Eau turbide cet été : pas d’inquiétude pour la vie aquatique

Le niveau de l’eau de la rivière des Esclaves était beaucoup plus haut 
qu’à l’habitude cet été à cause de la fonte de la neige et de la pluie abondante 
en amont, dans le bassins versant. (Courtoisie GTNO)

Le niveau de l’eau de la rivière des Esclaves était beaucoup plus haut qu’à l’habitude cet été à cause de la fonte de la neige et de la pluie abondante en amont, dans le bassins versant. (Courtoisie GTNO)

La fonte de la neige et les fortes pluies de 2020 ont entrainé plus de sédiments que d’habitude dans les eaux ténoises, jusqu’à les rendre brunes.

Les concentrations plus élevées que la normale de métaux et d’hydrocarbures, observées l’été dernier dans les rivières des Esclaves et du Foin et dans le Grand Lac des Esclaves, ne devraient pas nuire à l’écosystème aquatique, selon le ministère de l’Environnement.

Les pluies abondantes de 2020 et la fonte de la neige ont saturé les terres, gonflé les rivières et les lacs des bassins versants en amont du fleuve Mackenzie ou transfrontaliers, comme ceux des rivières Athabasca, de la Paix, Liard, des Esclaves et du Foin.

Par exemple, 7,5 millions de litres d’eau par seconde filaient dans la rivière des Esclaves à la hauteur de Fort Smith en juillet plutôt que les 4,7 millions de litres d’eau habituels.

En coulant avec un débit accru, l’eau a érodé le terrain, arraché des sédiments au sol, aux rives et aux lits des rivières ou des lacs en aval. « Tous ces sédiments font paraitre l’eau trouble ou boueuse, c’est ce qu’on appelle la turbidité », explique le directeur de la gestion et de la surveillance de l’eau au ministère de l’Environnement, Nathen Richea. C’est l’arrivée de toute cette eau turbide dans les rivières des Esclaves et du Foin qui a créé un imposant panache brun dans le Grand Lac des Esclaves au cours de l’été.

L’eau qui ruissèle ramasse tout sur son chemin, dont les métaux et les hydrocarbures. Ceux-ci peuvent être d’origine naturelle ou humaine. Par exemple, l’érosion de certaines roches libère du fer et les feux de forêt produisent des hydrocarbures. Des métaux et des hydrocarbures peuvent aussi provenir d’exploitation de sables bitumineux, de forages pétroliers et gaziers, d’usines de pâtes et papiers ou d’autres activités humaines.

Les métaux et les hydrocarbures qui voyagent ainsi avec l’eau ont la particularité de s’attacher aux sédiments, comme si l’argile, le limon ou le sable fin étaient de minuscules aimants. « Plus l’eau a de l’énergie, plus elle transporte de sédiments, les brasse et les garde en suspension. Et plus il y a de sédiments, plus il y a de métaux et d’hydrocarbures, car ils s’y attachent », résume M. Richea.

Les métaux et hydrocarbures attachés aux sédiments ne sont pas facilement absorbés par les poissons et les autres organismes aquatiques, rassure le ministère.

Ces pics de concentrations surviennent chaque printemps avec la fonte de la neige. Ils ont été plus prononcés en 2020. Des échantillons ont été prélevés en juillet, aout et septembre dans les rivières des Esclaves et du Foin. En juillet, la concentration de certains métaux et hydrocarbures fixés aux sédiments était plus élevée que les années précédentes. En aout, à peine plus que la normale. En septembre, retour à la normale. Pendant ce temps, la concentration des métaux et hydrocarbures dissouts était généralement semblable à l’habitude. Le Grand lac des Esclaves a quant à lui été échantillonné en aout 2020 dans cinq sites du bras est et cinq autres de la baie de Yellowknife. Comme la turbidité demeurait élevée, les résultats ressemblaient à ceux des rivières des Esclaves et du Foin.

Mais comment savoir si ces métaux et ces hydrocarbures fixés aux impuretés proviennent de source naturelle ou humaine ? « C’est impossible, l’eau arrive de partout et abondamment, on ne peut pas départager les causes », affirme le directeur. Il assure cependant qu’aucune étude n’a révélé, pluie abondante ou non, de contamination de l’eau de surface par l’exploitation des sables bitumineux et que la conception de ces sites empêcherait un tel scénario.

Des métaux et des hydrocarbures fixés aux sédiments qui se sont déposés, par exemple, dans le Grand Lac des Esclaves pourraient se détacher avec le temps. « C’est un processus naturel qui s’étend sur des décennies, voire des millénaires », dit M. Richea. Rien pour s’inquiéter.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest surveille la qualité de l’eau chaque année et travaille étroitement avec le gouvernement albertain pour s’assurer qu’elle soit de la meilleure qualité possible.


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