationale arctique. (cédit photo: Nelly Guidici)

L’élection du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis devrait marquer le retour de la puissance américaine sur la scène internationale arctique. (cédit photo: Nelly Guidici)

L’élection de Joe Biden, le 7 novembre, en tant que 46e président américain, annonce des changements dans la politique environnementale, notamment. Mais les impacts de cette élection sur l’Arctique sont aussi fortement liés aux résultats de l’élection des sénateurs pour laquelle il n’y a pas encore de résultat définitif.

Les citoyens de l’État de Georgie devront voter à nouveau lors d’une élection le 5 janvier 2021 afin de départager et enfin désigner leurs deux représentants au Sénat. Le résultat de cette prochaine élection est crucial, selon Alexander Hirsch, professeur associé au département de science politique de l’université d’Alaska à Fairbanks. La majorité au Sénat sera décisive sur l’adoption ou non d’un Green New Deal, que l’on pourrait traduire par le pacte vert.


« La question, du point de vue de l’Alaska, est de savoir comment la présidence affectera l’économie nationale et pour moi, cela revient à savoir si le Green New Deal sera adopté et qui va contrôler le Sénat », explique-t-il.


Présenté le 7 février 2019 par les démocrates Alexandria Ocasio-Cortez et Edward Markey, ce plan a pour but de favoriser l’investissement de projets notamment dans les énergies décarbonées, autrement dit, la réduction progressive de la consommation d’énergies émettrices de gaz à effet de serre, afin de répondre aux enjeux environnementaux et climatiques tout en promouvant la justice sociale. Si une majorité de sénateurs démocrates est élue, l’adoption de ce pacte vert aurait des « conséquences énormes en Alaska et en Arctique », selon M. Hirsch.


L’économie de l’Alaska est principalement tournée vers l’exploitation pétrolière et gazière, mais cela ne signifie pas que les énergies renouvelables sont absentes de l’État le plus nordique de l’union. En effet, pour la directrice du centre d’études des politiques arctiques à l’université d’Alaska à Fairbanks, Amy Lauren Lovecraft, les énergies renouvelables sont déjà utilisées par les communautés : « Nous avons une énorme quantité d’énergies renouvelables et elles sont utilisées activement parce que nous avons tellement de communautés éloignées. Les énergies éoliennes et solaires n’ont pas besoin d’infrastructures et sont déjà utilisées par ces communautés de tout l’État. »

Avenir incertain pour le refuge arctique et le peuple gwich’in
Si l’ouverture de la Réserve faunique nationale de l’Arctique à l’exploitation pétrolière était un souhait de longue date pour le parti républicain, l’avenir du refuge arctique demeure incertain.


« Je ne sais pas si le président Biden fermera la réserve, mais il y a beaucoup de personnes qui demandent sa fermeture immédiate, précise Mme Lovecraft. [S’il prend cette décision], ça sera hautement symbolique et ça sera un autre exemple de l’instrumentalisation de l’Alaska sur l’échiquier politique. »


Le 24 aout 2020, le peuple gwich’in ainsi que des groupes environnementalistes de l’Alaska et du Yukon avaient annoncé avoir intenté une action en justice contre le secrétaire à l’Intérieur américain et le Bureau de gestion des terres, en invoquant le caractère illégal de la décision. Le doute demeure et le professeur Hirsch indique, qu’à ce stade, il n’est pas encore certain « si l’action en justice sera effective ».


Un potentiel retour sur la scène internationale
Avec l’intention ferme de revenir dans l’Accord de Paris sur le climat, Joe Biden incarnerait le retour des États-Unis sur la scène internationale dans le contexte du changement climatique et des solutions mises de l’avant par les États signataires.


« Il est très important que les États-Unis se réengagent dans l’Accord de Paris sur le climat et, à ce titre, c’est un évènement très marquant et majeur que Joe Biden ait été élu », pense M. Hirsch.


L’arrivée d’un président démocrate est aussi vue, par Mme Lovecraft, comme une occasion de faire un retour sur la scène internationale arctique. Durant la présidence Trump, estime la directrice du centre d’études des politiques arctiques de l’université d’Alaska, l’Arctique a été ignoré et elle espère que « Joe Biden apportera une approche différente et plus sensible à la diplomatie en Arctique et montrera comment les États-Unis travaillent en groupe afin de restaurer des relations normales notamment au sein du Conseil de l’Arctique ».


L’avenir de l’Arctique n’est donc pas encore décidé et tout se jouera le 5 janvier 2021, lorsque l’État de Georgie votera pour ses deux sénateurs. Pour M. Hirsch « les électeurs de cet état vont décider de ce qui va se passer en Arctique et ils ne s’en rendent pas compte ».


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