Prix du Premier ministre 2019 : Deux lauréates ténoises

Supervisé.e.s, mais libre de bouger, pour mieux grandir. Une philosophie que pratique Amandine Falette-Galiussi dans son métier d'éducatrice. (Crédit photo : Nicolas Servel)

Supervisé.e.s, mais libre de bouger, pour mieux grandir. Une philosophie que pratique Amandine Falette-Galiussi dans son métier d'éducatrice. (Crédit photo : Nicolas Servel)

Reconnaissance nationale pour deux employées du corps enseignant ténois pour leur approche pédagogique et leur implication envers les jeunes.

Amandine Falette-Galiussi et Deborah Horen, respectivement éducatrice en petite enfance à la Garderie Plein Soleil et enseignante pluridisciplinaire à l’école Mildred hall, sont toutes deux lauréates du Prix d’excellence en enseignement du Premier ministre 2019. Chaque année, cette récompense rend hommage aux éducateur.rice.s de petite enfance et aux enseignant.e.s canadien.ne.s à travers le pays.


Au lendemain de l’annonce officielle, la Française d’origine, qui a délaissé le milieu hospitalier montréalais pour se tourner vers l’éducation en petite enfance, est encore troublée. Heureuse et fière, mais à la fois gênée, intimidée par l’ampleur de la reconnaissance, elle appréhende la cérémonie officielle. Elle est anxieuse, à l’idée de rencontrer le premier ministre et de devoir prendre la parole en public. Après quelques mots d’encouragements d’un parent qui dépose son enfant, elle prend une grande respiration et prépare son groupe pour une énième sortie en forêt.

La nature comme vecteur d’apprentissage
Selon elle, un enfant qui bouge est plus attentif et ouvert à l’apprentissage. L’activité physique en pleine nature est au cœur de son intervention, été comme hiver, pour développer les capacités motrices, intellectuelles, émotionnelles ou sociales des enfants. Elle multiplie les sorties tout au long de l’année, parfois accompagnée de parents, qu’elle implique beaucoup. Une virée au château de neige, un piquenique sur la rive du Grand lac des Esclaves, une excursion à la ferme, ne sont que des exemples parmi la riche programmation que propose l’éducatrice aux jeunes de son groupe. Ce jour-là, ce sera une simple balade dans le bois situé en face de la garderie. Chaque fois, les enfants trouvent des bâtons de bois, des feuilles, etc., et se créent un imaginaire. « Ils n’ont pas besoin de jouets », rigole-t-elle. Ils utilisent leur créativité pour développer des scénarios, incarner des personnages. Ils apprennent ensemble et librement à être attentifs au monde qui les entoure et à interagir avec lui. « Il n’y a de meilleur endroit que la nature pour apprendre à respecter les arbres, les plantes, les animaux et que la forêt, ce n’est pas un endroit où l’on jette ses déchets. »


« Les enfants sont les seuls êtres humains qui n’ont pas de jugement. Ils sont 100 % purs. C’est juste du bonbon. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est un métier vraiment enrichissant », confie-t-elle. Et comme si le travail à plein temps à la garderie n’était pas assez prenant, la « super » éducatrice, s’est aussi portée volontaire comme foyer d’accueil et s’occupe de trois enfants en bas âge. Par ailleurs, elle s’entraine pour compléter une deuxième course Ironman, plus tard cette année. « Ce n’est pas facile tous les jours, respire-t-elle, mais j’ai la chance de pouvoir être bien entourée et de pouvoir compter sur des ami.e.s et d’autres éducatrices (ce sont toutes des femmes à la Garderie Plein Soleil) pour s’occuper des enfants lorsque je m’entraine ».

Ténoises reconnues
Amandine Falette-Galiussi est l’une des six éducatrices à s’être vue remettre le 28 mai dernier un certificat d’excellence des mains du premier ministre Justin Trudeau. Elle empoche par la même occasion une bourse de 5000 $ qu’elle partagera équitablement avec le centre d’éducation qui l’emploie, condition sine qua non à la remise du prix. « Je suis vraiment contente pour la garderie dit-elle, on utilisera cet argent pour donner plus de formation aux éducatrices. »
Amandine Falette-Galiussi doit cette reconnaissance nationale à Fiona Aiston, maman de deux fillettes qui fréquentent la Garderie Plein Soleil et qui a présenté la candidature de « super » Amandine au prix.


Dans le même temps, Deborah Horen, enseignante en 7e et 8e année à l’école Mildred Hall de Yellowknife dans le domaine des sciences, mathématiques, arts du langage, sciences humaines, gymnastique et sciences exploratoires, a reçu un certificat d’honneur pour la catégorie des enseignants du domaine des sciences, des technologies de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et s’accompagne d’une bourse personnelle de 1000 $.
Au cœur de son approche, Deborah renforce sans cesse l’estime de soi de ses élèves et crée un milieu d’apprentissage où règnent l’acceptation, la compassion et la fierté de leur culture chez ses élèves autochtones. Elle célèbre les forces et les réussites tout en incitant les élèves à surmonter leurs peurs d’échouer ou de faire une erreur.
Lorsque les élèves sortent de la classe de madame Horen, ils sont capables de coder, de coudre des mocassins, de rédiger des textes convaincants et de poser un collet à lièvre. Ils peuvent expliquer la méthode scientifique et recommander un bon livre. Deborah veille à ce qu’ils comprennent le passé, vivent le moment présent et se préparent à l’avenir.


Cette reconnaissance est également l’occasion pour les lauréat.e.s de se rencontrer et d’échanger les bonnes pratiques. « C’est magique ici. Les éducateurs sont incroyables et touchants », raconte Amandine Falette-Galiussi depuis Ottawa, quelques heures avant la cérémonie.


L'auteur est client de la Garderie Plein Soleil


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