Radio Taïga : Deux bénévoles récompensés au niveau national

06 juin 2003
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Le Gala de l’ARC du Canada s’est tenu le samedi 31 mai dernier. Pour la première fois en une année et demie d’existence, Radio Taïga, la radio communautaire francophone de Yellowknife, repart avec deux prix.

Durant l’automne 2002, Julie Plourde a produit, sur une base hebdomadaire, l’émission Nordi-Cité. En plus d’un contenu musical recherché, l’émission comportait beaucoup d’informations sur le Nord. « Je traitais de toutes sortes de sujets de l’actualité nordique comme les changements climatiques, l’exploration, les expéditions, l’environnement ou la culture autochtone, par exemple », d’expliquer la principale intéressée.

C’est la directrice de la radio, Sylvie Boisclair, qui a soumis la candidature de Julie pour le gala. « J’étais convaincue qu’elle allait gagner. L’émission de Julie était vraiment une très bonne émission, faite professionnellement et elle était bien préparée et documentée. En plus, elle a un rythme mélodieux quand elle parle », fait-elle savoir.

C’est Sylvie Boisclair qui, à Ottawa, est montée sur scène pour recevoir le prix au nom de Julie. Comme les organisateurs du gala n’avaient pas fait jouer d’extrait de l’émission de Julie Plourde lors de la présentation des prix, Mme Boisclair explique qu’elle était déçue. « Je trouvais que c’était arrangé pour qu’il n’y ait que les grosses radios qui gagnent. Finalement, je n’écoutais même plus lorsqu’ils ont annoncé que Julie gagnait ».

Sylvie Boisclair fait savoir qu’elle a mentionné, sur scène, que « Julie est une personne très douée et qu’elle méritait ce prix. J’ai dit toutes les choses d’usage, mais bien senties », dit-elle.

Pour Julie Plourde, ça fait toujours du bien de voir son travail récompensé. « C’est certain qu’en tant que bénévole, ça nous motive à continuer cette tâche. C’est aussi motivant pour CIVR, qui remporte des prix après un an et demie en ondes. Ça montre que nous avons une bonne équipe de bénévoles à Radio Taïga ».

« Au plan personnel, c’est satisfaisant. On le fait par plaisir, surtout quand on le fait bénévolement au niveau communautaire. Ce n’est pas dans le but de gagner un prix, mais quand on gagne un prix on sent que nos efforts rapportent quelque chose », de mentionner la lauréate.

De son côté, Michel Lefebvre a reçu le prix Serge-Jacob, nommé en l’honneur de l’un des premiers présidents de l’ARC, aujourd’hui décédé. « C’est tout un hommage, parce que ceux qui ont gagné ce prix sont des gens qui travaillent énormément pour que le mouvement des radios communautaires francophones s’étendent partout au Canada », dit-il.

Le principal cheval de bataille de celui qui était président de CIVR au moment de sa mise en onde est la survie des petites stations communautaires de l’Ouest. « En étant vice-président de l’ARC, je défends beaucoup les intérêts des plus petites stations, où les cotes d’écoute sont moins grandes qu’au Nouveau-Brunswick ou en Ontario », dit-il.

Selon lui, le problème est le même partout dans l’Ouest canadien. « Par exemple, une radio peut bien fonctionner jusqu’à ce que l’employé parte. À ce moment, tu retournes au point de départ de la radio, alors qu’elle était mise en ondes pour la première fois. C’est vraiment quelque chose à corriger », dit-il.

M. Lefebvre poursuit en notant que les radios qui ne peuvent compter sur les revenus publicitaires pour leur survie doivent trouver une autre façon de joindre les deux bouts. « La radio n’est pas seulement un média. C’est aussi un outil de développement communautaire. Ça contribue à l’épanouissement et au développement de la communauté. Il faut toujours tenir compte de ça pour s’assurer que les radios ne ferment pas », de mentionner le lauréat du prestigieux prix.

La candidature de Michel Lefebvre avait été soumise par le conseil exécutif de Radio Taïga. « Sans Michel, il n’y a pas de radio », de déclarer Sylvie Boisclair lorsqu’on lui demande quelle est l’importance de M. Lefebvre pour la radio communautaire de Yellowknife. « Pour un projet d’une si grande envergure, ça prend un mordu fou comme Michel, sinon, ça branle dans le manche. À petit coup de bénévole, ça ne se fait pas. Ça prend un bénévole qui fait ça presque comme si c’était un travail à temps plein », de conclure la directrice.
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